Trouvailles

Sur le besoin de comités prolétariens de lutte de classe

Par IGCL/GIGC. Sur  http://www.igcl.org/Sur-le-besoin-de-comites-de-lutte

Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution
ou Guerre est disponible ici   fr_rg32

Sur le besoin de comités de lutte aujourd’hui

Dans la phase historique du capitalisme dans laquelle nous vivons, caractérisée par l’omniprésence totalitaire de l’État et un contrôle social très développé, les organisations de masse permanentes des travailleurs ne peuvent plus se maintenir en tant qu’organisations représentant les intérêts matériels des travailleurs. Les syndicats ont été définitivement intégrés à l’État capitaliste en tant qu’organes politiques bourgeois à part entière qui sabotent et font systématiquement échouer les grèves des travailleurs. Avec leur intégration dans l’État, les syndicats sont devenus les principaux garants de la paix sociale

Les travailleurs souffrent aujourd’hui non seulement des effets de la crise capitaliste, mais aussi des effets néfastes des préparatifs de guerre. On le voit au Canada, où le gouvernement fédéral a réduit les budgets de la plupart des ministères tout en augmentant le financement de l’armée, de la sécurité aux frontières et des forces de l’ordre [2]. Dans divers pays de l’OTAN, les représentants des gouvernements n’hésitent pas à annoncer qu’ils tenteront de forcer les travailleurs à accepter une détérioration de leurs conditions de vie au nom de la préparation à la guerre avec la Russie, et on parle de plus en plus de conscription [3]. Les commentaires de Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, sont particulièrement révélateurs. « Je sais que dépenser plus pour la défense signifie dépenser moins pour d’autres priorités. Mais ce n’est qu’un peu moins. » Un peu, en effet. Les travailleurs, en particulier les travailleurs combatifs, ne croient pas à ces assurances selon lesquelles les sacrifices ne seront que « minimes ». La crise du capitalisme mondial et la militarisation qui l’accompagne touchent également la Chine et la Russie, les principaux membres de l’autre pôle impérialiste. Les ressources détournées vers la production industrielle militaire sont des ressources qui ne sont pas consacrées à atténuer les aspects les plus brutaux de la vie quotidienne sous le capitalisme pour la majorité des travailleurs. Ce n’est pas parce que nous sommes naturellement enclins à nous battre, mais parce que la classe capitaliste a lancé une guerre de classe impitoyable contre nous que nous devons préparer les outils de la lutte et riposter.

Tout cela montre bien que les travailleurs doivent lutter pour leur existence dans toutes les grandes puissances du capitalisme mondial, quelles qu’en soient leurs consciences individuelles. Cependant, comme nous l’avons souligné, les syndicats s’efforcent de contenir, de désorganiser et de saboter nos luttes. La solution ne peut pas consister à attendre l’éclatement subi et “spontané” de luttes massives, même si elles ne manqueront pas et laisser les prolétaires démunis et impréparés face aux manoeuvres syndicales une fois que les luttes se développent. Les travailleurs les plus combatifs et conscients doivent s’organiser pour se préparer et pour convaincre leurs camarades de travail et les fractions de prolétaires autour d’eux de la nécessité de résister aux attaques et de s’opposer aux orientations suivies par les syndicats.

Tout comme la conscience de la nécessité d’une révolution sociale – la conscience communiste – est répartie de manière hétérogène au sein de la classe ouvrière, il en va de même pour la volonté des travailleurs de s’engager dans la lutte contre les effets néfastes des préparatifs de guerre. Que doivent donc faire les travailleurs les plus combatifs ? Rester les bras croisés jusqu’à ce qu’une grève commence, cédant toute initiative aux syndicats ? Non ! Ils peuvent se regrouper en comités de lutte et s’organiser à travers un processus d’auto-sélection basé sur quelques critères fondamentaux. Il ne s’agit pas de créer de nouveaux syndicats qui seraient plus “radicaux”. Les comités de lutte apparaissent et disparaissent selon la dynamique des luttes ouvrières et leurs nécessités immédiates. Il ne s’agit pas non plus de les considérer comme des embryons d’assemblée générale dont la fonction consiste à rassembler dans la lutte tous les ouvriers d’un lieu de travail ; encore moins comme des comités de grève nommés par ces assemblées. Ils rassemblent une minorité de travailleurs, les plus combatifs et décidés pour se mobiliser afin de préparer les luttes à venir. En particulier, ils ont pour fonction :

