«L’UE est finie et la Chine peut désormais déconnecter l’économie américaine» (Yanis Varoufakis)
Par Glenn DIESEN. Sur Glenn Diesen Français – YouTube
L’hégémonie des États-Unis mourra quand Pékin décidera de convertir les BRICS+ en un système de Bretton Woods… mais les Chinois ne sont pas pressés. Ils en construisent l’infrastructure. Source: Yanis Varoufakis : « L’UE est finie et la Chine peut désormais déconnecter l’économie américaine »
Glenn Diesen : Bienvenue à nouveau à tous. Aujourd’hui, nous avons avec nous Yanis Varoufakis, professeur d’économie, ancien ministre des Finances de Grèce et fondateur de DiEM25, le Mouvement Démocratie en Europe. Merci d’être revenu dans l’émission.
Yanis Varoufakis : Merci beaucoup de m’avoir invité, Glenn.
Glenn Diesen : Le discours sur l’Union européenne est devenu très polarisé, surtout ces dernières années. C’est-à-dire que soit tout est très bien, soit tout est très mauvais. Et autour de ces positions, nous avons des récits opposés sur cette posture binaire. Or, on peut soutenir que la coopération européenne est nécessaire et idéale, ne serait-ce que pour le pouvoir de négociation collective et l’aide à la gestion des relations. Mais je serais un peu sceptique quant au développement si autoritaire, au bellicisme et à la perte croissante d’utilité géoéconomique de l’UE. Pourtant, le bloc semble beaucoup changer, tout comme le soutien qu’il reçoit. Je me demandais : comment évalues-tu l’UE aujourd’hui et la direction dans laquelle elle se dirige ?
Yanis Varoufakis : Je crains fort qu’elle ne devienne de plus en plus farcesque. Tu as écouté von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, pas plus tard qu’hier. Dans une ambiance festive, alors qu’elle jouait les hôtesses avec Carney, le Premier ministre canadien, elle a pris la liberté d’engager l’Union européenne à accorder au Canada une « adhésion associée » ; ce qui, tu sais, aurait pu être une idée intéressante si cela existait en tant que concept. Elle l’a inventé sur-le-champ. C’est-à-dire que ces gens inventent les choses au fur et à mesure. Il me semble qu’ils sont dans un état de confusion très grave.
Mais permets-moi de commencer par le début, avec quelque chose que tu as dit dans ton introduction. Quand j’ai commencé à débattre de l’Union européenne au sein de l’Europe, ici en Grèce et aux États-Unis, j’ai regretté que le débat soit polarisé. Tu as utilisé ce mot : la polarisation ou les effets polarisants du débat sur l’Europe. Et cette polarisation se faisait entre les eurosceptiques — des personnes avec de bons arguments contre une entité gouvernementale paneuropéenne ; ce sont les burkéens, les eurosceptiques britanniques et d’autres eurosceptiques qui croient fermement que, pour qu’un gouvernement soit démocratique, il faut une correspondance biunivoque entre une culture, une langue, un parlement et un État. Et que cela ne pouvait pas se produire au niveau européen parce qu’il n’existait pas de démos européen.
Et si tu n’as pas de démos européen, comment vas-tu avoir une démocratie européenne ? Donc si tu finis avec une bureaucratie, celle-ci sera autoritaire. C’est l’argument eurosceptique que soutiennent pas mal de gens en Europe.
Ce n’était pas mon argument, parce que je crois sincèrement que le démos est quelque chose que nous créons. Tu es plus historien que moi : l’histoire du nationalisme européen des XVIIIe et XIXe siècles démontre qu’une nation est un produit historique, c’est quelque chose qui se forge. Les Américains n’étaient pas une nation avant de créer les États-Unis ; la majorité ne parlait même pas anglais. Donc l’idée qu’« il n’existe pas de démos européen et donc il ne pourra jamais y avoir de fédéralisation européenne démocratique » est un argument respectable, mais pas un que j’ai adopté.
Ensuite, de l’autre côté, tu as ce que j’appelle les « euro-loyaux », tu sais, les divers think tanks comme Bruegel et autres ; des gens très intelligents, mais pour qui l’Union européenne ne peut rien faire de mal. Même quand elle ruine les choses, ils ont une vision panglossienne selon laquelle c’est la meilleure des Europes possibles et donc nous devons la soutenir. Donc tu avais les eurosceptiques et les euro-loyaux. Je ne me suis jamais aligné sur aucun des deux. J’étais un eurocritique, mais au sens du mot grec ancien « critique » : quelqu’un qui pose les questions difficiles. Je voulais que l’Union européenne devienne une fédération démocratique.
J’ai été élevé en dehors de l’UE, en dehors du Marché commun. J’ai grandi sous une dictature fasciste — qui, soit dit en passant, était dans l’OTAN mais pas dans le Marché commun européen. Mes parents, mon cercle social, nous aspirions tous à faire partie de la famille démocratique européenne. Je savais — surtout quand j’ai commencé à lire l’histoire — que le Marché commun européen, l’Union européenne comme on l’appelle aujourd’hui, a été créé comme un cartel de grandes entreprises.
Il n’a pas été créé d’une manière qui ressemble à un État démocratique ni à aucun type d’État. Il n’a pas été le résultat d’un processus socio-économique et politique générant des tensions entre différentes classes sociales dont le résultat aurait été la création de quelque type d’État pour pallier et réguler ces tensions. Ce n’est pas ainsi que l’Union européenne a commencé.
Elle a commencé de la même manière que l’OPEP : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, comme un cartel. Et elle avait un nom de cartel : elle s’appelait la Communauté européenne du charbon et de l’acier. C’était un cartel du charbon et de l’acier, puis ils ont incorporé l’industrie des biens électriques, et plus tard ils ont coopté les agriculteurs via le Traité de Rome — les grands agriculteurs du nord de l’Europe, pas ceux du sud.
Mais j’avais encore l’espoir que, de crise en crise, l’Union européenne se développerait ; qu’elle se transformerait d’un cartel en quelque chose qui pourrait devenir avec le temps une fédération démocratique. Même quand je suis devenu ministre des Finances, la raison pour laquelle j’ai été élu pour représenter le peuple grec au parlement et être son ministre des Finances était que l’Union européenne avait exigé une énorme « livre de chair » du peuple grec.
Ils ont été des barbares par la façon dont ils nous ont traités.
