Robert Bibeau

Auteur et éditeur

3 réflexions sur “LA PROPAGANDE MÉDIATIQUE | Quand le journalisme vend le sang des opprimés (Jacques Baud)

  • Normand Bibeau

    «Les idées de la classe dominante sont, à toutes les époques, les idées dominantes; autrement dit, la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est en même temps sa puissance spirituelle dominante.» (Friedrich Engels,1845-1846, dans l’Idéologie allemande).

    «La classe qui dispose des moyens de production matériels dispose, du même coup, des moyens de production intellectuelle, si bien que les idées de ceux à qui les moyens de production font défaut sont en général soumises à la classe dominante.» (Ibid).

    Ces principes philosophiques fondamentaux qui gouvernent le monde des médias sont traduit dans la sagesse populaire par la formule vernaculaire que: «[C ]elui qui paie le musicien, l’artiste, le journaliste, l’idéologue, l’expert, etc. est aussi celui qui commande la musique, le roman, la nouvelle, l’idéologie, l’opinion,etc., et ce dans son unique intérêt.

    «La presse bourgeoise transforme les intérêts particuliers de la bourgeoisie en intérêts généraux de toute la société» (La Sainte Famille», chap.4) cela, par la répétition, la normalisation, la banalisation, la généralisation en général et, la force au besoin (la sélection, la discrimination, la censure, la persécution, la répression et l’élimination).

    Cette domination des «idées dominantes» de la classe dominante est imposée à l’humanité par le matraquage de ces «idées» par les médias mainstream et alternatifs des milliardaires et de leur État, le système d’éducation et l’industrie culturelle et religieuse capitaliste.

    Marx a écrit dans ses articles pour la Neud Rheinische Zeitung (1848-1849) sur la presse:
    1- la «presse» commerciale dépend du capital de ses propriétaires,
    2- elle est destinée à servir les rapports économiques de domination existants;
    3- elle s’emploie à former le consentement en faveur de ses propriétaires;
    4- elle dépend de la publicité de l’ensemble des capitalistes qui y ont recours pour promouvoir leurs marchandises;
    5- elle «n’est plus que l’organe de la classe qui la finance».

    Il faut se rappeler qu’en 1848-1849, la radio, la TV et l’informatique n’existaient pas, seule la «presse», la littérature, le théâtre et la musique constituaient les moyens de promouvoir les «idées dominantes».

    Marx et Engels rompus au matérialiste dialectique et historique ont distingué entre la propagande BOURGEOISE et PROLÉTARIENNE:

    BOURGEOISE:

    Il s’agit de la production d’idée servant à légitimer le capitalisme:
    – en naturalisant la propriété privée comme la forme supérieure de toute propriété;
    – en justifiant le profit comme naturel;
    – en représentant les prolétaires comme «libre» dans un «marché ouvert et neutre »;
    – en représentant l’État comme un arbitre au-dessus des classes sociales:

    La propagande bourgeoise fabrique une vision du monde qui impose le capitalisme comme naturel, rationnel et moral.

    PROLÉTARIENNE:

    Marx et Engels s’employèrent toute leur vie d’adulte à bâtir la vision du monde prolétarienne en élaborant le matérialisme dialectique et historique, une conception du monde essentiellement révolutionnaire au service de la révolution prolétarienne.

    Le MARXISME qu’ils élaborèrent est si complet, pertinent, pénétrant et révolutionnaire que la Revue théorique du Vatican: «La Civiltà Cattolica» écrivit à son sujet;
    «Le marxisme ne se limite pas à une théorie économique»,
    Il constitue «une conception complète et totalisante du monde » ( «una concezione completa del mondo»; une «Weltanschauung»);
    il fournit: une philosophie de l’histoire, une anthropologie, une morale, une politique, une vision complète de la société et du sens de l’existence qui l’oppose directement avec la doctrine chrétienne car il est matérialiste athée; déterministe historique et fait de la lutte des classes le moteur de l’histoire (ex.:Divini Redemptoris, 1937).

    A partir de leur doctrine, ils enseignèrent aux prolétaires à produire et développer leurs propres formes de communication: journaux, réunions publiques, éducation politique et promotion de l’internationalisme afin de vaincre le nationalisme, le patriotisme et le chauvinisme selon le principe que:« [ L]e prolétariat n’a pas de patrie».

    Engels dans ses écrits de 1890 expliquait que «la presse socialiste devait être un outil d’éducation de classe au service de la révolution».

    Marx dans ses écrits de 1842-1843, expliquait que «la liberté de presse» est une «mystification» alors que seule la bourgeoisie a les moyens de s’en prévaloir.La «censure» n’a pas besoin d’être légale pour exister, il s’exerce par des contraintes économiques («Das Kapital»).

    Pour Marx et Engels, les médias:

    – font partie de la superstructure idéologique;
    – propagent les opinions de leurs propriétaires capitalistes;
    – personnalisent les conflits afin d’en masquer les causes véritables;
    -diffusent les valeurs bourgeoises;
    -naturalisent les inégalités;
    -transforment les enjeux économiques en débats moraux et individuels;
    -détournent l’attention des rapports d’exploitation;
    – occultent la lutte des classes comme moteur de l’histoire.
    Les médias bourgeois conformément à leur idéologie idéaliste produisent l’image inversée du monde réel pour tromper le prolétariat et l’asservir.

    Ainsi, «[L]a critique critiqueuses ne combat jamais les conditions réelles; elle ne combat que leurs reflets idéologiques».