- d’avancer à l’avance des alternatives concrètes aux politiques de division et sabotage préparées par les syndicats ;

- de s’organiser pour intervenir activement parmi les ouvriers par tract, prise de parole dans les grèves, sur les piquets de grève, dans les assemblées, dans les manifestations ;

- d’intervenir et de chercher à établir des contacts et des liens avec des travailleurs combatifs d’autres lieux de travail ou de quartiers ;

- d’être des espaces où les ouvriers de plusieurs secteurs, ou bien encore les travailleurs au chômage, peuvent se regrouper en vue de la lutte.

De tels comités de lutte furent nombreux à la fin des années 1960 et dans les décennies qui suivirent. En de nombreuses occasions, en Italie (Coordinamenti des années 1970), en France, Espagne, parmi les dockers de Rotterdam, etc. [4], ils jouèrent un rôle de premier plan dans le développement de luttes ouvrières significatives et, souvent, dans le débordement des syndicats et leur contrôle sur la lutte.

Aujourd’hui, face aux attaques qui tombent et, d’autre part, face à la difficulté à se mettre en grève spontanément et massivement, la constitution de comités de lutte – quel que soit le nom qu’on leur donne – peut et doit constituer une réponse, parmi d’autres, pour que le prolétariat comme un tout se prépare aux confrontations qui viennent du fait de la marche à la guerre généralisée. Premièrement, ces comités doivent appeler à rejeter les sacrifices pour la guerre ; deuxièmement, à étendre, généraliser et unifier les grèves et luttes sur une base territoriale ; et troisièmement, rejeter toute collaboration de classe, quel que soit le prétexte invoqué, qu’il s’agisse de la défense contre la Russie/l’OTAN, de la libération nationale, de la défense de la démocratie et de la patrie, ou de tout autre prétexte fallacieux que la bourgeoisie peut imaginer pour convaincre les travailleurs d’agir contre les intérêts de leur propre classe. Ces comités de lutte composés de travailleurs combatifs se regroupant par un processus d’auto-sélection dans une zone donnée peuvent alors chercher à proposer une alternative aux politiques avancées par les syndicats. Ils peuvent essayer de convaincre leurs camarades plus prudents ou hésitants de la nécessité de lutter en s’inspirant des trois orientations susmentionnées : pas de sacrifices pour la guerre, rejet du nationalisme, unification et généralisation des grèves pour des revendications communes.

Les comités de lutte ne doivent pas nécessairement se limiter aux individus d’un seul lieu de travail. Étant donné que la seule perspective réelle d’un mouvement de grève susceptible de ralentir ou d’arrêter la course à la guerre est un mouvement de grève sauvage illégal qui s’étend progressivement sur le plan géographique, il est judicieux que les comités de lutte incluent des travailleurs de différents lieux de travail dans une ville ou une agglomération donnée. Les travailleurs membres de ces comités ne doivent pas non plus limiter leur intervention à leur propre lieu de travail. Si l’on a naturellement tendance à être mieux informé des possibilités concrètes de lutte dans son propre lieu de travail, la situation générale à laquelle est confrontée la classe ouvrière est la même dans tous les lieux de travail : érosion du pouvoir d’achat, intensification du travail et dégradation générale des avantages sociaux. L’idée selon laquelle les travailleurs combatifs n’ont le droit d’intervenir que sur leur propre lieu de travail est une déviation syndicaliste qui doit être combattue. L’antagonisme de classe ne se joue fondamentalement pas au niveau d’un seul lieu de travail, mais à un niveau social plus large. Le réduire au premier contribue à l’isolement des travailleurs combatifs.