Cependant, même si cela m’a touché de très près et que j’ai été élu pour affronter les pouvoirs factuels à Bruxelles, Francfort, j’ai gardé l’espoir que, à travers cette sorte de ce que j’ai appelé « désobéissance gouvernementale » (par opposition à la désobéissance civile) — j’étais un ministre des Finances désobéissant à l’Eurogroupe —, à travers ce choc, nous pourrions transformer l’Union européenne.
Nous pourrions avoir un Green New Deal pour l’Europe. J’ai travaillé très dur même après avoir démissionné, après avoir été écrasé par l’Union européenne. J’ai continué à maintenir cet européisme radical et progressiste. Tu as mentionné DiEM25 : nous l’avons créé pour concourir aux élections au Parlement européen en 2019 sur la base d’un programme — le Green New Deal pour l’Europe — qui transformerait cette Union européenne oligarchique, néolibérale, encline à l’austérité et dirigée par des banquiers, en une Union européenne des peuples.
Et, bien sûr, nous avons été écrasés. Ursula von der Leyen a été élue censément pour rendre effectif et promulguer — rappelle-toi le Green Deal — le billion d’euros qu’elle allait dépenser dans la transition écologique. Rien de tout cela ne s’est produit. Cela a été ignoré, oublié. Et maintenant nous avons le réarmement, nous avons le keynésianisme militaire et une Union européenne qui est un danger clair et présent pour les Européens et pour le reste du monde.
Pour abréger cette histoire : je n’ai plus d’espoir dans cette Union européenne. Je crois que cette Union européenne n’a pas perdu l’occasion de perdre chaque occasion de se transformer, et maintenant elle est si toxique… elle est fissurée. Regarde ce qui arrive à son squelette principal : l’axe franco-allemand. L’Allemagne est aujourd’hui totalement ingouvernable ; Alternative für Deutschland, qui est profondément antieuropéenne, raciste et quasi-fasciste, va de force en force. En France, tu as Le Pen, qui n’a jamais caché son antieuropéisme.
Donc, même si le centre radical rétablit son contrôle, ce sera en émulant l’extrême droite néofasciste et en adoptant encore plus d’austérité, ce qui crée plus de forces déflationnistes. Quand je dis forces déflationnistes, je veux dire la déflation des salaires, pas tant des prix. Et nous savons que c’est la recette de l’essor du nazisme et du fascisme. Donc cette Union européenne a fini par être le marchepied sur lequel le capitalisme défaillant de l’Europe a avancé vers un nouveau type de fascisme.
Glenn Diesen : Je me souviens que dans les années 1960 — je n’étais pas né — l’universitaire britannique David Mitrany écrivait que l’UE aurait deux avenirs différents. Il disait qu’elle pouvait être soit fonctionnaliste, soit fédéraliste. Il voyait le fonctionnalisme essentiellement comme la recherche de la fonction que l’UE pouvait avoir pour améliorer la sécurité, l’économie, la démocratie, et que cette fonction dicterait la forme de l’UE. Tandis que le modèle alternatif, soutenait-il, était le fédéralisme, où nous décidions d’abord une forme (la centralisation du pouvoir) et cela commencerait à dicter la fonction.
Sa préoccupation à l’époque — 60 ans se sont écoulés — était que l’UE commence à ressembler à l’Union soviétique avec cette concentration du pouvoir. Mais la raison pour laquelle je le mentionne, c’est que je ne vois plus clairement le modèle économique de l’UE. Vois-tu que les problèmes économiques vont au-delà des structures de l’UE ?
Yanis Varoufakis : Telle que je la comprends — et cela va sérieusement contrarier les européistes —, l’Europe n’a jamais eu de modèle économique propre conçu par elle-même. Les européistes aiment imaginer la Communauté européenne du charbon et de l’acier, le Marché commun et l’Union européenne comme un dessein européen, un modèle social européen. Cela n’a jamais été le cas. Cela a toujours été un dessein américain imposé et mis en œuvre par les États-Unis d’Amérique.
Nous avons cru que c’était notre œuvre. Il ne fait aucun doute qu’après la Seconde Guerre mondiale, la grande majorité des Européens voulaient une Europe unie qui rendrait la guerre irrelevante et la paix inévitable. Cela ne fait aucun doute : il y avait une soif d’Union européenne. Mais si tu regardes le cartel de grandes entreprises qui a été créé… qui l’a conçu ? J’ai passé pas mal d’années académiques à faire des recherches là-dessus.
J’ai écrit un livre il y a longtemps intitulé Le Minotaure global. Puis j’en ai écrit un autre intitulé Et les faibles subissent ce qu’ils doivent ?. Dans le cadre de mes recherches, j’ai lu abondamment à la Bibliothèque du Congrès à Washington les transcriptions des réunions des commissions du Sénat de 1946 à 1950. Et là se trouvait le dessein de l’Union européenne. Il n’a pas été conçu en Europe, il a été conçu à Washington.
Comme tu le sais très bien, lorsque les États-Unis sortaient de la Seconde Guerre mondiale, les partisans du New Deal étaient des personnes qui avaient massivement souffert jeunes après le désastre de 1929 et la Grande Dépression. Leur grande peur était que la Grande Dépression revienne en 1949. Ils parlaient de 1949 parce que c’était 20 ans après 1929.
La peur était qu’une fois la guerre terminée, toutes ces commandes se tarissent. Et en plus de la chute de la demande globale résultant de la fin de la guerre, s’ajouterait le retour des soldats, de la main-d’œuvre masculine. Il y aurait une augmentation de l’offre de travail et une réduction de la demande de travail, ce qui provoquerait un effondrement : 1949 serait une autre version de 1929. Et ils étaient déterminés à ne pas laisser cela se produire.
Donc la première tâche qu’ils avaient était de savoir comment reconvertir les usines qui fabriquaient des balles, des mitrailleuses, des porte-avions et des bombardiers pour fabriquer des appareils électroménagers, des avions commerciaux, des voitures, etc. C’était un problème technique qu’ils ont surmonté très rapidement grâce à ce que John Kenneth Galbraith a décrit comme la « techno-structure ».
La deuxième question était : d’où viendra la demande pour les produits de ces usines ? Parce que ces usines, une fois reconverties d’un usage militaire à un usage civil, pouvaient produire beaucoup plus de voitures, de machines à laver, de réfrigérateurs et d’unités de climatisation que ce dont les Américains avaient besoin.
