Quand les syndicalistes et activistes français jouent à se faire peur
Par Khider Mesloub.
Ce texte rimé réactualisé, rédigé en avril 2023, au moment du mouvement de protestation contre la réforme des retraites, m’a été inspiré par le responsable syndicaliste de FO, qui ne cessait de répéter devant les caméras : « Demain il y aura encore plus de monde dans la rue », leitmotiv rabâché par l’ensemble des dirigeants des centrales syndicales françaises durant des mois. Ce refrain, depuis l’annonce du déclenchement imminent du mouvement «Bloquons tout le 10 septembre», on l’entend, de nouveau, tous les jours.
Jeu de dupes de protestation réglementée
Demain il y aura encore plus de monde dans la rue. Pour sûr il y aura encore plus de cohue. Bien sûr il y aura encore plus de chahut. Évidemment il y aura encore plus de tohu-bohu.
Les black-blocs seront à coup sûr de la fête. Dans les cortèges ils se placeront en tête. Ils défileront comme d’épouvantables bêtes. Emmitouflés dans leurs sombres attributs. Ils casseront et brûleront encore des bahuts.
Demain il y aura encore plus de police et de chaos. Les syndicalistes joueront à la grève comme au tarot. Ces tarés s’adonneront à leur favorite distraction ludique. Et les « terros » (casseurs) à leur destruction pathologique.
Chaque syndicaliste continuera à bluffer comme au poker. Tout au long du parcours il s’égosillera comme un rocker. Proclamant se battre vaillamment contre la réforme retraite. Mais en réformiste assumé il ne cesse de battre en retraite. Il brandira encore les sempiternelles soporifiques pancartes. Que le pouvoir d’un revers de main policière écarte.
Les caciques syndicalistes endosseront encore la posture de Che Guevara. Prêts à livrer leur combat dans leurs costumes d’apparat. Déterminés à batailler dans les salons dorés de Matignon. Contre la bornée Première ministre escortée de ses mignons. (1)
Demain il y aura encore plus de monde dans la rue. Pour sûr il y aura encore plus de cohue. Bien sûr il y aura encore plus de chahut. Évidemment il y aura encore plus de tohu-bohu.
Au début la manifestation prendra des allures de kermesse. Dans certaines villes elle s’apparentera à une messe. Avec sa déambulation digne d’une procession liturgique. Ou d’une marche funèbre dirigée par quelques hiérarques.
Puis elle s’achèvera dans le chaos et les supplices. Par les coups de matraque assénés par les hordes de police. Par les lancements de bombes lacrymogènes et de grenades. Abondamment utilisées par les CRS et diverses brigades. Ces agents assermentés transformés en véritable milice. Par Macron qui œuvre à défendre les intérêts de la finance.
Rien ne fléchira ce baron de la mafia atlantiste. Encore moins les pleutres syndicalistes attentistes. Ni les agités du bocal septembristes. Ces révolutionnaires d’un jour qui nous promettent pour le 10 septembre le Grand Soir. Avec leur programme dérisoire et leur projet de société illusoire.
Décidément en France la protestation excitative, attraction phare des syndicalistes et activistes, est devenue une activité politiquement distractive.
À ce jeu de dupes de protestation réglementée, seule la bourgeoisie sort gagnante en conservant intacte sa domination sur la société.
Khider MESLOUB
1). En 2023, Élisabeth Borne était Première ministre à Matignon, entourée de ministres jeunes et mignons