Cette compréhension du rôle et de la nécessité des comités de lutte a sous-tendu notre propre participation aux comités No War But Class War appelée par la TCI en avril 2022. Pour nous, c’était clair :« Nous ne situons pas cette initiative comme visant à regrouper les forces révolutionnaires sur l’internationalisme. Elle n’est pas un embryon de Zimmerwald ou un moment du combat pour le parti. Elle doit correspondre, selon nous, à la mobilisation générale prolétarienne face aux attaques que la préparation à la guerre impose et va redoubler. Elle n’est qu’une première tentative de regroupement prolétarien – nous ne doutons pas que ce type de comité de lutte surgisse « spontanément » dans la période qui vient – en vue d’établir des pôles de résistance afin que le prolétariat international puisse établir des premières lignes de défense face à l’agression qu’il subit et va subir [5]. »

La poursuite de la marche à la guerre impérialiste généralisée ne peut qu’aggraver les attaques du capitalisme contre la classe ouvrière. Cette situation historique détermine le contexte et les enjeux des combats prolétariens d’aujourd’hui. Les travailleurs combatifs organisés en comités de lutte ou sous d’autres formes organisationnelles – qu’ils soient syndiqués ou non et qu’ils appartiennent ou non à une organisation politique – doivent prendre en compte cette situation générale dans leurs interventions.

Il est connu que la Tendance communiste internationaliste ne partage pas notre conception de ces comités. Pour la TCI, il s’agit de regrouper des “internationalistes”. Malgré cette divergence, notre bilan des comités de Toronto et de Montréal, en tant que comités de lutte, qui existent et interviennent toujours, est positif. Ils ont réussi durant toute cette période à assumer une présence politique prolétarienne en offrant des alternatives de classe lors de plusieurs luttes ouvrières qui se sont développées des trois dernières années, même si la plupart restèrent isolées et dispersées. Les comités ont diffusé plus d’une dizaine de tracts, tenu plusieurs réunions publiques, sont intervenus en différents piquets de grève et ont démontré aux prolétaires les plus combatifs qu’une alternative organisée aux politiques syndicalistes existait. Enfin, ils ont su établir des réseaux de contacts et de rencontres qui restent utiles aujourd’hui.

Si les orientations des comités de lutte NWBCW du Canada étaient mises en œuvre massivement par les travailleurs, cela représenterait une avancée politique importante pour la classe ouvrière et entraverait concrètement les projets bellicistes de la bourgeoisie. La bourgeoisie serait contrainte de suspendre ou de ralentir sa marche vers la guerre pour faire face au prolétariat. Il ne s’agit pas là pour ces comités – et en passant pour les communistes – d’appeler en soi à “saboter la machine de guerre”, à appeler à la grève les travailleurs des secteurs “stratégiques”, comme la production d’armements, même si de telles actions seraient sans aucun doute les bienvenues. Au contraire, les trois orientations avancées plus haut visent à renforcer la position de la classe ouvrière dans son ensemble en soulignant la nécessité de faire grève en tant que classe. Si elles étaient mises en œuvre, cela renforcerait le rapport de force des travailleurs dans les luttes immédiates, entraverait la marche vers la guerre et constituerait un pas vers la création d’une situation pré-révolutionnaire et pourrait contribuer à combler le fossé entre les besoins immédiats des travailleurs en lutte et la tâche historique du prolétariat de surmonter ce système historiquement obsolète qui menace de plonger l’humanité dans une destruction et une ruine sans précédent. Cependant, pour que cette perspective se réalise, le rejet de la collaboration de classe, la nécessité d’unifier et de généraliser les grèves et le rejet des sacrifices pour la guerre doivent être repris et diffusés par l’avant-garde dans les usines et les quartiers, organisée en comités de lutte ou tout autre forme organisationnelle qui pourrait surgir.

Selon nous, le camp prolétarien d’aujourd’hui et demain le parti mondial ne doivent pas attendre non plus passivement que de telles expressions minoritaires de lutte apparaissent pour y participer et en souligner l’importance. Selon les situations, ils ne doivent pas hésiter à appeler à former de tels comités de lutte, voire même à en prendre l’initiative.

