À quoi ressemblerait un Wall Street chinois et socialiste (?!…) Xi Jinping nous l’explique
Par Arnaud Bertrand – Le 3 février 2026 – Source Blog de l’auteur
À quoi ressemblerait un Wall Street socialiste ? Eh bien, plus besoin de se le demander ; Xi Jinping vient de publier un discours dans lequel il explique tout cela.
Un discours prononcé en janvier 2024 mais publié il y a à peine 3 jours (accompagné d’un commentaire et d’un éditorial plus détaillé), le discours de Xi a été largement cité par les médias occidentaux ces derniers jours parce qu’il appelle explicitement le Yuan à “atteindre le statut de monnaie de réserve mondiale” (全球储备货币).
Mais, comme c’est souvent le cas, les médias n’ont vu que l’arbre sans voir la forêt en réduisant son discours à un appel simpliste à contester le statut du dollar. Ce que Xi a décrit est en fait beaucoup plus intéressant que cela : c’est une vision radicale de la construction d’un pouvoir financier mondial organisé autour de principes socialistes, sans cupidité et sans financiarisation de l’économie (ce que Xi appelle “la dérive de l’économie vers le virtuel”).
En substance, Wall Street avec une philosophie totalement opposée.
La vision de Xi d’un « système financier moderne aux caractéristiques chinoises » (中国体体)) s’articule autour de deux cadres complémentaires. Le premier est une liste de six éléments structurels définissant ce qu’une puissance financière doit avoir – ce que la Chine doit construire. Le second est un ensemble de cinq principes éthiques et culturels – l’âme du système. C’est cette deuxième liste qui rend son discours – et l’ensemble de sa vision – véritablement original.
Essentiellement, Xi dit que les institutions et les réglementations seules ne suffisent pas. Ce qui fera ou défera le système, c’est sa culture morale.
C’est l’opposé radical de Wall Street, qui part du principe que “la cupidité est une bonne chose”, que le comportement humain est fixe et que nous avons juste besoin de construire une architecture institutionnelle qui canalise un peu les impulsions et établit des garde-fous pour éviter les conséquences les plus dommageables.
En tant que tel, tout le monde est encouragé, par exemple, à maximiser les rendements à court terme quelles qu’en soient les conséquences à long terme, à inventer toutes sortes de nouveaux produits dérivés et autres produits financiers pour en tirer profit par tous les moyens imaginables, et à traiter la finance comme une fin en soi plutôt que le serviteur d’un but plus grand.
L’argument de Xi, essentiellement, est que tout cela est nihiliste, contre-productif et finalement politiquement déstabilisant.
Nihiliste dans le sens où la finance sans but moral devient autoréférentielle ; elle cesse de servir quoi que ce soit à part elle-même. La critique de l’ERS (“dérive de l’économie réelle vers le virtuel”) est précisément celle-ci : lorsque la finance se détache de l’économie réelle, elle perd sa raison d’exister. Il ne s’agit plus de créer de la richesse, il s’agit simplement d’aligner des chiffres.
Contre-productif dans le sens où elle détruit en réalité la chose dont elle dépend. Comme l’explique Xi :
L’économie réelle est le fondement de la finance ; la finance est un élément vital de l’économie réelle ; servir l’économie réelle est donc le devoir naturel de la finance. Si [la finance] devient obsédée par l’auto-circulation et l’auto-expansion, elle devient de l’eau sans source, un arbre sans racines et, tôt ou tard, elle provoquera une crise.
Cette métaphore – 本本之木 (“de l’eau sans source, un arbre sans racines”) – est une expression chinoise classique qui capture exactement la logique “détruire la chose dont on dépend”. La finance détachée de l’économie réelle est un arbre qui a coupé ses propres racines, et ils finiront tous deux par en mourir.
Commentaire Qiushi développe à ce sujet :
Sur l’Occident plus précisément : “le modèle Occidental traite l’auto-réplication du capital comme étant son but ultime, conduisant facilement à la dérive du réel au virtuel et à une crise systémique, comme 2008 l’a montré” (“西方金融模式以资本自我增殖为终极目的,易导致’脱实向虚’和系统性危机,2008年国际金融危机的爆发及其漫长余波即是明证”)
Sur l’insouciance de l’innovation financière : ”les soi-disant « innovations » et la « croissance » sans considérer la prudence se dévorerons finalement elles-mêmes” (“缺乏审慎约束的所谓’创新’与’增长’终将反噬自身”). 反噬自身 est une expression voulant littéralement dire ”se mordre soi-même”.