La réponse fut : nous devons vendre aux Européens. Mais le problème était que les Européens n’avaient pas d’argent. Nous étions en cendres et nos systèmes monétaires détruits. Il n’y avait aucun moyen que l’Europe fournisse la demande globale nécessaire qui manquait à l’économie américaine. Donc ils ont décidé de nous « dollariser », en nous donnant accès au dollar américain, et ce fut le système de Bretton Woods.
Mais pour que cela fonctionne, ils devaient créer quelque chose comme l’Union européenne. Donc le cartel du charbon et de l’acier était une idée américaine. Il avait une dimension économique et une dimension militaire/géopolitique. La dimension politique et diplomatique était de s’assurer que les Français et les Allemands ne se battent plus. C’est-à-dire lier leurs grandes entreprises : créer un cartel de l’acier et du charbon en copropriété d’Allemands, de Français, d’Italiens du Nord, de Hollandais et de Belges. C’était le noyau de la Communauté économique européenne. Et coopter les agriculteurs français pour qu’ils ne causent pas de problèmes lorsque les marchandises traverseraient les frontières, en leur donnant une part des profits monopolistiques du cartel.
Ce fut un dessein américain, et le Plan Marshall avait pour but de financer cela, de le mettre en marche, avec les banquiers de Wall Street entrant pour compléter tous ces fonds par du crédit.
Prends le « miracle économique allemand ». Bien sûr, les ingénieurs allemands ont toujours été brillants, depuis l’époque du Kaiser. Mais que s’est-il passé ? Tu te souviendras qu’après la Seconde Guerre mondiale, les Alliés — surtout les Britanniques et les Français — avaient convenu entre eux que l’Allemagne serait désindustrialisée et transformée en un parc à thème bucolique. Ils sont allés jusqu’à faire sauter au moins 1700 usines. Ce sont les Américains qui, à un moment donné, lorsqu’ils ont conçu Bretton Woods, ont dit : « Non, non, non. Nous ne pouvons pas faire cela.
Nous avons besoin que l’Allemagne soit l’usine de l’Europe, de cette nouvelle Europe que nous créons. Et nous mettrons les Français à l’administrer. C’est pourquoi l’OCDE est en France. C’est pourquoi les Français ont eu beaucoup plus d’accès à la direction des institutions de la Communauté européenne.
Quand nous disons « le modèle économique de l’Europe », nous parlons d’un dessein américain. Et la raison pour laquelle je ne suis pas d’accord avec l’idée que dans les années 1960 l’Europe devait choisir entre « fédération » et « fonctionnalité », c’est que l’Europe n’aurait jamais opté pour la fédération. Elle ne s’y dirigeait pas dans les années 1960. L’Allemagne était très heureuse d’être l’usine de l’Europe et la France très heureuse de diriger le service diplomatique, l’OCDE, les débuts de la Communauté européenne à Bruxelles et que le français soit la langue dominante.
Ce qui s’est passé, c’est que le système de Bretton Woods a été dynamité, et ce sont les Américains eux-mêmes qui l’ont dynamité. Pourquoi ? Parce qu’il n’était plus soutenable. Et pourquoi n’était-il plus soutenable ? Parce que tout l’objectif du système de Bretton Woods depuis les années 1940 était de maintenir et reproduire les excédents américains : les exportations nettes des usines américaines qui iraient en Europe, et les Européens recevraient des dollars pour les acheter (financement de l’acheteur, en d’autres termes). Mais à partir de 1968-1969, à cause de la guerre du Vietnam et des tensions sociales internes, les États-Unis sont devenus un pays déficitaire.
Comme ils étaient un pays déficitaire, ils ne pouvaient pas maintenir des taux de change fixes, alors ils les ont dynamités. Les Européens sont restés complètement stupéfaits. Rappelle-toi quand le secrétaire au Trésor de Richard Nixon (qui a fait exploser Bretton Woods le 15 août 1971), un Texan nommé John Connally, a visité Bonn, Paris et Londres avec un message simple : « Le dollar est notre monnaie, mais à partir d’aujourd’hui c’est votre problème ».
Le dollar s’est dévalué et soudain le franc français et le mark allemand n’avaient plus de taux de change fixe. Ce fut une catastrophe pour le cartel. Penses-y : il est déjà difficile pour l’OPEP de s’entendre comme un cartel quand elle n’a pas le problème de la devise, parce que chaque baril de pétrole est coté en dollars. Imagine si le pétrole saoudien était coté dans une devise, l’indonésien dans une autre et l’iranien dans une troisième ; il n’y aurait aucun moyen de maintenir le cartel.
Donc les Européens, qui dépendaient de ce modèle que les Américains leur avaient octroyé, ont paniqué à la fin des années 1960 et au début des années 1970 en cherchant comment fixer à nouveau les taux de change. Les Américains ne s’en souciaient plus, parce qu’ils ont pris leur propre chemin avec le dollar et la financiarisation via Wall Street.
Les Européens, depuis 1970 (tu te souviens du Rapport Werner ?), ont commencé à essayer de fixer les taux de change pour créer un Bretton Woods européen, mais ils n’avaient pas l’expérience des Américains, ni leurs excédents, ni le gouvernement fédéral dont ils avaient besoin pour le faire. Ils ont continué à essayer : d’abord le Serpent monétaire, puis le Système monétaire européen (SME)… tous ont échoué. Le SME a rendu George Soros très riche en 1992 quand il a explosé. Donc à un moment donné, ils ont abandonné et dit : « D’accord, nous aurons une monnaie unique ».
Mais ils ont créé une fédération monétaire (une monnaie unique) sans fédération fiscale ni fédération politique. Et c’est ce que tu fais si tu veux créer un système permanent d’austérité, de très faible investissement, d’investissement négatif et de stagnation. C’est pourquoi, dans les fondations mêmes de l’Union européenne, tu as ce processus de stagnation et de désintégration, ce qui explique pourquoi des gens comme von der Leyen sonnent si insensés aujourd’hui.
Glenn Diesen : Tu as mentionné la monnaie commune, et elle est souvent critiquée pour ne pas avoir de fondations économiques claires et pour être traitée à la place comme un projet politique. Comment les gens ordinaires peuvent-ils comprendre la faille fondamentale de l’euro ?
Yanis Varoufakis : Je ne suis pas contre le fait d’avoir un système monétaire comme projet politique. L’argent est politique. Quiconque pense que l’argent est apolitique doit sérieusement reconsidérer sa compréhension de ce qu’est l’argent. Il n’y a rien de plus politique que l’argent. Donc je ne les blâme pas d’essayer de créer un système monétaire comme projet politique ; ce que je dis, c’est qu’ils l’ont fait d’une manière stupide. Permets-moi d’être direct : je suis trop vieux pour y aller avec des nuances.