Par  Stavros, décembre 2025

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Notes:

[1. En effet, cela est ouvertement reconnu par les dirigeants syndicaux. L’ancien président du Syndicat canadien des travailleurs de l’automobile, Buzz Hargrove, a déclaré : « Les syndicats empêchent probablement plus de grèves qu’ils n’en provoquent. Trois travailleurs sur quatre déclarent ne pas faire confiance à leur employeur. Les bons syndicats s’efforcent d’apaiser cette colère… Les syndicats détournent les formes de résistance des travailleurs qui sont préjudiciables et coûteuses (faible productivité, absentéisme). Si nos détracteurs comprenaient ce qui se passe réellement dans les coulisses du monde du travail, ils seraient reconnaissants aux dirigeants syndicaux d’être aussi efficaces pour éviter les grèves. » (Buzz Hargrove, Labour of Love : The Fight to Create a More Humane Canada)

[4. Avant de se maintenir artificiellement et de devenir de fait de nouveaux syndicats, las Comisiones obreras en Espagne, aujourd’hui le syndicat CCOO, et les Comitati de basi en Italie, aujourd’hui COBAS, furent à l’origine de véritables comités de lutte.

[5. Révolution ou guerre #30, Sur les comités de lutte NWBCW, http://www.igcl.org/Sur-les-comites-de-lutte-NWBCW

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 réflexions sur “Sur le besoin de comités prolétariens de lutte de classe

  • Normand Bibeau

    Pourquoi les prolétaires révolutionnaires communistes devraient-ils renoncer lâchement à s’emparer de la direction de LEURS SYNDICATS PROLÉTARIENS et de LEURS ORGANISATIONS POPULAIRES et ne pas en chasser, par tous les moyens, jusqu’y compris «manu militari», les «kapos» rénégat$ du capital infiltrés dans leurs rangs pour les pervertir et en faire des instruments de collaboration de classe, comme le suggère IGCL/GIGC?

    MARX écrivait que les syndicats «sont devenus les points focaux pour l’organisation de la classe ouvrière comme classe» et «sont une arme de la lutte politique contre le système de salaire» (Résolution of de I.W.A., on Trade Unions, Geneva,1866, re: A. Lozovsky: «Marx and the Trade Unions», marxists.org).

    MARX dans «Value, Price and Profit» (1865): un discours à l’«International Working Men’s Association (1ière Internationale communiste) réfutait vigoureusement l’idée que les syndicats sont nuisibles comme l’affirmait John Weston, ce que répète IGCL/GIGC et, il affirma l’effet positif de la reconnaissance de l’organisation des ouvriers au sein de syndicats pour l’amélioration de leurs conditions de travail, ce qui les mets en conflit avec la bourgeoisie, leurs patrons et qu’inexorablement, cela conduira à des guerres de classe que seule la révolution prolétarienne pourra résoudre en faveur du prolétariat.

    MARX a aussi écrit: «… les syndicats des ouvriers sont les premières formes d’organisation du prolétariat lui-même en lutte contre le capital» (marxistarchives.net).

    ENGELS ajoutait: «…les grèves et les actions collectives sont les expressions concrètes de l’organisation de la classe ouvrière contre l’exploitation capitaliste.

    ENGELS ajoutait: «… la lutte syndicale est une des formes constantes du mouvement ouvrier; indispensable sous le capitalisme et essentielle en tout temps…» («cpusa.org:Excerpts from the Classic: Class and Social Forces for Progress, nov.2022).

    ENGELS écrivait aussi: «… c’est précisément parce que les syndicats s’attaquent au nerf vital de l’ordre social actuel… qu’ils sont si dangereux à cet ordre…» (International Communist Party,juillet 1966) et que cet ordre capitaliste s’emploie aussi férocement à les détruire (ex.Amazon au Québec) ou à défaut à les subvertir.