Enfin, il y a un troisième argument qui court tout au long du discours : c’est politiquement déstabilisant. Les élites financières capturées par la cupidité deviennent ingouvernables ; elles corrompent les régulateurs, achètent les politiciens, échappent à toute responsabilité.
Commentaire Qiushi est extrêmement franc à ce sujet : “[la direction du Parti] évite efficacement la situation difficile en Occident qui laisse des oligarques financiers détourner les politiques publiques et approfondir la division sociale”. (“有效避免了西方’金融寡头’绑架公共政策、加剧社会撕裂的困境”). C’est remarquablement direct : “les oligarques financiers détournent les politiques publiques” (« 公公“”) n’est pas de la langue de bois.
Xi dit même que cela commençait à se produire en Chine dans le passé : “De nombreux problèmes dans le système financier ont leurs racines dans des unités du secteur financier qui n’ont pas réussi à mettre en œuvre les décisions centrales du Parti, où la direction du Parti a été affaiblie et évidée, la construction politique était faible et la discipline du Parti contre la corruption n’était pas strictement appliquée.” (“金融系统出现的许多问题,根源就在于金融领域不少单位贯彻党中央决策部署不力,落实党的领导弱化虚化,党的政治建设薄弱,党风廉政建设抓得不紧”).
Donc, pris ensemble, Xi avance un argument à deux volets : l’Occident a permis aux oligarques financiers de s’emparer de l’État (公公)), et même le système financier chinois a montré des premiers symptômes de la même maladie lorsque la discipline du parti s’est relâchée.
À bien des égards, Xi revient à un débat vieux de 2 500 ans qui a toujours été au cœur de la politique chinoise : le débat entre légalistes et confucéens. Un débat que nous, en Occident, n’avons jamais vraiment eu, ou plutôt implicitement réglé il y a si longtemps que nous avons oublié qu’il s’agissait d’un problème : nous avons adopté la position légaliste en bloc – organisez les structures d’incitation et la Loi correctement et l’intérêt personnel produira des résultats optimaux. La vertu n’est pas pertinente, seule l’architecture compte.
L’argument central de Confucius contre le légalisme – extraordinairement similaire à ce que dit Xi ici et toujours extrêmement pertinent aujourd’hui – est que si vous construisez un système qui repose entièrement sur des règles et des pénalités, vous obtenez des gens qui deviennent des experts pour se glisser entre les règles du jeu et éviter les pénalités, rien de plus. Ce qui produit vraiment des résultats durables, c’est la culture de la vertu, ce que Confucius appelait Conf (chǐ) – un sentiment de honte, une boussole morale intériorisée qui fonctionne même lorsqu’aucun régulateur ne surveille.
Xi a essayé d’intégrer dans l’ADN du système financier chinois cinq principes culturels, 耻.
Lesquels ? Chaque principe suit la même structure : un impératif positif associé à une interdiction explicite. Ensemble, ils se lisent comme une mise en accusation point par point des pathologies financières occidentales et, comme Xi le reconnaît implicitement, des erreurs passées de la Chine :
- Soyez honnête et digne de confiance/ne franchissez pas la ligne (不逾越底线). Xi dit que le système financier chinois doit suivre la tradition du ”boulier de fer, registre de fer, règles de fer” (“本本 ») et ”toujours rembourser ses dettes, ne jamais devenir défaillant”.
- Le profit dans la droiture/ne soyez pas purement axé sur le profit (不唯利是图). La finance doit atteindre “ 金融与经济、社会、环境共生共荣 » une “coexistence et une prospérité partagée entre la finance, l’économie, la société et l’environnement“.
- Soyez régulier et prudent/ne poursuivez pas des gains rapides (不急功近利). Il écrit : “ne convoitez pas les profits exceptionnels à court terme, ne vous précipitez pas imprudemment, ne prenez pas de risques excessifs au-delà de votre capacité à les absorber.” (“不贪图短期暴利,不急躁冒进,不超越承受能力而过度冒险”)
- Innovez avec intégrité/ne passez pas du réel au virtuel (新新 不脱实向虚). La question centrale posée par Xi est “qui”, « à qui sert la finance ? » L’innovation qui perd de vue cette réponse est “伪创新 、新新 » une ”fausse innovation, une innovation imprudente“
- Opérez dans le respect de la loi/n’agissez pas de manière imprudente (不胡作非为). Les praticiens de la finance “ne doivent pas exploiter les failles des lois et des institutions ou échapper à la réglementation pour chasser le profit.” (“不能靠钻法规和制度空子、规避监管来逐利”)
Bien sûr, tout cela sonne bien sur le papier, mais cela peut-il réellement fonctionner ? La réponse honnête est : je ne sais pas et Xi Jinping lui-même ne le sait probablement pas non plus. Il y a encore un grand écart entre l’aspiration et la réalité, comme son discours le reconnaît : il décrit le système financier chinois d’aujourd’hui comme “grand mais pas fort” (大而不强) et le fait même qu’il ait besoin d’articuler ces principes suggère explicitement qu’ils ne sont pas encore la norme. Les excès du shadow banking chinois, la spéculation immobilière (et ses faillites massives) et les scandales de corruption financière sont précisément la raison pour laquelle ce discours existe ; c’est un correctif, pas un cri de victoire.
