Trois jours de grève générale en Belgique (GIGC/IGCL)
Par IGCL/GIGC. Sur http://www.igcl.org/Trois-jours-de-greve-generale-en
Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution 
ou Guerre est disponible ici fr_rg32
Trois jours de grève générale en Belgique (Novembre 2025)
Du lundi 24 au mercredi 26 novembre, la Belgique fut frappée par des grèves qui touchèrent pratiquement tous les secteurs, privés et publics, jusqu’à une grève « générale » le mercredi. La participation massive, appelée et contrôlée par les syndicats, ne surgit pas de nulle part. D’une part, elle n’est que la résultante d’un mécontentement croissant au sein du prolétariat face aux attaques menées par le gouvernement. Ce mécontentement s’était déjà exprimé par des grèves et des journées d’action depuis une bonne année au moins. Par ailleurs, ce mouvement s’est certainement aussi « nourri » d’une dynamique internationale, certes encore balbutiante, de luttes prolétariennes.
En général, il nous semble inutile de refaire le travail que d’autres groupes communistes ont déjà pu accomplir, même si nous ne partageons pas toutes leurs positions. Le lecteur habitué à nous lire connaît nos critiques contre la plupart des positions et orientations avancées par le Courant Communiste International et notre combat contre sa dérive opportuniste au nom de sa théorie idéaliste de la Décomposition. Néanmoins, l’extrait de son article Vers une poursuite de la résistance ouvrière malgré les manœuvres des syndicats [1] nous semble rapporter assez clairement la dynamique ouvrière qui eût cours en Belgique cette dernière année jusqu’à ces journées de grèves qui paralysèrent le pays.
Depuis un an, mettant à profit des résultats électoraux inopinément favorables, la bourgeoisie belge a mis en place un nouveau gouvernement de centre-droit sous la direction de Bart De Wever qui prévoit d’emblée dans son programme gouvernemental près de 26 milliards d’euros de réduction budgétaire afin de réduire la dette de l’État (105% du PNB) et qui annonce un nouveau train de mesures pour près de 10 milliards afin de limiter le déficit budgétaire, tout en doublant dans le même temps le budget de la défense nationale.
Depuis un an donc, les travailleurs sont confrontés à de fortes attaques contre les dépenses sociales de l’État, en particulier concernant le droit au chômage (limité dorénavant à un maximum de deux ans, ce qui entraînera l’exclusion de 100.000 chômeurs à partir de 2026), les retraites (pénalisation de toute retraite anticipée et atteintes aux régimes de retraite des fonctionnaires et des enseignants), les allocations de santé (un demi-million de malades de longue durée risquent de perdre leurs allocations en raison d’efforts « insuffisants ou non coopératifs » pour reprendre le travail). De plus, au niveau des salaires, les primes pour les heures supplémentaires ou le travail de nuit sont drastiquement réduites et le gouvernement prévoit de « suspendre temporairement et partiellement » l’indexation automatique des salaires et des prestations à l’inflation en 2026.
Dès l’annonce des plans gouvernementaux fin 2024, les syndicats se sont empressés d’occuper le terrain social en annonçant diverses actions afin d’encadrer toute réaction ouvrière. Cependant, la réaction des travailleurs est vive, dépasse les prévisions des syndicats et les oblige à amplifier les actions et surtout à multiplier les manifestations nationales à Bruxelles.