Ce qu’ils ont fait était une folie, une stupidité. Je répondrai à ta question sur quelle est la faille fondamentale en termes non techniques, pour que tout le monde comprenne.
Pense à n’importe quel pays du monde : tu as deux piliers gigantesques qui soutiennent son économie : la banque centrale et le ministère de l’Économie ou du Trésor, et ils se soutiennent mutuellement. C’est comme un géant avec deux jambes. Le Trésor émet de la dette au nom de toute l’économie ; la banque centrale émet la monnaie, et ainsi ils se couvrent mutuellement. Quand il y a un problème bancaire ou monétaire, le Trésor vient à son secours ; cela se produit aux États-Unis, en Russie, en Chine, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie, partout.
Qu’avons-nous fait en Europe ? Nous avons mis la charrue avant les bœufs — c’est-à-dire qu’avant d’avoir l’union fiscale et politique, nous avons créé une seule jambe : la Banque centrale européenne — il n’y a pas de Trésor. Il n’y a pas de Trésor commun.
C’est ainsi que je l’explique à mes étudiants et aux gens dans la rue (les chauffeurs de taxi le comprennent très bien, tu n’as pas besoin de formation académique) : nous avons créé une banque centrale sans État ni Trésor, et nous avons environ 20 Trésors et États sans banque centrale.
Quand la City de Londres ou les pays scandinaves en 1992 ont eu des banques en faillite, ou en Corée du Sud en 1998 la dette privée a explosé, la banque centrale est venue au secours du Trésor et du système bancaire. L’État peut nationaliser les banques pour les sauver, les maintenir ouvertes et faire fonctionner les distributeurs automatiques parce que la banque centrale soutient l’État.
En Europe, nous avons créé une Banque centrale européenne avec des statuts qui lui interdisent d’aider les États à gérer une crise bancaire. C’est absurde. Parce que si tu refuses à la France, à l’Allemagne ou à la Grèce l’aide de la banque centrale pour sauver son système bancaire, l’alternative est qu’un État sans accès à la planche à billets doive s’endetter, faire en sorte que ses contribuables les plus faibles empruntent pour transférer les pertes bancaires des bilans des banques aux bilans de l’État. Et alors tu as une catastrophe.
Pour le dire de façon plus simple et allégorique : en créant l’euro comme nous l’avons fait (et je répète, je ne suis pas contre une monnaie commune si elle est bien faite), c’était comme retirer les amortisseurs de ta voiture et ensuite l’engager sur un chemin plein de nids-de-poule. C’est ce que nous avons fait.
Glenn Diesen : Cette analogie le résume très bien. Je voulais changer un peu de sujet vers l’aspect technologique et la politique industrielle. Tu as souligné que l’UE est en grande partie un cartel d’origine américaine, mais dans les années 1980, l’UE avait une certaine politique industrielle qui rivalisait avec celle des États-Unis. Edward Luttwak, par exemple, écrit beaucoup sur la façon dont dans les années 1980 les Européens, par des droits de douane et des subventions, ont aidé à construire des industries automobiles et aéronautiques très puissantes. Mais dès le début des années 1990, on voyait des déclarations inquiètes de la Communauté européenne disant qu’elle « risquait de devenir une colonie technologique des États-Unis et du Japon » parce qu’elle ne suivait pas le rythme du développement numérique.
Aujourd’hui, 30 ans plus tard, nous voyons que le développement technologique avance rapidement dans de nombreux pays tandis que l’UE n’a pas de plateformes technologiques propres. Il n’est pas contradictoire de dire que l’UE manque d’un écosystème numérique propre. On pourrait soutenir que la relation étroite avec les États-Unis a été un problème parce que nous avons accepté une dépendance totale à leurs plateformes. Comment vois-tu l’UE aujourd’hui ?
Parce qu’il ne s’agit plus seulement de technologies numériques ; la technologie numérique se transfère à toutes les industries. L’industrie traditionnelle où les Européens étaient forts est en train de tomber. Le secteur automobile allemand est le meilleur exemple : s’ils ne s’adaptent pas aux nouvelles technologies, ils ne survivront pas (ajouté au problème énergétique). Quel est le risque que l’UE devienne une colonie technologique de l’Amérique ou de quelqu’un d’autre ?
Yanis Varoufakis : Il n’y a pas de risques. Nous sommes déjà une colonie.
Glenn Diesen : (Rires) Eh bien…
Yanis Varoufakis : C’est comme dire : « Quel est le risque qu’il n’y ait pas d’oxygène sur la Lune ? ». Il n’y a pas d’oxygène sur la Lune. C’est fini. Nous sommes frits. Mais permets-moi de remonter un peu plus loin, Glenn. Tu as parlé de la politique industrielle dans les années 1980. Je ne crois pas que ce soit la raison pour laquelle nos industries en Europe, surtout les allemandes, étaient si puissantes dans les années 1980. Je reviens à ce que je disais sur la rupture de Bretton Woods par les États-Unis. Ce système reposait sur le fait que les États-Unis produisaient l’excédent que nous achetions avec leurs dollars. Cela a pris fin en 1971.
À partir des années 1980, ce recyclage des excédents et des déficits s’est massivement inversé. Les Américains sont passés d’être le pays sans déficit des années 1950 et 1960 à être les rois du déficit. Un déficit budgétaire fédéral massif, surtout après Reagan avec ses baisses d’impôts et ses dépenses militaires. L’économie américaine est devenue un gigantesque aspirateur qui absorbait les exportations nettes de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et plus tard de la Chine. Et comment payait-elle tout cela ? Avec des billets appelés dollars. Ils imprimaient des dollars et payaient avec.
La raison pour laquelle l’industrie chimique ou automobile allemande, ou Siemens, volait si haut était que les Américains leur fournissaient une demande énorme : ils achetaient tout ce qu’ils produisaient. Et dans ce contexte, Volkswagen et d’autres régulaient leurs propres industries (rappelle-toi le scandale de la technologie créée pour tromper les tests d’émissions). Il y avait beaucoup d’investissement dans la création de pouvoir monopolistique et la subversion des régulations. Cela a magnifiquement fonctionné pour les Européens jusqu’en 2008.