Ce n’est cependant pas la question la plus intéressante. La question la plus intéressante est celle que le discours tient comme un miroir : la Chine se demande “à quoi sert notre système financier ?“ À quand remonte la dernière fois que nous nous sommes posé la même question ?
Xi peut réussir ou pas à intégrer 耻 dans le système financier chinois. Mais il pose au moins la question et tente d’y répondre. Vous pouvez le trouver naïf, ”autocrate“, communiste ou toute autre étiquette que vous souhaiterez utiliser mais, comme dit le proverbe, qui ne tente rien n’a rien.
Même pire que rien en ce qui concerne les États-Unis, étant donné que l’administration Trump va précisément dans la direction opposée ; embrassant la spéculation cryptographique, lançant des pièces de monnaie présidentielles, éviscérant la réglementation financière et célébrant ouvertement les pathologies présentées dans le discours de Xi. La Chine essaie d’intégrer 耻 dans son système financier tandis que le président américain essaie d’en retirer les derniers lambeaux.
C’est pourquoi il est si dommage que les médias occidentaux ne se soient concentrés que sur l’appel de Xi à ce que le yuan atteigne le statut de monnaie de réserve mondiale : ce ne serait en fait qu’une conséquence de second ordre de tout ce discours. Le statut de monnaie de réserve n’est pas un objectif que vous poursuivez, ce n’est que la simple conséquence d’un système financier auquel le monde a décidé de faire confiance. L’éthique, la prudence, l’accent mis sur l’économie réelle, le 耻 – c’est la stratégie. Le yuan devenant une réserve mondiale est tout simplement ce qui se passera à la fin si tout cela est appliqué correctement.
De plus en plus, le choix se fera entre les pièces sonnantes et trébuchantes et les monnaies virtuelles. Entre 耻 et $TRUMP. Entre un pays qui se demande “à qui doit servir la finance ?“ et celui qui a répondu définitivement : à moi-même.
Arnaud Bertrand
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone. Sur À quoi ressemblerait un Wall Street socialiste ? Xi Jinping nous l’explique | Le Saker Francophone

Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/02/como-seria-uma-wall-street-chinesa-e.html
MARX et ENGELS ont démontré par leur analyse matérialiste dialectique et historique de l’histoire de la civilisation humaine, que:
«La morale, la religion, la métaphysique et tout le reste de l’idéologie (incluant le confucianisme, le menciisme, la pensée Mao Tsé Toung, celles de Deng Siaoping et de Xi, ndla) ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent perdent aussitôt toute apparence d’autonomie.Elles n’ont pas d’histoire, pas de développement; ce sont les hommes qui développent leur production matérielle et leurs rapports matériels qui transforment avec cette réalité, leur pensée et les produits de leur pensée» («L’idéologie allemande»), ce que MARX traduisait en ces termes dans «Sa préface à la critique de l’économie politique», par la formule ultime:
«CE N’EST PAS LA CONSCIENCE DES HOMMES QUI DÉTERMINE LEUR ÊTRE; C’EST INVERSEMENT LEUR ÊTRE SOCIAL QUI DÉTERMINE LEUR CONSCIENCE».
Ainsi,
«[V]os idées elles-mêmes sont le produit des rapports de production et de propriété bourgeois, de même que votre droit n’est que la volonté de votre classe érigée en loi».
(«Manifeste du parti communiste»).
En somme, tout le fatras «moralisateur dégoulinant de mièvrerie répugnante» de XI et de son «socialisme à la chinoise» qui n’est en réalité qu’un ramassis de mantras confucéens, n’est que pur idéalisme consistant à mettre la vérité sur sa tête et à nier le moteur de l’histoire universelle, chinoise comme toutes les autres, qu’est LA LUTTE DES CLASSES pour imposer au prolétariat chinois la dictature impitoyable et mortifère des milliardaires chinois et de leurs estafettes politiques que sont les apparatchiks bureaucratiques du parti CRYPTO-communiste chinois, une version chinoise du parti national-«socialiste» allemand ou des «phalanges» fascistes italiennes, une société où l’État, «ce comité exécutif au service des intérêts communs de la bourgeoisie» («Manifeste du Parti communiste»), est totalement asservi au capitalisme.