Examinons de plus près la dynamique. Dès les premières fuites concernant ces plans, les syndicats ont décidé d’organiser une première journée d’action le 13 décembre 2024, dans le but de centrer le mécontentement sur les directives de l’Union européenne. Cette première journée a réuni quelque 10.000 manifestants, surtout des délégués syndicaux, mais la manœuvre ne réduit pas le mécontentement. Au contraire, celui-ci a continué de croître, comme en témoigne la deuxième journée d’action du 13 janvier, que les syndicats voulaient restreindre à ‘la défense des retraites dans l’« enseignement’. En réalité, la participation a atteint 30.000 manifestants issus de secteurs de plus en plus nombreux et de toutes les régions du pays. Le 27 janvier, une manifestation sectorielle régionale ‘historique’ du personnel l’enseignement francophone a rassemblé 35.000 participants contre les coupes sombres imposées par le gouvernement régional, avec la présence à nouveau de nombreux travailleurs d’autres secteurs et régions. La communication du programme d’austérité du gouvernement ‘Arizona’ n’a fait qu’aviver la contestation et la troisième manifestation nationale du 13 février, visant selon les syndicats la ‘défense des services publics’, a réuni près de 100.000 manifestants de tous les secteurs, qui ont exprimé leur volonté de dépasser le saucissonnage sectoriel et régional du mouvement imposé par les syndicats et qui ont appelé à mener un combat global contre les attaques du gouvernement. Malgré les tentatives de démobilisation des syndicats durant le printemps au moyen de grèves générales d’un jour passives où tout le monde reste chez soi ou de grèves sectorielles à répétition et très impopulaires dans les chemins de fer avec même une division entre syndicats, la dernière manif nationale du 25 juin, à la veille des vacances, réunissait encore près de 50.000 manifestants exprimant une combativité toujours intacte.
Au-delà des chiffres, il faut mettre en évidence les caractéristiques de cette dynamique de combativité montante :
- elle s’est enclenchée non pas contre des mesures concrètes et spécifiques, mais contre les plans annoncés et globaux. Plus que jamais le slogan ‘ça suffit’ était au centre de la volonté de mobilisation ;
- elle était marquée par un refus de la passivité, de la tendance à rester ‘isolé dans son coin’, mais au contraire par une volonté de se mobiliser ‘dans la rue’ ;
- elle était enfin caractérisée par un refus du saucissonnage du mouvement, mais poussait à l’unification de la résistance, au-delà des secteurs et des régions. Même si la dynamique de combativité de ces six premiers mois de 2025 en Belgique n’arrive encore d’aucune manière bien sûr à détecter, voire à s’opposer aux manœuvres de dévoiement et de sabotage des syndicats, le développement de la résistance se situe fermement sur le terrain de la lutte de classe et ses caractéristiques pointées ci-dessus rejoignent celles des luttes de l’été de la colère au Royaume-Uni en 2022, du mouvement contre la réforme des retraites en France pendant l’hiver 2023, des grèves aux États-Unis, notamment dans l’industrie automobile et chez Boeing, fin 2023 et début 2024. Ainsi, la mobilisation de la classe ouvrière en Belgique s’inscrit dans la dynamique internationale de la ‘rupture’. »
Nous laisserons ici « la dynamique internationale de la ‘rupture’ » que le CCI comprend à partir de son cadre de la décomposition. Pour le reste, l’exposition des faits met en relief la dynamique particulière de la mobilisation ouvrière en Belgique depuis une bonne année. En l’absence de tract spécifique pour ces journées de novembre, on peut penser que le tract du 14 octobre Contre les attaques du gouvernement, continuons la lutte [2] fut jugé par le CCI comme encore d’actualité. Il est vrai qu’il dénonce clairement et justement les tactiques syndicales de division et, en particulier des journées d’action à répétition « qui nous mènent toujours à la défaite. » De même, il rejette tout aussi clairement le mot d’ordre des syndicats, de la gauche et des gauchistes, « faire payer les riches » qui ne peut qu’enfermer les prolétaires dans une impasse.