Même dans les années 1990, sur la vague de cette marée d’exportations vers les États-Unis, la Commission européenne (et lorsque la capitale de l’Allemagne a déménagé de Bonn à Berlin, aussi Paris) était enchantée d’adopter les idées de Margaret Thatcher sur le marché unique, ce qui a effectivement détruit toute politique industrielle et laissé le capital industriel faire ce qu’il voulait ; ce qui était bien tant que les Américains achetaient tout ce que produisait l’Europe.
Mais que s’est-il passé avec tous les dollars que le capital allemand, français ou italien accumulait en vendant aux États-Unis ? Tu ne peux pas faire grand-chose avec des dollars en Europe. Donc ces capitalistes (allemands, français, armateurs grecs…) ont envoyé ces dollars à Wall Street. Et qu’ont-ils fait de cet argent à Wall Street ? Ils ont acheté de la dette américaine. Ils ont financé le gouvernement fédéral des États-Unis en achetant des actions et de l’immobilier. Ainsi s’est inversé le recyclage des excédents et des dettes.
Ce fut ingénieux et ce fut la raison pour laquelle les États-Unis sont devenus le premier empire hégémonique qui devenait plus puissant à mesure qu’il s’endettait. Cela ne s’était jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Mais soudain, le rôle des banquiers de Wall Street est devenu gigantesque, parce qu’ils étaient chargés de recycler l’argent des autres vers la dette du gouvernement américain, le secteur immobilier et la bourse de New York. Donc ils ont dû être totalement dérégulés. Et une fois dérégulés, ils ont appris le truc de prendre un dollar envoyé par un capitaliste allemand et, par ingénierie financière, de le convertir en 100 dollars.
Cela a créé d’énormes bulles qui ont éclaté en 2008. Et que se passe-t-il quand ces bulles éclatent en 2008 ? Compare ce qui s’est passé aux États-Unis avec ce qui s’est passé en Europe. Si l’audience veut savoir pourquoi les États-Unis ne sont pas dans la situation difficile de l’Europe, considère la scène suivante :
À New York ou Washington, la bourse s’est effondrée, Lehman Brothers est mort, le toit du capitalisme s’écroule en morceaux. Ben Bernanke (alors chef de la Réserve fédérale), le président Bush d’abord puis Obama, avec les gens de JP Morgan et Goldman Sachs, s’assoient à une table et se posent la question pertinente : « Comment nous sauvons-nous ? ». Et ils ont eu l’idée du TARP : ils ont donné 800 000 milliards aux banquiers, puis d’autres plans qui, selon mes calculs, ont donné 11 billions de dollars aux banquiers pour les sauver.
Ils n’ont rien fait pour la classe ouvrière ni la classe moyenne, mais ils ont sauvé les banquiers. Et ils n’ont taxé personne pour le faire : ils ont créé l’argent à partir de rien en utilisant les mêmes trucs de Wall Street qui avaient provoqué la chute, cette fois pour le renflouer avec la participation active de la banque centrale. C’est ce qui s’est passé à Washington : la caste dirigeante s’est demandé comment se sauver et ils ont agi.
En Europe — j’en ai été témoin —, 28 Premiers ministres, ministres et banquiers centraux se réunissent et se posent une question très différente. La question n’était pas « comment nous sauvons-nous ? », mais : « Comment pouvons-nous prétendre que les règles de l’Union européenne qui ne fonctionnent plus fonctionnent encore ? ». Si tu réponds à cette question, tu ne te sauves pas : tu crées une catastrophe.
Ce qu’ils ont fait, c’est imposer l’austérité à tout le monde. Une austérité massive, parce que la Banque centrale n’était pas autorisée à sauver qui que ce soit (contrairement aux États-Unis). Ils ont créé une austérité énorme. Ils ont emprunté aux Européens les plus pauvres (aux Slovènes, Slovaques, Maltais) pour le donner à l’État grec qui était en faillite ; non pas pour le donner au peuple grec, mais pour le donner à la Deutsche Bank. Donc le Slovène ou le Slovaque prêtait effectivement de l’argent pour renflouer la Deutsche Bank. C’est un crime contre la logique.
Pour le justifier, ils ont commencé par une austérité massive en Grèce, puis en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, en France et finalement en Allemagne. Wolfgang Schäuble me l’a dit explicitement : « Je te fais avaler l’austérité parce que je veux l’importer en Allemagne, nous avons besoin de baisser les salaires ».
Donc voici ce qui se passe : d’un côté tu as des banques en faillite, des États en faillite et une demande globale en chute. Puis ils donnent le feu vert à la Banque centrale européenne pour imprimer des billions d’euros. Mais ces billions ne vont pas aux gens ordinaires qui en ont besoin. Non, tu ne donnes jamais l’argent à qui en a besoin, tu le donnes à qui n’en a pas besoin.
Le téléphone sonne et le PDG de Volkswagen décroche : c’est quelqu’un de Deutsche Bank à qui la BCE a donné des billions à taux d’intérêt zéro (ou même à -0,8 %). Le type de Deutsche Bank dit à celui de Volkswagen : « Tu veux un milliard gratuit à intérêt zéro ? ». Celui de Volkswagen dit : « Bien sûr, de l’argent gratuit ». Mais ensuite il ne l’investit pas, parce qu’il regarde par la fenêtre et voit des consommateurs appauvris qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des voitures type Tesla à haute valeur ajoutée. Donc le type de Volkswagen prend l’argent, n’investit rien dans la production, va à Francfort et achète des actions de Volkswagen elle-même. Les actions montent, son salaire et son bonus (liés au prix de l’action) montent, et il rit en allant à la banque. Mais ce n’est pas de l’investissement.
Pour donner une réponse courte à pourquoi nous sommes dans un état si néfaste en Europe : parce que nous n’avons pas investi pendant 20 ans. L’industrie allemande ressemble maintenant aux machines à écrire électriques Olivetti de la fin des années 1970. Elles étaient belles, mais une fois l’ordinateur personnel sorti, elles sont devenues obsolètes. Il n’y avait pas de réduction de salaires dans le monde qui pouvait sauver Olivetti quand le PC est arrivé. Maintenant nous avons des véhicules électriques dans lesquels les Allemands ont oublié d’investir. Et voilà : Kaputt, fin du jeu.
