7 au FrontTrouvailles

Les réformistes et divers gauchistes proclament: « Nous sommes tous des capitalistes! »

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau

Les ouvriers n’ont d’autre marchandise à vendre que LEUR FORCE DE TRAVAIL

Les auteurs des «enquêtes collectives» portant sur la «déprolétarisation» par la « dé-salarisation » croissante des travailleurs ferait d’«un salarié un capitaliste déprolétarisé» (sic) puisqu’il possèderait des actions d’un Fonds de placement; d’un Fonds de pension; un logement; un ‘droit’ aléatoire à des prestations d’assurance chômage, un ‘droit’ éphémère à l’aide sociale, au secours directs et autres succédanés à l’esclavage salarié confondent: «petite-bourgeoisie», «lumpenprolétariat», «classe moyenne»  et «prolétariat»; «désindustrialisation» et «révolution technologique»; réalité «nationale» et contexte «internationale»… ces gens-là mélangent tout. (Voir l’article ici: Déprolétarisation et nouvelle prolétarisation – Enquête collective – les 7 du quebec  et ici: https://les7duquebec.net/archives/302393).

Marx a défini «matériellement» (à partir de la réalité matérielle objective) et non «idéalement» (à partir de l’idée subjective que l’on se forge), ce qu’est le prolétariat.  Ainsi, dans l’œuvre  marxiste, le prolétariat est défini comme la classe sociale qui, dépourvue de la propriété des moyens de production, de financiarisation, de commercialisation et de communication, est condamnée pour survivre, à vendre  sa force de travail, bras, jambes et cerveaux (sous format de l’intelligence artificielle (IA) ou un autre), contre un salaire de subsistance et de reproduction (pour la subsistance de sa famille), à ceux qui possèdent ces moyens, les capitalistes, ce qui fait du prolétariat, une classe d’«esclaves salariés» perpétuelle, la version contemporaine des esclaves de l’Antiquité et des serfs corvéables du moyen-âge démontrant ainsi que «l’histoire de l’humanité n’a été que l’histoire de la lutte des classes».

De tout temps et sans en changer la nature de classe de la société dans son ensemble, il a toujours existé des classes «intermédiaires», souvent des reliquats du passé ou des «instruments» des classes sociales déterminantes que furent «les esclaves et les maîtres», «les serfs et les seigneurs», les «prolétaires et les bourgeois». Dans cette catégorie intermédiaire, on compte les militaires et les mercenaires, les pirates et autres bandits, les lumpens, les artisans, le clergé de bas étage, les intellectuels et les artistes, les petits-bourgeois, la soi-disant «classe moyenne» (sic), etc.

Dans «Travail salarié et capital», dès 1847, Marx écrivait:

«[L] es ouvriers n’ont d’autre marchandise à vendre que LEUR FORCE DE TRAVAIL […] Ils sont obligés de la vendre pour vivre».

Par opposition de classe, le capitaliste est le propriétaire des moyens de production qui exploite la FORCE DE TRAVAIL du prolétaire (ouvrier et travailleur salarié) pour en extraire la PLUS-VALUE c’est-à-dire la différence de valeur entre le salaire (capital variable) versé au salarié et la valeur créée par son labeur après avoir compensé les coûts de production (capital constant) qui ne font que transférer leur valeur à la marchandise sans l’augmenter.

Marx décrivait ce processus «exploiteur» du capitalisme dans «Das Kapital», Livre 1, chapitre 6, en ces termes:

«[L] e capitalisme achète la force de travail au prix de son coût (subsistance et reproduction) et en consomme la valeur d’usage, qui consiste à créer plus de valeur que celle qu’elle coûte. La différence est la PLUS-VALUE», ce que les économistes bourgeois déguisent sous l’appellation frauduleuse de «profit» afin d’en masquer l’origine prolétarienne et tromper le prolétariat en lui faisant croire que le profit extorqué au travail salarié est le juste «salaire» du capital (sic). (Voir notre article portant sur salaire et profit :  La valeur travail n’est pas une norme transhistorique, mais inhérente au capitalisme – les 7 du quebechttps://les7duquebec.net/archives/302456).

L’utopique « déprolétarisation » du prolétariat sous le mode de production capitaliste (MPC)

Marx et Engels ont synthétisé leur conception matérialiste dialectique et historique de l’histoire dans le MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE (1848), dans cette formule décisive: «[L] a société moderne est scindée en deux grands camps ennemis antagonistes: BOURGEOISIE et PROLÉTARIAT».