Quelles sont les orientations qu’il propose aux prolétaires ? Elles se basent sur l’expérience historique, mai 1968 en France et août 1980 en Pologne [3] « qui ont fait reculer la bourgeoisie. Ces mouvements de luttes ont toutes en commun l’organisation et la prise en main d’assemblée générales (AG) massives, ouvertes aux travailleurs, aux chômeurs et aux retraités et de l’extension active de la lutte à d’autres secteurs, à toutes les générations. Ils mettaient en avant des mots d’ordre unificateurs, qui englobe tous les travailleurs, jeunes ou vieux, au chômage ou actifs. L’extension de la lutte et les AG réellement souveraines ont obligé les gouvernements à céder. Aujourd’hui, comme hier, pour gagner, il faut nous regrouper, discuter partout sur les lieux de travail et proposer des assemblées générales en essayant de convaincre que ce qui fait notre force, c’est notre unité, notre solidarité de classe. Seules des AG prolétariennes peuvent constituer la base d’une lutte unie et qui s’étend. Une lutte indispensable pour en finir avec se système qui ne nous promet que plus de sacrifices et de guerres. »
Globalement, nous sommes d’accord avec les orientations qui sont avancées ici, même si elles restent très générales et ne semblent pas donner de réponse, ou d’alternative, ni des mots d’ordre immédiats immédiate – ce qui n’est pas toujours possible – pour la mobilisation des 26, 25 et 26 novembre. Toujours est-il que le tract se distingue des orientations classiques auxquelles le CCI nous avaient habituées depuis la main-mise définitive du « tout Décomposition » sur ses analyses et son intervention depuis le début des années 2000. Celles-ci se réduisaient à « la reconquête de l’identité de classe par le prolétariat [présentée comme] la clé pour la réactivation de la mémoire collective et historique du prolétariat et pour le développement de sa solidarité de classe [4]. » Plus largement, sa théorie de la Décomposition substitue la lutte entre les classes, bourgeoisie-prolétariat, capital-travail, par la lutte entre la Décomposition et le prolétariat, voyant deux pôles opposés, celui de la Décomposition et celui de la lutte des classes [5] ! « Les effets de la décomposition [ne] constituent [-t-ils pas] un obstacle majeur à la lutte de classe » comme le titre encore dernière un de ses articles [6] ?
Visiblement, le tract et ses orientations de lutte ignore complètement l’opposition entre ces deux soit-disant pôles opposant la Décomposition et la lutte des classes. Il fonde ses orientations générales sur l’antagonisme fondamental de la société capitaliste, celui entre les classes. Pour le tract, il n’y a pas de troisième voie ou de substitut à la lutte des classes. Nous avons donc tendance à saluer la prise de position et les orientations de lutte avancées et à encourager le CCI à poursuivre dans cette voie… qui tend à contredire le dogme de la Décomposition.
Néanmoins, les orientations avancées témoignent encore d’une démarche sous-jacente d’ordre conseilliste qu’il nous faut relever et qui ne touche pas, malheureusement, que cette organisation au sein du camp prolétarien. Le tract prétend que « seules les AG prolétariennes peuvent constituer la base d’une lutte unie et qui s’étend ». Les assemblées générales sont présentées ici comme la garantie, du moins la condition, « seules les AG… », pour étendre et unifier les luttes ouvrières. Or rien n’est aussi sûr car les assemblées générales ouvrières sont précisément le lieu de l’affrontement politique entre les intérêts de chaque lutte, en général l’extension et la généralisation, contre les tentatives d’opposition à celles-ci et de division par lieux de travail, métiers, corporations, secteurs, etc. Autrement dit le lieu privilégié de l’affrontement entre forces de la bourgeoisie en milieu ouvrier et les forces prolétariennes. Il se peut donc que certaines assemblées se mettent au service de l’extension et de l’unité de la lutte ; et que d’autres s’y opposent, ou du moins n’en assument pas et n’en prennent pas la direction déterminée, contre la mainmise des syndicats et du syndicalisme, y compris radical.
