La clé de la tragédie qui vient ?
Par IGCL/GIGC. Sur La clé de la tragédie qui vient ? – Révolution ou Guerre
Le numéro 32 (janvier 2026) de la revue Révolution
ou Guerre est disponible ici fr_rg32 
Qui pour douter des contradictions économiques insurmontables du capitalisme ? Plus grand nombre, sauf peut-être les spéculateurs de Wall Street et la mafia affairiste et corrompue autour de Trump et leurs semblables dans le monde qui se gavent comme jamais auparavant.
Qui pour douter de la marche à la guerre impérialiste généralisée ? Plus grand nombre non plus. Ni au sein de la bourgeoisie qui s’y prépare activement. Ni au sein du prolétariat qui commence à en subir les effets sur ses conditions de vie et d’exploitation. Seuls encore doutent ceux qui s’enfoncent la tête dans le sable et se refusent à voir la réalité. Malheureusement, il est même de ces autruches au sein du camp révolutionnaire.
Qui pour douter des réactions présentes, certes limitées, et futures des populations et du prolétariat aux conséquences de cette marche à la guerre ? Au sein de la bourgeoisie et de ses appareils d’État, il en est peu. Au point qu’ils se préparent, au niveau politique et répressif, à des manifestations et révoltes contre cette marche à la guerre. Un doute ? « Si nous avons un engagement majeur à l’Est [une guerre avec la Russie], cela ne se fera pas sans agitation sur le territoire national : actions de proximité, sabotage, voire manifestations, car je ne suis pas sûr que tous nos concitoyens soient favorables à ce type d’engagement. (…) Sans attendre forcément un engagement en tant que tel, je pense qu’on aura des manifestations, des actions, des retours en sécurité intérieure sur le territoire national. C’est à cette hypothèse que nous devons nous préparer [1]. » Aussi limitées furent-elles, les mobilisations prolétariennes de 2022, 2023 et 2024 au Royaume Uni, en France, aux États-Unis, ou encore des mobilisations de ces dernières semaines au Canada et en Belgique [2], pour ne citer que celles-ci, donnent un certain crédit aux craintes du général français.
À l’aube de 2026, la seule question qui vaille, la question clé, est celle qui va ouvrir soit la voie à la guerre généralisée, soit la voie à la révolution prolétarienne. Car c’est bien là la seule alternative qui se présente à l’espèce humaine. Sa solution est dans les mains du prolétariat et de ses minorités communistes. Elle se résume à la capacité du prolétariat à sortir victorieux de la confrontation massive de classes que chaque bourgeoisie est obligée d’engager contre son propre prolétariat.
Vu l’omniprésence et le caractère totalitaire des appareils d’État aujourd’hui – encore plus de nos jours du fait du numérique et maintenant de l’Intelligence artificielle –, toute réaction prolétarienne aux conditions qui lui sont imposées pour la guerre ne pourra s’affirmer et se développer qu’au moyen de la grève de masse, de la lutte en masse. C’est-à-dire en brisant aussi vite que possible l’isolement de toute mobilisation par l’envoi de délégations massives dans les rues et les lieux de travail les plus proches – et donc en s’affrontant aux forces de police, voire les milices, qui tenteront de les réprimer. C’est-à-dire en disputant aux syndicats et autres forces de gauche, voire gauchistes, la direction effective de chaque lutte. C’est-à-dire en brisant les cadres légaux régissant les soit-disant droits de grève, ceux-là même qui « autorisent » la grève à condition qu’elle soit inefficace. C’est-à-dire, in fine, en assumant le combat politique contre tout l’appareil d’État capitaliste.
La lutte prolétarienne de masse est à la fois économique et politique. Voilà pourquoi le rôle des minorités politiques dont se dote le prolétariat au niveau historique, aujourd’hui les groupes communistes, demain le parti communiste mondial, est tout aussi indispensable. Savoir s’orienter dans les tempêtes qui viennent, maîtriser au mieux « la grève de masse (…) comme la forme universelle de la lutte de classe prolétarienne » comme le définissait Rosa Luxemburg est du rôle et de la responsabilité quasi exclusive des forces communistes. Reconnaître les différents moments et terrains des batailles successives et adapter les mots d’ordre correspondants à chacun de ces moments feront que ces forces pourront jouer le rôle de direction politique effective du prolétariat tout au cours de son combat. Ce n’est qu’à ces conditions que la masse des prolétaires fera sienne les mots d’ordre du parti et que ses fractions les plus combatives et conscientes le rejoindront pour le renforcer.
Dans Que faire ? Lénine définissait ce rapport parti-classe, minorités communistes-masses prolétariennes, comme « la question fondamentale du rôle de la social-démocratie à l’égard du mouvement de masse spontané. » Cent-vingt ans plus tard, elle est encore plus fondamentale car la grève de masse est la seule arme dont dispose le prolétariat face à la guerre impérialiste et pour y opposer son insurrection de classe et l’exercice de sa dictature.

Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/01/a-chave-para-tragedia-que-se-aproxima.html
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