La thèse soutenue par les «enquêtes collectives» sur la prétendue «déprolétarisation» du prolétariat par les subterfuges de l’«individualisation» du travail n’est qu’une fumisterie, car ce n’est pas parce que le capitalisme morcelle l’esclavage salarié des prolétaires en unité de production réduite, dans certains cas jusqu’à l’individu, qu’il relie entre eux par des outils technologiques informatiques, qu’il en change la nature de classe et la FINALITÉ RECHERCHÉE sous le mode de production capitaliste: PRODUIRE DE LA PLUS VALUE en empochant la différence de valeur entre le salaire de l’esclave salarié et la valeur créée par sa FORCE DE TRAVAIL… et ainsi assurer l’accumulation capitaliste, finalité stratégique ultime du MPC.

(Voir l’article ici :  Déprolétarisation et nouvelle prolétarisation – Enquête collective – les 7 du quebec). https://les7duquebec.net/archives/302393).

Plus encore, les auteurs de ces «enquêtes collectives» confondent «désindustrialisation» et conversion de l’économie «industrielle» en économie de «services» avec l’avènement d’une «société» où les prolétaires deviendraient des «lumpens capitalistes» alors qu’en réalité ils ne font que se soumettre à la dictature du Capital bourgeois qui se transforme.

Les masses laborieuses d’ouvriers prolétaires industriels et miniers d’hier sont devenues, dans les pays occidentaux notamment, les masses laborieuses de travailleurs-prolétaires du système hospitalier, scolaire, financier, commercial et des transports. Les milliers d’ouvriers prolétaires qui peinaient  dans les usines, les mines, les forêts et les mers sont devenus les milliers de travailleurs-prolétaires qui sortent des mégahôpitaux, des écoles et des collèges, des petits commerces à la chaîne, des gratte-ciels à bureaux et autres institutions capitalistes des sociétés de services mondialisées.

Le Nord global, le Sud global, l’Occident et l’Orient du capital

Les milliers d’ouvriers prolétaires occidentaux du Nord global sont devenus les millions d’ouvriers prolétaires exploités du Sud global, prouvant incontestablement que «le prolétariat n’a pas de patrie», pas d’avantage que le grand Capital mondialisé et que son exploitation est la seule source de richesse pour la classe capitaliste du Nord et du Sud, de l’Occident et de l’Orient. (Voir notre article : De l’économie néolibérale à l’économie néoféodale (Michael Hudson) – les 7 du quebec et La valeur travail n’est pas une norme transhistorique, mais inhérente au capitalisme – les 7 du quebec).

Relocalisation de l’industrie de l’Occident vers l’Orient et nouvelle division mondiale des chaînes de production et des chaînes de valeurs

La description de la création d’une entreprise audiovisuelle par une prolétaire déclassée condamnée à vendre sa force d’imagination et de travail à un capitaliste possédant le moyen de diffusion, sous le contrôle et la surveillance d’un banquier  et sous la réglementation des fonctionnaires étatiques ne sont pas la preuve de la conversion du prolétariat en capitaliste «individuel» (sic), mais la preuve du passage d’une économie capitaliste «industrielle» à une économie capitaliste de «service» couplé à une nouvelle division mondiale des chaînes de production et donc de valorisation du Capital.

Ainsi, en 2023, en France, le pourcentage des prolétaires exploités dans l’«industrie» s’élevait à 19,25% ou~ 5,83 millions d’esclaves-salariés pour 90% ou 22,02% dans les services. Par conséquent, 90% étaient exploités dans les «services tertiaires».

Dans l’Union européenne (U€-27), en 2023-2024, le pourcentage de prolétaires exploités dans l’«industrie» se chiffrait à ~ 20-25% ou 25,5 millions de prolétaires classiques et à 75 à 80% ou 175, 7 millions dans les «services tertiaires » sur 205,7 millions d’esclaves salariés totaux (prolétaires modernes).

Au Canada, en 2024, sur 21 millions de prolétaires, 7,4% ou 1,48 million étaient exploités dans l’«industrie» et 90% ou 17,50 millions l’étaient dans les services.

Aux États-Unis, en 2023, sur 153 millions de prolétaires, 8% ou 12,3 millions l’étaient dans l’industrie  pour ~ 90% ou 140,8 millions dans les services tertiaires.

Si l’on fait le même exercice, vers 1960, à l’apogée relatif de l’«industrialisation» occidentale, on obtient les chiffres suivants:

France: en 1960, 42% des prolétaires étaient exploités dans l’«industrie» pour 9,2 millions de prolétaires et 42% pour 9,2 millions dans les «services» sur une population de 18,4 millions de prolétaires;

En Europe occidentale + Allemagne, en 1960, on dénombrait, ~45 à 48% pour 56 à 62 millions de prolétaires dans l’«industrie» pour ~ 35 à 38% ou 44 à 49 millions de prolétaires dans les «services» sur un total de 125 à 130 millions de prolétaires;

Au Canada, en 1960, on comptait ~ 34% ou 2,1 millions de prolétaires dans l’«industrie» pour 46% ou 2,8 millions sur un total de 4,9 millions de prolétaires;

Aux  U$A, en 1960, on comptait 32% ou 22 millions de prolétaires dans l’«industrie» et 55% ou 38 millions de prolétaires dans les services.