Dans Leçons d’octobre [7] Trotski affirme que « Les soviets des députés ouvriers ont surgi chez nous en 1905 et en 1917 du mouvement même, comme sa forme d’organisation naturelle à un certain niveau de lutte. Mais les jeunes partis européens qui ont plus ou moins accepté les soviets comme “doctrine”, comme “principe”, sont toujours exposés au danger de concevoir les soviets de manière fétichiste, comme des facteurs de la révolution qui se suffisent à eux-mêmes. En effet, malgré l’immense avantage que présentent les soviets comme organisation de lutte pour le pouvoir, il peut parfaitement se produire des cas où l’insurrection se développe sur la base d’autres formes d’organisation (comités d’usines, syndicats) et où les soviets ne surgissent comme organe du pouvoir qu’au cours de l’insurrection ou même après sa victoire. (…)
Cette question, comme l’a montré la récente expérience de l’Allemagne, a une immense importance internationale. C’est dans ce pays précisément que les soviets furent plusieurs fois construits comme organes de l’insurrection, mais en l’absence d’insurrection [8], comme organes du pouvoir sans pouvoir. (…) Il faut avoir en vue toutes ces éventualités pour ne pas tomber dans le fétichisme d’organisation et ne pas transformer les soviets, de ce qu’ils doivent être – une forme souple, vivante – en un ’principe’ d’organisation que l’on introduit de l’extérieur dans le mouvement et qui l’empêche de se développer comme il faut. »
Cette leçon tirée par Trotski, encore au meilleur de sa forme en 1924, est certainement encore plus d’actualité aujourd’hui et pour la période qui s’ouvre. Elle vaut tant pour les soviets ou conseils ouvriers, que pour toute forme d’organisation unitaire de lutte pour le prolétariat, telles les assemblées générales ou tout autre « fétichisation » de l’auto-organisation. Toute forme d’organisation unitaire de la classe, d’organisation dont elle se dote dans ses luttes, assemblées, comités de grève, conseils, etc., n’est qu’un des moments du développement des luttes dans la mesure où elles se mettent à leur service. L’expérience historique nous enseigne qu’il est des situations où les conseils ouvriers, vidés de leur fonction d’organes de l’insurrection comme en Allemagne en 1918-1919 et 1923, ou encore les assemblées générales, vidées de leur fonction d’organes de l’extension et de la généralisation, se retournent contre les intérêts de la lutte. Lorsque soviets et assemblées il y a, le combat n’est pas de les figer comme la garantie de l’extension et de la généralisation, mais d’imposer en leur sein les orientations concrètes allant dans le sens de cette extension et généralisation.
Notes:
[1] . https://fr.internationalism.org/content/11696/vers-poursuite-resistance-ouvriere-malgre-manoeuvres-des-syndicats
[2] . https://fr.internationalism.org/content/11682/contre-attaques-du-gouvernement-poursuivons-lutte
[3] . Nous laisserons ici sa référence, ridicule et dont il a fait un fétiche, à la lutte étudiante « contre le CPE » en 2007 en France qu’il met au même niveau avec les deux plus grosses expériences de grève de masse des 70 dernières années !
[4] . Rapport sur la lutte des classes pour le 15e congrès du CCI, 2003, nous soulignons, https://fr.internationalism.org/rinte117/ldc.htm. Cette formule est reprise mot pour mot en 2020 par le CCI : https://fr.internationalism.org/content/10086/mouvement-contre-reforme-des-retraites-partie-2-tirer-lecons-preparer-luttes-futures.