Glenn Diesen : J’aime cette explication. Elle pose des problèmes de légitimité plus larges pour l’UE, parce que si l’autorité vient des règles et de l’aspect légal, cela ouvre une boîte de problèmes futurs. Ma dernière question portait sur quelque chose qui impacte l’économie : ces guerres à l’étranger. Concernant la guerre contre l’Iran, l’UE a une participation moins directe ; elle a commencé avec un certain enthousiasme initial, mais maintenant on voit les Européens essayer de prendre leurs distances, ne voulant pas de responsabilité directe pour le désastre qui s’annonce. Mais dans la guerre avec la Russie, je dirais que les Européens ont un rôle significatif. Le point commun entre les deux guerres est l’énergie : d’abord nous nous sommes coupés de l’accès à l’énergie russe, et maintenant nous voyons le pétrole saoudien brûler et les premières exportations coupées semblent être vers les Européens.
Comment cela affectera-t-il l’avenir de l’Europe ? On penserait que trouver une architecture de sécurité commune avec les Russes ou stabiliser le Moyen-Orient serait dans notre intérêt, mais nous ne faisons ni l’un ni l’autre.
Yanis Varoufakis : Vers 2009-2010, quand la crise de la zone euro éclatait et que je m’impliquais dans les débats politiques (puis comme ministre des Finances), chaque fois que j’avais l’occasion de parler à un fonctionnaire européen, je lui disais : « Écoutez, les gars, il est clair que nous avons une récession massive (je l’appelais dépression après la crise financière de 2008). Comment devons-nous répondre ?
Clairement, nous devons stimuler l’investissement. C’est ce qu’on fait dans une récession massive : stimuler l’investissement, pas tant la dépense (c’était le New Deal de Roosevelt ; Hitler aussi a stimulé l’investissement, le mauvais, en investissant dans des chars et des chasseurs, et le résultat fut la mort de dizaines de millions de personnes, mais face à une Grande Dépression, il faut répondre par l’investissement) ».
Et je disais : « Quelle est la seule chose que cette Union européenne devrait faire ? ». Si tu regardes la carte de l’Europe, tu as tous ces États dispersés. Nous sommes censés être une Union européenne, mais quel est l’intrant numéro un pour tout ce que nous produisons ? L’énergie. Et nous n’avons pas d’union énergétique. Ne devrions-nous pas créer une union énergétique ? J’essayais d’être technique : nous avons beaucoup de vent au nord, des vagues dans le golfe de Gascogne et sur les côtes du Portugal, beaucoup de soleil en Grèce… Ne devrions-nous pas avoir un plan pour récolter et exploiter toute cette énergie gratuite en tant qu’Européens et nous interconnecter, de sorte que l’électricité solaire grecque voyage vers l’Allemagne ?
Mais cela nécessite une union énergétique. Nous n’avons toujours pas d’union énergétique, Glenn. L’Allemagne a ses propres centrales, la Grèce les siennes, l’Italie les siennes… Nous importons du GNL du Texas et du Nouveau-Mexique, nous nous sommes déconnectés de la Russie et nous n’avons pas de plan.
Même sur la guerre elle-même, nous en avons discuté plusieurs fois : quel est le plan pour gagner la guerre ? Disons que nous voulons prendre Moscou et mettre Poutine dans un bunker comme Hitler (parce qu’ils font ces parallèles absurdes entre Hitler et Poutine). En supposant que tu croies que Poutine est le nouveau Hitler, quel est le plan pour prendre Moscou ? Il n’y a pas de plan. Ils n’ont aucune idée d’où ils vont sortir l’argent. Même les 800 000 milliards du programme de restructuration et de réarmement de von der Leyen sont de l’argent emprunté que personne ne prêtera parce qu’ils n’ont pas les coussins fiscaux pour l’absorber.
Comment vont-ils aider l’Ukraine ? Ils ont emprunté 90 000 milliards, c’est leur limite. Le budget communautaire est sous forte pression et la France veut réduire ses contributions, pas les augmenter. Donc ils n’ont pas de plan pour la guerre. Si tu leur demandes quel est le plan pour la paix, ils ne l’ont pas non plus. Ils n’ont pas de plan pour l’union énergétique. Ils n’ont de plan pour rien et ils vont d’annonce en annonce, lesquelles ressemblent à des écrans de fumée. Chaque annonce est moins crédible que la précédente.
Maintenant ils vont faire venir le Canada dans l’Union européenne, ce qui est prédéterminé et absurde. Vont-ils faire entrer le Canada dans le marché unique et facturer aux Canadiens leur participation à la création de normes sur lesquelles ils n’auront aucune autorité ? C’est absurde. Chaque chose qui sort de la bouche de Kaja Kallas ou de von der Leyen ne fait que nous rappeler que l’Union européenne est un produit de notre imagination collective.
Glenn Diesen : Oui, ce plan m’a manqué aussi. Même dans la guerre, si tu as une stratégie, comment les vaincs-tu, quelles ressources mobilises-tu ? Et qu’implique vaincre la plus grande puissance nucléaire du monde qui sent qu’elle lutte pour son existence ? J’ai beaucoup de questions et il n’y a pas de réponses…
Yanis Varoufakis : Surtout si tu n’es pas disposé à envoyer des troupes sur le terrain.
Glenn Diesen : Exactement. J’ai mes doutes qu’il y ait quelqu’un qui dirige cette discussion. J’avais une dernière question. Nous avons discuté plus tôt de la façon dont les bons étaient recyclés pour acheter des bons américains, mais ces jours-ci le marché obligataire aux États-Unis traverse beaucoup de problèmes. Initialement, nous avons vu que des adversaires des États-Unis comme la Chine ou la Russie ont cessé d’acheter des bons. Mais maintenant nous voyons que même des alliés (non seulement les Japonais, mais aussi les Européens) passent d’acheteurs à vendeurs. Vers où cela va-t-il et comment analyses-tu les conséquences ? Cela semble démanteler les avancées des 50 dernières années.
Yanis Varoufakis : Je faisais des recherches sur les chiffres et j’ai regardé les rendements des bons du Trésor à 10 ans des États-Unis, le taux d’inflation aux États-Unis et le taux d’intérêt de la Réserve fédérale. Hier même, ils étaient exactement les mêmes qu’en septembre 2001. Historiquement, il n’y a pas une si grande différence. Ce qui se passe, c’est que nous nous sommes habitués ces 15 dernières années (à cause de l’assouplissement quantitatif) à des taux d’intérêt extrêmement bas et à des forces déflationnistes.
Mais je ne crois pas que les Européens vont cesser d’acheter des bons. Que vont-ils faire ? Quand BMW ou BASF vendent des produits aux Américains et gagnent des dollars, que font-ils de ces dollars ? Les convertir en euros ? En aucun cas. Ils achèteront des bons, ils continueront d’acheter des bons. Les Chinois ont cessé d’acheter des bons du Trésor américain, mais ils n’ont pas vendu leurs réserves ; ils ont encore un stock énorme.