En conclusion

La soi-disant «désindustrialisation» occidentale nous a fait passer de l’«économie capitaliste industrielle» à l’«économie capitaliste de services». Cette transformation, accompagné d’une nouvelle division international du travail,  n’a en aucune manière changé la nature capitaliste de l’économie occidentale et encore moins transformé le prolétariat «industriel» en capitaliste syndiqué des «services». Notez que cette transformation a été rendue possible parce que le Grand Capital mondialisé (occidental et oriental) a embrigadé –  enchaîner des centaines de millions de paysans et petits agriculteurs asiatiques – Indiens – Chinois – Indonésiens et Africains – rapidement transformés en esclaves salariés prolétarisés.

De son vivant,  Marx a combattu la forme originelle de toutes ces variantes «réformistes– social-démocrates – opportunistes» de l’idéologie capitaliste dénoncée dans «[L] a Critique du Programme de Gotha» (1875), alors qu’il a répudié les thèses opportunistes des renégats «réformistes» des «socialistes utopistes bourgeois» infiltrées dans le prolétariat et qui sont devenues aujourd’hui les Foucault, Berger, gauchistes et consorts.

Toutes ces théories «réformistes» ont en commun de confondre délibérément: «le travail en général» et «la force de travail prolétarienne» pour en occulter le rapport d’exploitation capitaliste, car sous le capitalisme le travailleur ne vend pas son travail, mais sa force de travail ce qui rend possible l’extraction de la PLUS VALUE et l’accumulation du Capital.

L’équation fondamentale sur laquelle repose le mode d’exploitation capitaliste tel que décrit par Marx peut être synthétisée de la manière suivante:

FORCE DE TRAVAIL = production des marchandises destinées à la consommation prolétarienne à l’aide des moyens de production et des matières premières, propriétés des capitalistes, marchandises que s’approprie le capitaliste pour la commercialiser;

VALEUR = temps de travail socialement nécessaire pour produire ces marchandises dotées d’une valeur d’usage et d’une valeur d’échange;

PLUS-VALUE = différence entre le salaire nécessaire à la subsistance et la reproduction de l’esclave salarié via sa famille et la valeur produite par la FORCE DE TRAVAIL;

ACCUMULATION DU CAPITAL = réinvestissement indispensable au maintien et à l’expansion du capitalisme pour perpétuer les révolutions «industrielles et technologiques» qu’imposent la concurrence, l’anarchie de la production, le gaspillage par la consommation débridée des bourgeois et l’expansion de la population humaine.

Les «réformistes», d’hier et ceux d’aujourd’hui, via leurs héritiers de ces «enquêtes collectives», ont prétendu et prétendent que la «redistribution» de la «richesse» par l’État bourgeois au sein de la société capitaliste, peut en changer la nature de classe et transformer cette société d’exploitation de la vaste majorité par une infime minorité, cette société moribonde de gaspillage causé par l’anarchie de la production, la baisse tendancielle du taux de profit, l’enrichissement des capitalistes et la paupérisation des prolétaires et les crises systémiques qui conduisent tactiquement aux guerres de destruction des capacités de production, tantôt locales, tantôt régionales et éventuellement  mondiales. (Voir notre article sur ces guerres de pillage:  Les énergies fossiles comme motifs récurrents de guerres économiques et commerciales – les 7 du quebec).

Ainsi, toutes ces théories «réformistes, droitistes et/ou gauchistes» et tout particulièrement celles exposées dans ces «enquêtes collectives» concernant, en particulier, la «production audio-visuelle», soutiennent que les prolétaires transformés en «entrepreneurs capitalistes individuels» vendraient le fruit de leur travail aux capitalistes et non «leur force de travail»,.  Cette déformation mystificatrice du réel rapport de production ont pour but de tromper sur le rapport d’exploitation capitaliste qui seule rend possible l’extraction de la PLUS VALUE et l’accumulation du capital, qui nous le répétons constitue la finalité stratégique ultime du mode de production capitaliste (MPC).

Le prolétaire de «service» est et demeure un prolétaire asservi aux diktats du capital s’il veut obtenir le financement et l’accès au marché pour sa marchandise (sa force de travail) et accéder à une part de marché suffisante pour atteindre le stade capitaliste et s’élever au-dessus de l’insignifiance, toute autre prétention n’est que duperie, fumisterie et mensonge.

À SUIVRE: l’État capitaliste ne sert que le capital.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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