[5] . La résolution sur la situation internationale adoptée par le 26e congrès du CCI (2025) dont nous attendons encore un bilan public : « Le pôle menant au chaos et à l’effondrement est donc de plus en plus visible. Mais il existe un autre pôle, celui de la lutte des classes (…) Malgré la profondeur de la nouvelle phase de la lutte des classes, il est essentiel de ne pas concevoir son développement comme parallèle et indépendant du pôle du chaos et de la destruction. Le danger réel que la classe ouvrière soit de plus en plus désorientée par les effets de l’atomisation sociale, de l’irrationalité croissante et du nihilisme en est la preuve la plus évidente. » (https://fr.internationalism.org/content/11601/resolution-situation-internationale-mai-2025)
[La section italienne a préféré – ce n’est pas la première fois – ne pas utilier « pôle » mais « voie » dans sa traduction de la résolution, ce qui modifie la formulation trop ouvertement opportuniste liée à la théorie de la décomposition : « La voie qui mène au chaos et à l’effondrement est donc de plus en plus claire. Mais il en existe une autre, celle de la lutte des classes… » [« La strada che porta al caos e al collasso è quindi sempre più chiara. Ma ce n’è un’altra, quella della lotta di classe, come testimonia la “rottura” dal 2022, che non è un fuoco di paglia, ma ha una profondità storica »]
[6] . https://fr.internationalism.org/content/11697/effets-decomposition-constituent-obstacle-majeur-a-lutte-classe
[7] . Nous reprenons la citation de l’édition Les bons caractères, 2014, et non celle de marxist.org : https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm.
[8] . « mais en l’absence d’insurrection » a été omis sur marxists.org.

Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/01/tres-dias-de-greve-geral-na-belgica_25.html
LÉNINE posa la question du rôle des «Soviets des ouvriers, des travailleurs agricoles salariés, des paysans et des soldats» dans une perspective MARXISTE de la lutte des classes dans ses «Thèses d’avril» 1917 alors qu’il écrivait:
«Pas de république parlementaire, mais une république des Soviets de députés ouvriers, salariés agricoles et paysans dans tout le pays», avec OBLIGATION pour les bolcheviques de CONQUÉRIR POLITIQUEMENT LA MAJORITÉ DES OUVRIERS, TRAVAILLEURS AGRICOLES ET PAYSANS et pour ce faire, LÉNINE ordonna aux bolcheviques d’entreprendre un travail courageux, patient et minutieux d’explication et de clarification MARXISTE au sein des masses sur la nécessité de CHASSER DU POUVOIR LES CAPITALISTES, LES FÉODAUX ET LEURS AGENTS AU SEIN DE L’ÉTAT, DES MÉDIAS ET DES SOVIETS sous le mot d’ordre révolutionnaire: «EXPLIQUER PATIEMMENT» lancé par Lénine en 1917.
Ainsi, LÉNINE, fit de la question de la direction des Soviets choisis par les prolétaires eux-mêmes, l’unique OBJECTIF des marxistes.
Après les journées de juillet 1917 et la répression massive qui frappa les bolcheviques, LÉNINE, dans «L’État et la révolution» écrivit:«La catastrophe imminente et comment la combattre»:
Les Soviets peuvent perdre leur rôle révolutionnaire et devenir des organes auxiliaires de la bourgeoisie, tant qu’ils sont dirigés par des partis opportunistes d’où sa conclusion révolutionnaire:
«LES SOVIETS SANS LES BOLCHEVIQUES NE SONT RIEN».
Ce n’est qu’après que les bolcheviques eurent pris la direction révolutionnaire des SOVIETS que LÉNINE proclama le mot d’ordre révolutionnaire:
«TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS», «IL FAUT PRENDRE LE POUVOIR IMMÉDIATEMENT.LE POUVOIR DOIT PASSER AUX SOVIETS» ( Lettre au Comité central, septembre 1917).
AINSI, la Révolution d’Octobre est organisée par le Parti et le «Congrès panrusse ratifie la prise du pouvoir des «Soviets des ouvriers, paysans et soldats» alors fermement dirigés par LÉNINE et les bolcheviques.
Les Soviets deviennent la forme politique de la dictature du prolétariat soviétique:
1- élus par les ouvriers, paysans et soldats;
2- révocables en tout temps;
3- liés à la production;
4- liés aux masses comme la chair à l’ongle.