    En conclusion, ENGELS reconnaissait que malgré leurs limites et les risques de subversions/corruptions inhérents à la nature même de la bourgeoisie, les syndicats jouent un rôle révolutionnaire réel et indispensable sous le capitalisme comme école de la révolution.

    LÉNINE confronté à la trahison des «kapos» syndicaux des capitalistes infiltrés dans leurs rangs n’en proclamait pas moins: «les marxistes doivent travailler au sein des syndicats existants, même réactionnaires, pour éduquer les travailleurs, les arracher à l’influence pernicieuse et corrompue des bureaucrates syndicaux capitalistes» (Londonprogressivejournal.com).

    LÉNINE rejetait l’idée de créer des organisations, assemblées, comités ou autres «organisations pures» séparées des masses et renonçant à contrôler les syndicats ouvriers.

    Quelle authentique révolutionnaire prolétarien québécois a oublié la panique absolue et la campagne de propagande démentielle ourdie par la bourgeoisie, son État fantoche et tous les journalistes des merdias mainstream des milliardaires et tous les idéologues universitaires bourgeois lorsque des «gauchistes», d’obédience maoïste, (PCC(M-L), En Lutte, MREQ, etc.), présents au sein de la «Confédération des syndicats nationaux» ( «CSN») ont influencé la CSN pour publier le Manifeste: «Ne compter que sur ses propres moyens»?

    L’acharnement bourgeois fut si intense contre cette influence qu’il soudoya des bureaucrates syndicaux corrompus pour provoquer une scission au sein de la «CSN» et donner naissance au syndicat réactionnaire: «Confédération des syndicats démocratiques» ( «CSD»).Comment ne pas reconnaître la signature démagogique de la bourgeoisie dans l’emploi du terme bidon de «démocratique», la marque de commerce «lebelisé» de la bourgeoisie pour mener à bien ses crimes les plus odieux.

    LÉNINE écrivait dans une correspondance de 1905: «Les syndicats doivent être très larges, réunissant tous les ouvriers susceptibles de s’organiser contre les patrons et l’État»
    (cpusa.org, précité).

    LÉNINE conformément à MARX et ENGELS, défini les syndicats comme «les écoles du communisme» et qu’ils doivent embrasser toute la classe ouvrière et lier le Parti révolutionnaire communiste aux prolétaires dans le renversement du capitalisme.

    Tout au long de sa lutte révolutionnaire victorieuse, LÉNINE a combattu vigoureusement et avec succès la déviation trotskyste, luxembourgeoise, italienne et française, de créer des «organisations pures» (voir LÉNINE: «Le gauchisme, maladie infantile du communisme»), à l’extérieur des syndicats et des organisations populaires sous le lâche prétexte qu’ils étaient «infiltrés» par des «kapos» de la bourgeoisie mais surtout, que ces luttes détournaient des «révolutionnaires» de les servir au sein de ces «organisations pures» qu’ils dirigeaient.

    LÉNINE écrivit: « Ceux qui soutiennent que les communistes ne doivent pas travailler dans les syndicats réactionnaires … se TROMPENT; nous devons rester là où se trouvent les masses laborieuses pour mieux les organiser et les politiser» (LÉNINE,collected works, tome 31, avril-décembre 1920, progress publishers, Moscou: «Le gauchisme, maladie infantile du communisme» ( ndla).

    Au contraire, LÉNINE en fit un enjeux majeur de la lutte révolutionnaire puisqu’en livrant ce combat pour la conquête des syndicats, l’école du communisme, le prolétariat révolutionnaire réalisera, in concreto, la nécessité absolue de bâtir son propre Parti communiste, seul capable de mener les luttes syndicales et populaires à la victoire.

    L’acharnement systématique de l’État capitaliste à subvertir les syndicats par des contrôles de plus en plus intrusifs et corporatistes, tels: le recours à la fraude idéologique des «services essentiels», la menace d’abolir la formule Rand, l’imposition de «votes» contrôlés par des firmes extérieures capitalistes, l’interdiction de faire l’usage qui leur convient de leurs cotisations, l’exclusion arbitraire et inique des sommets type Davos, etc., à eux seuls, démontre la justesse de l’analyse de MARX, ENGELS et LÉNINE sur l’importance des syndicats dans la lutte révolutionnaire du prolétariat.

