7 au Front

L’effondrement du capital global. Le modèle allemand

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.

Nul besoin d’être devin pour savoir que l’économie capitaliste allemande est en déclin, voire à la veille d’un effondrement systémique, à l’aube d’une récession économique mondialisée.

Voir l’article : L’économie allemande est en chute libre»; le patronat alerte sur l’ampleur de la déroute industrielle – les 7 du quebec

Quelques statistiques que les services d’État allemand dissimulent

– Avec son taux de chômage «officiel» à ~6,3%;
– un nombre de chômeurs dépassant les 3 millions;
– un taux d’utilisation des capacités industrielles à 78% (fin 2025);
– un niveau inférieur à celui des années 1980 ~83,3%.

Ainsi, l’économie capitaliste allemande est au plus mal et chaque fois dans l’histoire où l’économie s’est portée mal, la militarisation s’en est suivie. Qui dit militarisation aujourd’hui, dit la guerre demain… «Qui veut la guerre prépare la guerre…»

Après la crise économique de 1870-1880, le monde a subi la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918 où périrent plus de 14 millions d’individus; après le krach boursier de 1929, l’humanité a subi la Seconde Guerre mondiale ou 60 millions d’individus périrent sous les chenilles des Panzers divisions. Que nous réserve la guerre qui suivra la crise économique commencée en 2008 avec le crash des «subprimes», puis la crise de la pseudo pandémie du Covid et son confinement dément, suivi de la crise de la dette souveraine et privée adossée à des actifs inflationnistes surévalués puis dévalués?  Il n’y a que les idiots pour croire que les mêmes causes engendrent des conséquences différentes.

Qu’en est-il de l’économie allemande où Merz, le Hitler sans moustache, a annoncé son programme «Bazooka» de «relance» globale de la première économie européenne – le troisième bloc économique mondial – après le bloc américain et le bloc chinois?

PÉTROCHIMIE

Le secteur allemand de la PÉTROCHIMIE, longtemps un pilier de l’industrie allemande est à son plus bas niveau depuis 1991, au seuil de l’«agonie» avec un ratio d’utilisation de ses capacités de production à ~71%, un niveau  inférieur au taux de ~82% obligatoire pour assurer sa rentabilité. Pertes d’emplois :

– Evonik: suppression de ~2000 emplois d’ici 2026-2027;
– BASF: suppression de ~2,600 emplois depuis 2023;
– Fédération VCI ( chimie): avec les ~480,000 emplois restants, le secteur CHIMIQUE PHARMACEUTIQUE allemand est à son plus bas niveau d’emplois depuis 1991.

INDUSTRIE MÉCANIQUE

Dans le secteur de l’industrie MÉCANIQUE (hors auto et acier), une étude d’EY révèle que depuis 2022, l’industrie manufacturière allemande aurait perdu ~245,500 emplois industriels.

AUTOMOBILE

Le secteur de l’AUTOMOBILE a chuté dramatiquement en 2024 avec une diminution de la main-d’œuvre de  ~850,000 employés en 2020, à ~772,900 en 2024 et à  ~721,500 en 2025, pour une perte de ~48,700 emplois et un taux de chômage de ~6,3%, le plus haut taux de chômage depuis 2011-2012.

Volkswagen Group projette supprimer ~48,000 postes au niveau du groupe, dont 35,000, chez Volkswagen automobile seulement. Mercedez-Benz (Daimler Truck + AG): ~5,000 emplois.  Des pertes d’emplois de l’ordre de ~6 à ~7% pour ~51,000 employés par année.

SIDÉRURGIE

Dans l’industrie sidérurgique, le «crude steel», la débandade est totale. En 2024, avec une capacité nominale de production de 11,5Mt , le niveau de production peine à fournir  ~9Mt, ce qui représente une exploitation entre ~78 et  ~83% de sa capacité réelle.

Pour 2025, les projections estimées sont encore plus désastreuses. Avec une capacité nominale  de 11,5Mt, les capitalistes de l’industrie projettent une production de ~8,7Mt,  en baisse de  ~21,7.  La conséquence en sera le congédiement de ~11,000 esclaves salariés, soit environ 40% du total des 27,000 travailleurs allemands de la sidérurgie.

COMMERCE DE DÉTAIL /LOGISTIQUE/POSTES

Deutsche Post/DHL: supprimeront ~8,000 postes en 2025;
Retail: 1 entreprise sur 3 planifie des suppressions d’emplois.

TECHNOLOGIE/ SERVICE S (grandes entreprises)

SAP: planifie la suppression d’entre ~8 à ~10,000 postes pour 2025;
Médias/ RTL: supprimera ~600 postes en 2025.