N’en déplaise à ce bonnimenteur capitaliste déguisé en «socialiste à la chinoise»:
«Le capital a horreur de l’absence de profit … pour 100% il foule aux pieds toutes les lois humaines; à 300%, il n’est aucun crime, aussi immonde soit-il, qu’il ne risque pas pour s’enrichir (…)
Le capitaliste n’est respectable que comme personnification du capital.Comme tel, il partage avec le thésauriseur une passion absolue pour l’enrichissement, mais que celui-ci satisfait par sa manie individuelle, celui-là l’accomplit comme fonction vital du mécanisme social» («Le capital», Livre 1).
Le capitaliste ne peut avoir qu’une «vertu»: s’enrichir ou périr.
ENGELS, écrivait dans «L’anti-Durhing»:
«Les idées de bien et de mal ont tellement variées d’un peuple à l’autre et d’une époque à l’autre qu’elles se sont souvent contredites (…) Toute morale a été jusqu’ici une morale de classe».
Il n’y a jamais eu de «morale» ou de «vertu» universelle au-dessus des intérêts économiques, politiques et idéologiques de la classe qu’elles sont destinées à servir.
LÉNINE ajoutait dans «L’État et la révolution»:
«L’État est le produit et la manifestation de l’antagonisme irréconciliable des classes» et il aloutait:
«NOUS DISONS QUE NOTRE MORALE EST ENTIÈREMENT SUBORDONNÉE AUX INTÉRÊTS DE LA LUTTE DES CLASSES DU PROLÉTARIAT (…) NOUS NE CROYONS PAS À UNE MORALE ÉTERNELLE;
NOUS DÉNONÇONS TOUTES LES FABLES SUR LA MORALE» («Les tâches des Unions de la jeunesse»).
En opposition radicale aux principes MARXISTES, le «CONFUCIANISME» ( Kõng Fûzī: 551-479 av.J-C) à la Deng et à la XI, prétend apporter l’harmonie sur terre et l’abolition de la lutte des classes, en imposant à l’économie «socialiste» chinoise:
– hiérarchie harmonieuse;
– devoir moral des dirigeants;
– ordre social stable;
– primat de l’éthique moral sur l’intérêt individuel,
comme si la vertu des dirigeants et la moralisation de l’économie pouvaient changer les lois implacables du capitalisme où l’accumulation du capital par l’extraction toujours intensifiée de la plus-value des esclaves-salariés, les prolétaires, est la seule solution à la baisse tendancielle du taux de profit, aux crises de surproduction, à la paupérisation des masses populaires et aux guerres locales, régionales et finalement mondiale qu’y lui sont nécessaires comme l’air, l’eau et la nourriture le sont à la vie.
Pour comprendre le caractère réactionnaire du CONFUCIANISME promu par Deng Siaoping et Xi, il faut resituer cette philosophie dans son contexte historique: une époque où l’humanité pour échapper aux grands fauves sortait à peine des grottes où elle s’était réfugiée après avoir été chassée des arbres par la sécheresse.
Ainsi, l’humanité ignorait que la terre était ronde, tournait autour du soleil et n’était qu’une planète infime dans un univers infini.L’humanité tétanisée par son ignorance et victime de tous les fléaux naturels, en était réduite à prier des dieux quelle s’était inventée pour survivre.
La société d’où est né le CONFUCIANISME en était une de guerres constantes entre États, d’effondrement de l’ordre féodal des Zhou et où la corruption, les intrigues et la violence régnaient sans partage.
Kônk Fūzî, appelé plus tard, Confucius, qui était un fonctionnaire impérial, pour servir son maître et ne pas révolutionner ce système social réactionnaire moribond, prétendît que: «le désordre politique venait du désordre moral et que si les hommes deviennent vertueux, la société féodale redeviendra harmonieuse».
Confucius eut cette phrase «célèbre»: «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse», preuve s’il en fut, que partout sur terre: «les mêmes intérêts de classe engendrent les mêmes morales».
Pourquoi ne pas châtier celui qui fait le mal parce que celui qui fait le bien ne veut pas être châtié?
L’essentiel moral du CONFUCIONNISME consistait à imposer: «LA HIÉRARCHIE FÉODALE COMME ORDRE NATURELLE IMMUABLE».