Et maintenant il y a un autre acteur en jeu : les stablecoins (cryptomonnaies stables libellées en dollars américains). Les Japonais ont réduit de moitié leurs avoirs en bons, mais sais-tu ce qu’ils ont fait de l’argent ? Ils ont acheté Tether et Circle, des cryptoactifs libellés en dollars. Et qu’a fait Tether de l’argent reçu des Japonais ? Acheter des bons américains.
Glenn Diesen : Donc le système continue de fonctionner. (Rires)
Yanis Varoufakis : Le système continue de fonctionner jusqu’à ce qu’il cesse de fonctionner. Mais il ne cessera pas de fonctionner à cause de quelque chose que feraient les Européens ou les Russes ; il ne cessera de fonctionner que lorsque les Chinois décideront de se découpler du système du dollar américain. Et ils ne l’ont pas décidé : ils ont 4,5 billions de dollars investis en dollars. Si tu avais 4,5 billions de dollars sur un compte bancaire suisse, te découplerais-tu du système bancaire suisse ?
Glenn Diesen : Je suppose que non. Bien que tu voies que, tandis que Russes et Chinois se découplent un peu des États-Unis, ils continuent de travailler avec ces stablecoins américains (comme le système de paiement russe A7 connecté à Tether pour contourner les sanctions). Peut-être ne se découplera-t-il pas complètement, mais qu’il ne fera que se transformer…
Yanis Varoufakis : Indubitablement. Permets-moi de faire une prédiction sur quand mourra l’hégémonie des États-Unis : elle mourra quand Pékin décidera de convertir les BRICS+ en un système de Bretton Woods.
Rappelle-toi comment j’ai décrit le système de Bretton Woods : un système de taux de change fixes ou quasi fixes où la puissance hégémonique excédentaire (qui serait maintenant la Chine) recycle ses excédents vers les autres pays au sein de ce nouveau BRICS+ et maintient les taux de change fixes en utilisant le pouvoir de ses propres excédents.
Quand la Chine décidera de faire cela — jouer au sein des BRICS+ le rôle que les États-Unis ont joué dans Bretton Woods après 1944 —, alors les États-Unis seront dans de sérieux ennuis et ils le savent. C’est l’une des raisons fondamentales pour lesquelles les tensions avec les Chinois augmentent.
Glenn Diesen : Pourquoi ne l’ont-ils pas encore fait ? Au sommet des BRICS en Inde, beaucoup ont commenté qu’ils avancent très lentement…
Yanis Varoufakis : Parce que les Chinois ont un horizon à 300 ans, ils ne sont pas pressés. Ils en construisent l’infrastructure : avec mBridge, avec l’alternative à SWIFT basée sur la blockchain, avec la monnaie numérique de la Banque centrale chinoise… Ils construisent l’infrastructure avec la robotique améliorée par l’IA qui augmentera la productivité agricole en Indonésie, en Malaisie et dans d’autres grands pays des BRICS+. Ils la construisent et ne sont pas prêts à agiter le nid de guêpes pour l’instant ; ils veulent s’assurer que l’infrastructure est prête avant d’aller dans cette direction.
Mon interprétation (ou ma spéculation) est qu’ils attendent que les Américains franchissent le Rubicon. Les Américains ne l’ont pas encore franchi. Trump 2.0 l’année dernière a menacé de droits de douane de 150 % aux Chinois et a tenté d’en imposer certains.
Ils ont répondu doucement en disant : « Dans ce cas, oubliez l’accès aux métaux critiques », et il a fait marche arrière. Donc ils attendent le prochain mouvement du président américain (pas nécessairement Trump, les démocrates sont tout aussi mauvais ; rappelle-toi que c’est Biden qui a introduit l’absurde loi sur les puces pour signaler aux Chinois qu’on ne leur permettrait pas d’avancer technologiquement, ce qui fut la plus grande erreur géoéconomique de l’histoire).
Je crois que les Chinois appliquent le vieux proverbe : « N’interromps jamais ton ennemi quand il commet une erreur ». Ils le laissent commettre une erreur et une autre. À un moment donné, ils seront prêts à faire le pas.
Glenn Diesen : Yanis, merci beaucoup d’avoir pris le temps et de nous avoir expliqué comment les Chinois pourraient finir par débrancher l’économie des États-Unis. Merci encore pour ton temps.
Yanis Varoufakis : Merci à toi. Cela ne signifie pas que j’ai raison, c’est ma spéculation, mais c’est le mieux que je puisse faire étant donné les faits tels que je les vois.

Par Glenn DIESEN. Sur
Jean Monnet était un informateur rémunéré de la CIA.
« L’UE est finie et la Chine peut désormais déconnecter l’économie américaine », ah oui, Vraiment ?
Dans un premier temps, rappelons que la position qu’occupe la Chine à l’heure actuelle en matière de technoscience est le fruit d’une volonté politique internationale. Des partenariats d’ampleur unissent l’Europe et la Chine. Ils sont si conséquents que le narratif d’une Chine, ennemie ou concurrente mortelle de l’Occident, est une fake news.
Ensuite, citons l’extrait d’un article du blog de Youri Rochka (journaliste indépendant de la République de Moldavie, ancien député et vice-premier ministre), intitulé « Une perspective lucide sur le monde d’aujourd’hui », qui dit :
« La Chine s’aligne à 100 % sur l’ensemble du programme mondialiste concernant le changement climatique, les objectifs durables de l’ONU, la grande réinitialisation, la 4eRI ou « 4e révolution industrielle », la révolution de l’IA, la surveillance et le déploiement des vaccins. Il existe une concurrence entre les États-Unis et la Chine, mais ils sont l’un pour l’autre le plus grand partenaire commercial, de sorte que toute hostilité entre eux est contre-productive pour les deux parties. La Chine est entrée dans le giron mondialiste en 1971, lorsque Kissinger et Nixon ont rendu une visite amicale à Mao Tse Tung et Chou Enlai. Ils ont conclu un accord avec la Chine pour permettre le transfert de la base manufacturière du monde des États-Unis vers la Chine. Cet accord est toujours en vigueur. La Chine n’en serait pas là aujourd’hui sans la coopération et l’assistance explicites des mondialistes. La Chine est le leader en matière de technologie de surveillance. La moitié des caméras de surveillance dans le monde se trouvent en Chine. Il y a environ 1 milliard de caméras de surveillance dans le monde, dont 54 % en Chine. Le système de surveillance de masse comprend les médias sociaux et le contrôle en ligne. C’est en Chine que le confinement a été le plus agressif et le plus brutal pendant la pandémie. »
NB : Abracada…BRICS ! Tout changer pour que rien ne change.