FONCTIONS PUBLIQUES / ENTREPRISES PUBLIQUES

Deutsche Bahn (DB GROUP): ~30,000 postes supprimés jusqu’en 2029;
DB Cargo: ~ 5,000 postes supprimés d’ici 2029.

Dans les secteurs hors énergie et construction, la production a reculé de 4,9% en 2024 par rapport à 2023.En somme, selon une étude d’EY, la fabrication industrielle allemande a perdu 245,000 emplois depuis 2019 et les suppressions massives de postes annoncées s’élèvent déjà à des centaines de milliers préludent à une crise de l’emploi et de la pauvreté corrélative encore plus désastreuse et désespérante pour le prolétariat allemand.

Face à cette récession systémique dévastatrice du capitalisme qu’offre la bourgeoisie allemande, ses estafettes politiques et ses syndicats collabos pourris jusqu’à la moelle proposent un programme BAZOOKA de «relance» économique des profits pour les milliardaires et de taxes spéciales pour les prolétaires.

Présenté dans la plus pure tradition démagogique fasciste, avec les tambours et la fanfare des médias mainstream et alternatifs, MERZ, l’Hitler sans moustache et son gouvernement de coalition brun/vert/rouge, proclament la création d’«un fonds spécial» d’environ 500 milliards d’€uros  sur une dizaine d’années pour des «infrastructures, des transitions climatiques et des  investissements stratégiques et surtout, pour la réforme de la «Schuldenbremse», la loi constitutionnelle freinant l’endettement de l’État auprès du capital financier allemand et mondial et exigeant  la limitation des dépenses militaires à 1% du PIB.

L’examen de ce programme tonitruant de dépenses par l’État surendetté pour subventionner les capitalistes allemands/mondialistes et se soumettre aux diktats de Trump de porter le gaspillage militaire à 5% du PIB, le déficit budgétaire atteindra les  1,000 milliards d’€uros  en dépenses publiques en y ajoutant l’«effet de levier attendu» et surtout les «avenants multiples» planqués dans les clauses en petits caractères dont les capitalistes  corrompus ont fait leur spécialité. Déjà, les estafettes politiques des capitalistes sont passées à table avec le vote du budget spécial en mars 2025.

Parmi les laquais du capital, depuis les associations patronales jusqu’aux syndicats capitalistes collabos nés de l’époque nazie de collaboration de classes corporatives, en passant par leurs médias mainstream et alternatifs, c’est la foire d’empoigne, chaque charognard, patrons, syndicats collabos, groupes communautaires, médias, etc., tous les pirates sont sur le pont pour l’abordage du vaisseau amiral l’«État et sa banque centrale» afin de «voler, de piller, de brigander», chacun voulant tirer la mangeoire étatique – tout à lui –  pour s’emparer de la plus grande part des subsides, des subventions, des «prêts sans intérêt», des «aides», des programmes de «relocalistion», de  militarisation et de toutes les manigances politiques pour enrichir leurs maîtres, les milliardaires de Davos dans l’espoir de sauver leur peau et de récolter les miettes qui tomberont de l’orgie des deniers publics présents et à venir: «Les loups sont entrés au Bundestag, le QG du IVe  Reich».

CAPITALISTES EMPLOYEURS

La BDI (Fédération de l’industrie) et la BDA (employeurs), saluent «positivement» le programme spécial «Bazooka pour les riches» n’osant pas s’éclater ouvertement et publiquement de joie, ce qui trahirait clairement leur hystérie collective devant ce tout à l’égout étatique des deniers publics directement dans leur bouche souriante à pleines dents carnassière. Des «simplifications administratives équivalentes à aucun contrôle étatique en congédiant les fonctionnaires»; des «baisses d’impôts»; «subventions massives pour remplacer le gaz russe»; investissements massifs dans l’armement, le secteur le plus lucratif de l’économie allemande en banqueroute; (L’économie allemande est en chute libre»: le patronat alerte sur l’ampleur de la déroute industrielle – les 7 du quebec)   l’abolition de la limite à l’endettement déguisée en «investissements», tout y est: le père Noël Merz a rempli les bas de Noël sans fonds de ses maîtres du grand capital.

« L’appétit vient en mangeant» et les porcs capitalistes après avoir si bien mangé en redemandent.  Ils réclament que l’État s’attaque à l’«offre» c’est-à-dire à la production, soit en fait à la main-d’œuvre des esclaves salariés qui pourrait vouloir une part du gâteau et pire encore souhaiter améliorer leur sort de misère… que le plein poids de la loi s’abatte sur eux ces ingrats fulminent le patronat.