En conclusion, LÉNINE mis la DOMINATION SANS PARTAGE DE LA DIRECTION DES SOVIETS PAR LES BOLCHEVIQUES COMME CONDITION ABSOLUE À LA RÉUSSITE DE LA RÉVOLUTION ET DU RÔLE DES SOVIETS DANS LA RÉVOLUTION.
A cet égard, LÉNINE se distingua de Rosa Luxembourg pour qui le «pluralisme des partis ouvriers non-marxistes étaient essentiels et que «la liberté était supérieure à la science» et que «le MARXISME, de facto, ne devait pas être dominant» («La Révolution russe»,1918) et de Pannekoek pour qui «la domination d’un parti fut-il marxiste constituait une aliénation», que «le Parti n’avait qu’un rôle d’éducation» et qu’enfin «spontanément des ouvriers pétris d’idées bourgeoises depuis leur naissance pouvait tout diriger révolutionnairement par miracle».
Chacun sait maintenant ce qu’il est advenu de la Révolution spartakiste menée par Luxembourg et Liebnieck: elle fut noyé dans le sang et les nazis prirent le pouvoir.
Celle de Pannekoek ne vit jamais le jour.
S’agissant «de juger l’arbre à ses fruits», l’arbre bolchevique fut infiniment plus prolifique pour le prolétariat que ceux de Luxembourg et Pannekoek et pour cause, LÉNINE appliqua sans compromis bourgeois le MARXISME, le matérialisme dialectique et historique, la science révolutionnaire du prolétariat aux conditions de la Russie tsariste.
AINSI, jamais LÉNINE ne renonça à conquérir l’adhésion du prolétariat à sa science, le MARXISME, au contraire, il fit mener aux communistes prolétariens un «patient, courageux et laborieux travail d’éducation communiste au sein des masses et par là, les bolcheviques conquirent leur soutien révolutionnaire».Déjà auparavant dans «QUE FAIRE?» Lénine avait annoncé ce devoir d’éducation révolutionnaire des marxistes au sein de leur propre organe de propagande en guerre absolue avec les merdias de la bourgeoisie.
Conjugué au présent, ces enseignements révolutionnaires marxistes commandent aux authentiques marxistes de réinvestir TOUS les SYNDICATS et TOUTES LES ORGANISATIONS POPULAIRES afin d’y entreprendre une lutte de classes féroces pour que le MARXISME, la science révolutionnaire du prolétariat, gagne l’adhésion des prolétaires au MARXISME.
Bien qu’il soit juste de conclure que les syndicats et les organisations populaires soient passés sous le contrôle des opportunistes au service de la bourgeoisie, cela ne doit jamais signifier que les marxistes abandonnent les syndicats des prolétaires et les organisations populaires à la dictature de la bourgeoisie, au contraire, ce contrôle fasciste ne peut être que momentané car inexorablement, les intérêts économiques du prolétariat sont antagonistes à ceux des bourgeois, leurs patrons.Même les renégats syndicalistes bourgeois ne peuvent changer cette réalité économique absolue.
Pour les mêmes raisons que LÉNINE a maintenu le devoir marxiste des bolcheviques de combattre les opportunistes menchéviques et socialistes-révolutionnaires au sein des Soviets qu’ils dominaient, les marxistes d’aujourd’hui doivent combattre les opportunistes au sein des syndicats et des organisations populaires, en prendre la direction idéologique et engagé la guerre de classe sur le front économique et politique par des grèves et des manifestations sans compromis, suivis d’insurrections populaires afin de déclencher la Révolution prolétarienne qui conduira à la dictature du prolétariat.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS ET REPRENEZ LA DIRECTION DE VOS SYNDICATS ET DE VOS ORGANISATIONS POPULAIRES, CHASSEZ EN LES OPPORTUNISTES QUI VOUS LES ONT RAVIS ET MENER LA GUERRE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE CONTRE VOS EXPLOITEURS CAPITALISTES ET LEURS AGENTS DANS VOS RANGS.