    Dans «Das Kapital», Marx explique que:«[L]es rapports sociaux apparaissent sous la forme de rapports entre choses», déshumanisés, naturels, nécessaires, immuables, incontournables, quasi-divins.

    Ainsi, il poursuit: le «fétichisme» de la marchandise est la clé pour comprendre les médias: «[L ]e caractère fétiche de la marchandise et son secret proviennent donc de ce que le produit du travail, reflète aux hommes les caractères sociaux de leur propre travail comme des propriétés naturelles de ces choses» , la domination, l’exploitation, l’appropriation privée de ce produit comme naturelle et rationnelle.

    «Les formes économiques sous lesquelles s’opère l’échange dissimulent les rapports sociaux».

    «Une presse libre n’existe réellement que là où elle n’est pas la propriété privée (…) La liberté de presse formelle est l’absence de censure; la liberté de presse réelle est l’accès au matériel de publication», dans la société bourgeoise, au mieux elle est formelle, jamais réelle. (Débats sur la liberté de presse, 1842).(«La question juive», «Zur Judenfrage», 1843).

    «L’idéologie n’est rien d’autre que le processus par lequel le soi-disant penseur développe consciemment de fausses représentations, sans connaître les forces motrices dont elles dérivent».(Lettre à Franz Mehring, 1893).

    Les médias bourgeois ne sont jamais neutres: ils s’emploient systématiquement, tantôt ouvertement , tantôt frauduleusement, à imposer les intérêts de la bourgeoisie dominante comme représentant les intérêts universels de tous et ce, au mépris des intérêts du prolétariat dominée.

    Dans les États bourgeois, cette représentation médiatique mensongère de l’intérêt de la bourgeoisie comme commun et universel emprunte plusieurs formes: celui de la nation, de la patrie, de la langue, de la religion, du sexe, de la race, etc., or, toutes ces mystifications divisives n’ont pour but que de mobiliser le prolétariat contre ses intérêts de classe et de le détourner de sa mission historique de renverser la dictature de la bourgeoisie à l’origine de toutes les formes dérivées de l’exploitation de l’homme par l’homme: diviser pour régner.

    Tous les révolutionnaires prolétariens ont le devoir de répondre aux enseignements révolutionnaires communistes de Marx et d’Engels et de contribuer à l’éducation de leurs camarades en combattant de toutes ses forces la propagande bourgeoise sous tous ses masques, du plus subtil au plus évident, du féminisme au chauvinisme, en passant par le nationalisme et le patriotisme, des idéologies qui conduisent toutes à nier la lutte des classes et à servir la classe dominante qui profite de la division du prolétariat.

    PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS, CRÉEZ VOS PROPRES MÉDIAS D’INFORMATIONS ET DÉTRUISEZ LES MÉDIAS DE LA BOURGEOISIE.

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  • Normand Bibeau

    Ce que Marx et Engels ont décrit scientifiquement à l’effet qu’ «A toutes les époques, les idées dominantes sont les idées des classes dominantes» et que ces «idées dominantes» sont celles de ceux qui possèdent les moyens matériels permettant de payer ceux-là même qui conçoivent ces «idées dominantes» et les propagent, se démontrent entièrement par la propriété même des médias où ces «idées dominantes» sont conçues et propagées.

    Ainsi,
    «The New York Times» est la propriété de la famille milliardaire Ochs-Sulzberger grâce à des votes majoritaires;
    «Washington Post» est la propriété du milliardaire Jeff Bezos;
    «Wall Street Journal», «Times», «The Sun», etc. sont la propriété de la famille de Rupert Murdoch;
    «The Telegraph (Daily and Sunday)», propriété du milliardaire Lord Rothermere;
    «Le Monde» contrôlé par Neil Pigasse;
    «Le Figaro », propriété de la famille milliardaire Dassault;
    «The Globe and Mail», propriété de la famille milliardaire Thomson:
    Google, Meta, Apple et Amazone, sans être propriétaires des médias en dominent la distribution, l’agrégation d’audience et la publicité numérique, ce qui leur confère un contrôle sur la santé financière des médias, voire un droit de vie ou de mort sur le marché.

    Un des outils majeurs de contrôle du contenu des médias «grands publics» ( mainstream) est exercé par l’entremise des agences de presse mondiale qui alimentent tous les médias nationaux et locaux qui n’ont pas les moyens d’avoir des correspondants présents physiquement au lieu d’origine ou auprès de ceux qui font la nouvelle.

    Ainsi,
    UNITED PRESS ( U$A), est la propriété d’entre 300 et 1,500 médias américains tels le Chicago Tribunes, le Los Angeles Times, tous eux-mêmes propriétés d’un capitaliste.

    REUTERS ( Royaume-Uni), est une agence de presse mondiale qui appartient â la famille Thomson par leur holding Woodbridge Company.

    AGENCE FRANCE PRESSE ( AFP) appartient à des représentants de l’État, des représentants de la presse privée et de son personnel;

    XINHUA ( Chine) est la propriété de l’État chinois et diffuse la position du Parti «communiste» chinois;

    TASS (Russie) appartient à l’État russe dont elle est officiellement l’agence fédérale d’information.

    L’UNESCO a déjà écrit que 80% de «toutes les informations internationales» provenaient de ces 3 seules agences de presse «internationale» à-travers leur réseau d’agences affiliées et de leurs clients.

    En résumé, il ne fait aucun doute que Marx et Engels avaient parfaitement raison de conclure que les médias appartiennent à la classe dominante: capitalistes marchands en occident et capitalistes étatiques en Russie et en Chine et qu’aucun médias mainstream n’appartient aux prolétaires.

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