Ainsi, pour la doctrine confucéenne: la société est définie comme «un ensemble de relations inégales mais complémentaires: le Souverrain et sa caste domine ses sujets; le père domine le fils; le mari domine sa femme; le fils aîné domine le cadet; l’homme domine la femme et ainsi de suite».
Dès la prise du pouvoir par l’empereur HAN WUDI,147-87 av. J-C, de la dynastie des HAN, le CONFUCIONNISME devint l’idéologie d’État alors que les textes confucéens classiques devinrent la base de l’examen impérial de sélection de tous les fonctionnaires de l’État impérial chinois.L’idéologie confucéenne en édictant le caractère inéluctable de la hiérarchie «céleste» («Mandat du ciel») et le devoir pour chacun de:
«respecter son rang»;
«se tenir à sa place»;
se «soumettre à l’autorité» et,
«de se restreindre et en revenir aux rites»,
garantissaient la dictature des féodaux impériaux sur la totalité de l’empire multhiethnique chinois.
Le CONFUCIONNISME a joué en Chine le même rôle au service de la classe dominante que le christianisme en occident, l’islamisme en Orient et l’hindouisme en Asie: une idéologie qui niait la lutte des classes afin d’assurer la domination de la classe dirigeante.
Pourquoi le CONFUCIONNISME, cette idéologie féodale moyenâgeuse conçue alors que l’humanité était ignorante et arriérée, refait-elle surface aujourd’hui en Chine «populaire» dans la bouche de Xi?
Pourquoi la religion orthodoxe russe, celle des tsars, ces êtres immondes qui opprimèrent les «moujiks» russes jusqu’à la mort, refait-elle surface dans la bouche de Poutine?
Pourquoi les religions «REBORN», des «peuples élus», «au destin exceptionnel», ces aberrations mentales sorties des profondeurs de l’obscurantisme religieux, refont-elles surface en occident?
A SUIVRE.
Ainsi, quand Xi Jinping énonce cette tautologie : » En tant que tel, tout le monde est encouragé, par exemple, à maximiser les rendements à court terme quelles qu’en soient les conséquences à long terme, à inventer toutes sortes de nouveaux produits dérivés et autres produits financiers pour en tirer profit par tous les moyens imaginables, et à traiter la finance comme une fin en soi plutôt que le serviteur d’un but plus grand. »
Quel est ce but plus grand de la finance capitaliste ??? Voilà la question. La réponse est pourtant simple. La finalité, l’objectif stratégique ultime du système financier et de chacun des rouages du mode de production capitaliste est d’assurer la reproduction du Mode de Production Capitaliste (MPC). L’indicateur qui certifie que chaque rouage du système joue son rôle – sa partition – adéquatement est la production – l’accumulation – du profit capitaliste – quel qu’en soit l’appellation – rente foncière, redevance, action, obligation, valeur ajoutée, plus-value, profit commercial, profit industriel, etc.
Dans ce contexte global – systémique – le système financier = la finance comme l’écrit Xi Jinping = joue correctement son rôle même quand ses protagonistes idiots, ses financiers, banquiers, spéculateurs et milliardaires, ignorent leur mission et pensent stupidement « faire de la finance pour la finance » que ce soit en Chine, en Russie, au Brésil, en Inde, aux États-Unis ou en Europe, etc. partout ou sévit le mode de production capitaliste (MPC) à la chinoise, à la Russe, à l’américaine, etc. etc.
Il n’y a qu’un seul MPC, partout dans le monde, ce système est le même partout, et partout sur Terre, en Chine ou ailleurs, ce système tend inexorablement vers la MONDIALISATION, que nous marxiste appelons L’IMPÉRIALISME stade ultime, suprême, final du capitalisme (MPC).
Ce que Xi Jinping présente dans cet article ce n’est pas la finance « socialiste » ou « communiste » ou « internationaliste » (sic) mais le « RESET » du système capitaliste bourgeois mondialisé afin de remettre ce système en faillite sur les rails, afin de créer un « Nouvel Ordre Mondial » (NOM) sous hégémonie chinoise soi-disant « socialiste » (sic).
Le prolétariat international ne doit pas se mobiliser, s’organiser et combattre l’une des alliances impérialistes pour le bénéfice d’une autre alliance impérialiste… l’Axe Américano -occidental contre l’axe chinois oriental (l’Eurasie), ou l’Axe Indien des soi-disant « non alignés »…
Le prolétariat doit se mobiliser autour de ses intérêts propres pour la création d’un nouveau mode de production (NMP).
Robert Bibeau
Ping : La finalité stratégique du « socialisme à la chinoise » – les 7 du quebec