Les camarades s’expriment bien étrangement en opposant: «Chaos» ou «Voie» à «la lutte des classes» comme si «la lutte des classes» était facultative et non obligatoire.
Jamais MARX,ENGELS ou LÉNINE n’ont fait de «la lutte des classes» un «choix» qu’aurait à faire le prolétariat puisqu’indépendamment de la volonté de quiconque, fut-il prolétaire: «la lutte des classes est le moteur de l’histoire» comme l’ont affirmé MARX et ENGELS, entre autre, dans «Le Manifeste du Parti communiste» et dans toute leur oeuvre révolutionnaire prolétarienne.
Jamais LÉNINE avant la Révolution d’Octobre n’a dit aux révolutionnaires bolcheviques: «Barbarie ou lutte de classes» ou «Barbarie ou Soviets», au contraire, il a proclamé: «TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS DES OUVRIERS, PAYSANS ET SOLDATS SOUS LA DIRECTION DES BOLCHEVIQUES» car l’art révolutionnaire est une science sociale soumise à «lutte des classes» par nature et non par choix.
Pourquoi s’exprimer d’une manière aussi étrange? Les camarades craindraient-ils de s’aliéner la petite-bourgeoisie en affirmant que le prolétariat ne doit pas «choisir» «la lutte des classes» mais la RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE ET LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT en détruisant la bourgeoisie?
Dans la même logique étrange de «liberté de choix», transposition du «droit à la dissidence», ils proclament : «BARBARIE ou GUERRE DE CLASSES» qu’est-ce à dire? Sous la dictature mortifère, en passe de devenir génocidaire, de la bourgeoisie, le prolétariat aurait un «CHOIX» et non plus une mission historique de faire la RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE et D’INSTAURER SA DICTATURE mais à «choisir» au risque de choisir la «BARBARIE» comme le fit le prolétariat mondial à l’occasion des 2 dernières Guerres mondiales et d’un nombre incalculable de guerres locales et régionales, sous le matraquage idéologique, politique et militaire de la bourgeoisie et la trahison de ses dirigeants à tous les niveaux, soudoyés par la bourgeoisie.
Les camarades doivent abandonner ces mots d’ordre ambiguës et faussement racoleurs et proclamer haut et fort que «la lutte des classes» n’est pas facultative: «la lutte des classes est le moteur de l’histoire»: «maîtres et esclaves; barons et serfs; bourgeois et prolétaires» comme l’enseigne le matérialiste dialectique et historique, le MARXISME.
Ce qui est «facultatif»: c’est de combattre pour l’émancipation du prolétariat et partant, de toute l’humanité; combattre l’exploitation sans pitié de l’immense majorité des travailleurs par une poignée d’exploiteurs capitalistes par la révolution prolétarienne et l’anéantissement de la bourgeoisie sous toutes ses formes et sous tous ses oripeaux OU servir ces exploiteurs capitalistes et maintenir le prolétariat sous cette dictature barbare et inhumaine qui conduit l’humanité à son anéantissent dans une guerre mondiale apocalyptique thermonucléaire qu’ils préparent fébrilement.
Les révolutionnaires prolétariens communistes doivent OSER LUTTER, ILS DOIVENT OSER VAINCRE EN INSTRUISANT AVANT QUE DE DIRIGER LE PROLÉTARIAT DANS SA MISSION HISTORIQUE IMPÉRATIVE ET NON FACULTATIVE DE FAIRE LA RÉVOLUTION EN MENANT LA LUTTE INÉLUCTABLE CONTRE LA BOURGEOISIE.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS ET MENER LA LUTTE DE VOTRE CLASSE POUR RENVERSER LA BOURGEOISIE, LA JETER DANS LA POUBELLE DE L’HISTOIRE LES PIEDS DEVANT ET INSTAURER VOTRE DICTATURE.
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