SYNDICATS COLLABOS

IG MÉTAL (métallurgie et automobile): conscient de leur rôle de KAPOS des capitalistes, les bureaucrates syndicaux approuvent le programme BAZOOKA de Merz (le néonazi), il faut bien sauver le «soldat Fritz», mais tout aussi conscient de la volonté de leurs patrons d’écraser leurs membres, ils sont «prudents» et, sans s’exciter, ils réclament «leurs miettes des ripailles» offert par l’État insolvable.  Trop lâches pour cogner sur la table, les KAPOS syndicaux réclament des «tables sectorielles» où ils seraient rémunérés pour négocier des «résultats concrets» en leur faveur, le tout présenté comme dans l’intérêt de leurs membres floués.

DGB / autres fédérations de KAPOS syndicaux: favorable à l’«investissement étatique massif dans les poches des capitalistes», comme leurs cousins d’IG MÉTAL, ils sont «prudents» et exigent leur «part» de l’endettement massif de l’économie allemande et de sa militarisation accélérée en prévision des guerres à venir. Comme tous les KAPOS DU CAPITAL, les bureaucrates syndicaux se prostituent aux crocodiles capitalistes convaincus qu’ils seront les derniers dévorés et peut-être que s’ils se sont rassasiés, ils seront épargnés, stupidités d’idiots utiles: les crocodiles capitalistes sont insatiables.  Ces agents des capitalistes infiltrés au sein du prolétariat, cette «Cinquième colonne de la bourgeoisie», promeut des «mesures sociales» accrues (sic) :  formation, budget contre la précarité et tutti quanti, ad nauseam, amen, tout et son contraire, mais surtout pas la vraie solution à cette crise globale du système capitaliste en perdition… l’insurrection populaire.

Que faisaient les NAZIS 1.0 en 1932-1933 ?

Ainsi, en 1932-1933 sévissait en Allemagne un chômage massif (~6 millions de chômeurs); effondrement du secteur industriel; inflation; chute du marché mondial.

Qu’est-ce que le NSDAP, le Parti national-socialiste des ouvriers allemands (NAZI), a-t-il proposé dès 1934 pour «relancer l’économie», quel fut son programme économique BAZOOKA 1.0?  Emprunts massifs par Mefo-Wechesel (lettres de change gouvernementales) et système «volontaire d’achat» («chaque Allemand aura sa Volkswagen») (sic).

Les NAZIS 1.0 (1932-1933) dans leur programme économique abolirent les restrictions à l’endettement et les limitations constitutionnelles aux dépenses militaires instaurées suite à la Première Guerre mondiale et ils lancèrent l’État fasciste dans un programme tous azimuts de dépenses publiques et de «contrôle de l’offre de travail» (gel des salaires).

Il suffit d’étudier la répartition des votes sur la «Loi des pleins pouvoirs au chancelier Hitler» du 23 mars 1933 ( Ermächtigungsgesetz») qui instaura la dictature NAZIE sur l’Allemagne pour appréhender l’avenir de ce pays: TOUS LES PARTIS POLITIQUES SAUF LE PARTI COMMUNISTE (KPD alors illégal, emprisonné ou recherché) ont voté pour cette loi fasciste totalitaire.

Que font les NAZIS 2.0 aujourd’hui ?

 Le même programme économique avec adaptation à l’époque contemporaine: moins de mensonges «autoritaires», plus de mensonges «démocratiques»; moins de «brun- noir» plus de «vert-rouge»; moins d’«uniformes kaki», plus de «vestons-cravate», mais toujours les mêmes programmes keynésiens capitalistes de militarisation de l’économie.

Pour sûr, la finalité de ce mode de production reste la même en Allemagne comme dans tous  les autres pays capitalistes, s’emparer des richesses collectives des autres peuples, les réduire à l’esclavage salarié, valoriser le capital et l’accumuler.  Le problème surgit quand le système par son fonctionnement même s’autodétruit – détruis le capital et ses mécanismes de valorisation.

Aux termes des deux dernières guerres mondiales et de   ~74 millions de morts, des centaines de millions de blessés, d’estropiés, de handicapés, de traumatisés, de centaines de milliers de milliards de destructions, la classe prolétarienne fut trahie par les sociaux-impérialistes soviétiques, les sociaux-fascistes de tout acabit, les démocrates renégats et toute la racaille des collaborateurs infiltrés dans ses rangs et aujourd’hui le prolétariat se retrouve face au même défi historique.  Saura-t-il s’unir et s’organiser en tant que classe pour en finir avec le capitalisme et l’exploitation de l’homme par l’homme et avec l’intérêt individuel égoïste, ennemi mortel de l’intérêt collectif?

 

PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS,
RENVERSEZ LE CAPITALISME, IL Y VA DE VOTRE SURVIE COMME ESPÈCE.

 

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

2 réflexions sur “L’effondrement du capital global. Le modèle allemand

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