    Ainsi, MARX reconnaissait aux syndicats un rôle politique et il ajoutait que «les syndicats servent de véritables organisations de classe du prolétariat dans sa lutte quotidienne contre le capital et partant, instruisent le prolétariat lui-même sur la nature réelle du capital: exploiter le prolétariat afin de lui extraire la plus value de son labeur» ( Ibidem).

    Marx ajoutait que la bourgeoisie tentera par TOUS LES MOYENS de subvertir les syndicats en les condamnant à former leurs cadres dans un «cadre corporatif étroit» de sorte à les neutraliser politiquement et à en faire des instruments de collaboration de classe comme l’illustre les propos du renégat d’entre les renégats, le «kapo mafieux» Buzz Hargrove cité.

    Dans sa politique de subvertir les syndicats prolétariens contre leurs véritables intérêts révolutionnaires et en faveur de leur ennemi de classe antagonique irréconciliable, la bourgeoisie qui contrôle «son comité éxécutif» étatique, cédera certains «privilèges» à ses «kapos» comme le piège étatique de la «formule Rand», une participation servile sur des comités bidons de CSST, des «congés syndicaux d’arbitrage» et autres pièges corporatifs révocables pour «mauvaise conduite prolétarienne»,etc.Tous ces privilèges servant à soumettre les syndicats aux intérêts de la bourgeoisie comme le prouvent les «lois spéciales» brandies et adoptées par «l’État, ce comité exécutif de la bourgeoisie», lors de chaque affrontement majeur entre les syndicats et la bourgeoisie ( fronts communs; grèves des hôpitaux et des écoles; des transports en commun, etc.).

    A la lumière des enseignements révolutionnaires prolétariens communistes de MARX, ENGELS et LÉNINE, loin de fuir les syndicats réactionnaires contrôlés par les «kapos» renégats des patrons, les révolutionnaires prolétariens communistes doivent s’organiser sur leur propre lieu de travail et y bâtir une cellule communiste clandestine afin d’y recruter les travailleurs les plus combatifs et militants, en donnant le meilleur exemple de militantisme.

    En initiant et poursuivant l’éducation marxiste, assigner aux membres non communistes, des missions d’infiltration spécifique dans les instances syndicales.Développer d’étroites relations avec les communistes d’autres syndicats et ceux au sein du Parti pour créer un rapport de force supérieur à celui des «kapos» renégats et ce, jusqu’y compris sur le plan physique, le cas échéant.

    Instruire systématiquement les travailleurs de chacun des aspects des négociations collectives et des conflits journaliers avec le patron capitaliste.Combattre la propagande bourgeoise des journalistes bourgeois des merdias mainstream et alternatifs des milliardaires et encourager les travailleurs à ne pas lire ou écouter leurs immondices de ces ordures en offrant une alternative révolutionnaire.

    Construire au sein des travailleurs une conscience de classe «en soi» par des combats constants pour de meilleures conditions de salaire et de travail et une conscience de classe «pour soi» en expliquant qu’au sein du système capitaliste, JAMAIS LE PROLÉTARIAT NE BÉNÉFICIERA DES DROITS QUI SONT LES SIENS, LES PROLÉTAIRES RESTERONT TOUJOURS DES ESCLAVES SALARIÉS CONDAMNÉS À ÉTRE DE LA CHAIR À PATRONS EN TEMPS DE PAIX ET DE LA CHAIR À CANONS EN TEMPS DE GUERRE ET QUE LA GUERRE EST INÉVITABLE PARCE QUE LA SEULE SOLUTION CAPITALISTE À SES CRISES SYSTÉMIQUES.

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS ET EMPAREZ-VOUS DE LA DIRECTION DE VOS SYNDICATS, CHASSEZ EN LES KAPOS RENÉGAT$ DU CAPITAL ET INSTAUREZ VOTRE DICTATURE PROLÉTARIENNE.

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