LA NÉCESSITÉ DE SE BATTRE POLITIQUEMENT EN TANT QUE CLASSE

Par Emancipation espagnole. Commentaires:
Dans un cadre de développement constant de la lutte pour les marchés, les jeux syndicaux et les «luttes démocratiques» menées par la petite bourgeoisie sont un piège qui n’a d’autre destin que d’instrumentaliser la résistance. Pour casser cette perfidie, nous avons besoin de slogans concrets qui nous permettent de faire avancer les luttes, mais aussi de former des groupes politiques qui accélèrent le développement d’un programme et d’un parti de classe.

La consolidation du «trumpisme» comme stratégie de toute la bourgeoisie aux États-Unis.

 
Alors que l’ appareil politique américain est plongé dans une parodie de destitution rituelle, le passage au Sénat du nouvel accord de libre-échange montre le consensus de la bourgeoisie américaine sur les résultats de la guerre commerciale ouverte par Trump  (sur commande du clan du grand capital résilliant qui l’a propulsé à ce poste. NdT). Ce qui est encore plus significatif: la seule opposition (go-gauche) – Sanders – est plus protectionniste que la droite libérale. L’essence du «trumpisme» est déjà pleinement acceptée par tous: à savoir que la définition des priorités militaires et politiques américaines est dictée d’abord par la balance commerciale (et par la balance des paiements sous un dollar fragilisé. NdT) et qu’elles sont renégociées pays par pays.

MANIFESTATIONS INDÉPENDANTISTES CONTRE LA PRESSE INTERNATIONALE LORS DU REAL MADRID- BARÇA

Le Premier ministre écossais a déjà officiellement demandé un nouveau référendum sur l’indépendance. D’un autre côté, la Cour de justice de l’UE a porté un coup sérieux au procès des organisateurs du référendum catalan sur l’indépendance, ouvrant pour la première fois la voie d’un positionnement anti-UE de la droite espagnole. L’image générale en Europe est celle d’une renaissance de la tendance à territorialiser la révolte de la petite bourgeoisie, la territorialisation de plus en plus imbriquée dans le déchaînement des rivalités impérialistes au sein de l’UE elle-même (et face à l’impérialisme Atlantique ajoutons-nous. NdT)

Mais la logique de fractalisation des divisions impérialistes et de la classe dirigeante dépasse le territoireLa territorialisation découle de plus en plus de l’ethnification où les classes et les sous-classes sont ethnisées  (pour être séparées et fragilisées NdT). Elle est de plus en plus grossière en Catalogne et en Bosnie, comme elle l’avait été en Syrie auparavant, mais elle acquiert désormais des dimensions continentales en Inde, où la nouvelle loi sur la citoyenneté met en danger les libertés minimales des musulmans de toutes les classes sociales. Comme prévu, la petite bourgeoisie musulmane mène les manifestations qui renforceront inévitablement le nationalisme  Indien laïc tant qu’il n’y a pas de réponse unique de la classe ouvrière, blessée deux fois par ce piège bourgeois  (face auquel la gauche ne sait que l’y enfoncé. NdT): blessée par une perte des libertés fondamentales;  blessée  et divisée en ce sens que la réponse reste la revendication des libertés au niveau ethnique et religieux, ce qui enferme la résistance ouvrière dans l’impasse bourgeoise. Et il y a  l’alignement impérialiste, pour lequel les candidats ne manquent pas. Dans quelques cas comme celui-ci, la nécessité de défendre les revendication d’émancipation fondamentale des travailleurs – en même temps que la solution de continuité avec les revendications anticapitalistes est clairement perceptible.

En France, le jeu syndical tente de baisser encore plus la barre des revendications  que prévu. La mesure est la « trêve de Noël » demandée par l’Élisée et à laquelle les dirigeants de l‘UNSA et de la CFDT ont déjà répondu. Cependant, « le choléra ne s’arrête pas » et la pression des travailleurs tente de tout bloquer. Le fait est qu’il n’est pas facile de briser l’oligarchie syndicale bien qu’une majorité de travailleurs soit clair que leur rôle est de mettre le licou au capital national. Une situation similaire était caractéristique des luttes de la fin des années 80 dans toute l’Europe. Et pourtant, sans une perspective et des exigences spécifiques qui nous permettent d’aller au-delà, il est presque impossible d’aller au-delà de l’assemblage militant spécifique qui prend le combat en main à chaque soulèvement (ne sachant pourtant pas où mener ce combat. NdT).
 
Qu’est ce que ça signifie? Que la priorité aujourd’hui est de former des groupes militants au sein des luttes, des groupes qui dépassent le cercle étroit d’une entreprise ou d’une revendication particulière. Groupes utiles à l’extension des luttes mais surtout à l’extension et à l’approfondissement de la conscience de classe. Sans ce «parti pour l’avenir» jouant un rôle actif, les luttes trouveront inévitablement un plafond trop bas pour atteindre même leurs objectifs immédiats. Il n’y a pas de lutte de classe qui va quelque part sans être reconnue et menée comme une lutte politique de classe.
 


Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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