« La Chine adoubée par la City de Londres… ce qui confirme bien que Wall Street n’est en fait qu’une succursale de la City et l’a toujours été », est le titre d’un article de Ariel Noyola Rodríguez, paru sur Russia Today le 30/10/2015.
Dans cet article, nous pouvons lire que « Pékin, après des années de tractations en coulisse est entré dans les petits papiers de la City de Londres. La visite que le président Xi Jinping a effectuée à Londres, entre le 19 et le 23 octobre 2015, a posé les bases de la fondation d’une époque dorée entre la Chine et le Royaume-Uni, bases sur lesquels les deux pays s’appuieront pour donner une impulsion au yuan comme monnaie de l’économie mondiale. Pékin désire que le yuan devienne une monnaie de réserve mondiale. Bien que le chemin pour parvenir à la pleine convertibilité soit encore très long, la Chine a vu augmenter la présence de sa monnaie plus que tout autre pays au cours des dernières années. Le yuan est aujourd’hui la deuxième monnaie la plus utilisée pour le financement du commerce, et la quatrième la plus sollicitée pour effectuer des paiements transfrontaliers, selon les données de la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT, pour son sigle en anglais). Dans un deuxième temps, le gouvernement chinois tourne son regard vers l’Europe du Nord. Pour positionner sa monnaie dans le groupe des opérateurs majeurs, la clé est l’assistance technique des pays occidentaux. La Chine a commencé à relever le niveau de son partenariat stratégique avec le Royaume-Uni, qui malgré le déclin de son économie, est toujours chef de file dans la gestion de la finance internationale. Ce n’est pas rien que la City de Londres ait le plus grand marché des changes dans le monde, et réunisse le plus grand nombre d’opérations de gré à gré. Mi-2013, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à promouvoir l’utilisation du yuan en Europe. L’Allemagne, la France, la Suisse et le Luxembourg sont entrés en compétition par l’installation de banques de règlements directs (RMB offshore clearing banks) afin de faciliter l’utilisation de la monnaie du peuple. Cependant, aucun d’eux ne constituait une menace grave pour le Royaume-Uni. La ville de Londres a enregistré plus de la moitié des transactions libellées en yuans dans l’ensemble du continent européen. Comme l’économie britannique est embourbée dans la stagnation, et menacée de près par la déflation (baisse des prix), le gouvernement de David Cameron insiste désespérément pour renforcer ses liens avec les pays d’Asie-Pacifique, et surtout avec la Chine qui, malgré son ralentissement au cours des dernières années, continue à contribuer pour 25% à la croissance du produit intérieur brut mondial (PIB). Pour le chancelier de l’échiquier du Royaume-Uni, et favori du Parti conservateur pour le poste de Premier ministre en 2020, George Osborne, le monde d’aujourd’hui est confronté à une nouvelle configuration géopolitique et économique, dans laquelle la Chine joue un rôle de premier plan. Le commerce ne se concentre plus seulement entre les États-Unis et l’Union européenne. Voilà pourquoi, pour la City de Londres, le commerce et les opportunités d’investissement avec Pékin passent avant le mandat d’alignement sur l’agenda de Washington. Une preuve en est que, en mars dernier, le Royaume-Uni a rejoint les fondateurs de la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures, menée par la Chine. Cette institution a mis fin à la domination de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement en Asie (qui sont sous influence américaine). Le soutien du gouvernement de David Cameron sera décisif dans les prochaines semaines. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il votera en faveur de l’inclusion du yuan dans les droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de devises créées par le Fonds monétaire international (FMI) en 1969, qui comprend actuellement le dollar américain, l’euro, le yen japonais et la livre britannique. En bref, les États-Unis ne réussiront pas à empêcher l’essor du yuan. Les turbulences sur le marché boursier de Shanghai ces derniers mois n’ont pas eu d’impact sur la confiance du Royaume-Uni dans le développement de l’économie chinoise, bien au contraire, le pari est maintenant plus ambitieux : grâce à la City de Londres, Pékin est sur le point de réaliser la mondialisation du yuan sur une échelle sans précédent … »
Restons en 2015, dans le numéro 138 du magazine « Vers la Tradition », dans lequel Yves le Cadre terminait ainsi son article intitulé « Les colonnes d’Hercule » : « Nous voilà parvenus à l’époque contemporaine et à la prédominance de la culture occidentale, plus précisément anglo-saxonne, portée à l’extrême dans son expression américaine et au règne du dollar voué à la production effrénée et au négoce des quantités. D’abord, à la suite de la première guerre mondiale, où beaucoup de pays n’ont plus d’or, puis suite au krach boursier de 1929, le système monétaire qui était basé sur l’or s’effondre. Survient la deuxième guerre mondiale, avec la même conséquence que précédemment, et, au sortir de la guerre, les États-Unis, qui occupent une position de supériorité incontestable, imposent le dollar qui, seul, est convertible en or. Puis, à la suite de diverses péripéties impliquant de nombreuses banques et banquiers occidentaux, la convertibilité du dollar en or est abandonnée en 1971 et la disparition du système monétaire international engagée. Le dollar « $ » règne en maître, et il va progressivement intégrer sous sa bannière toutes les autres monnaies et leur imprimer consciemment ou inconsciemment les symboles inversés de la contre-tradition, à savoir 2 barres, parfois simplifiées en un seul trait, au travers des monnaies modernes. Tout d’abord, la livre sterling « £ », qui au milieu de son sigle L, fut dès avant la première guerre mondiale, la première à introduire une barre en travers du L. Puis, dans un espace de temps relativement court, l’euro « € », qui inscrit deux barres dans son travers, le yen japonais deux barres sous le Y (¥), le yuan chinois une barre sous son Y (¥), sans oublier le Rouble russe (₽), et pour finir, en 2009, à notre grande stupeur, la roupie indienne, une barre sous le R (₹) de roupie en dévanagari. Ainsi, le pays dernier refuge de la tradition, s’abandonne officiellement aux démons du monde moderne. Citons la déclaration que fit M. Ambikar Soni, ministre indien de l’époque : « le nouveau symbole donnera à la monnaie indienne son identité propre. Il distinguera la roupie des autres monnaies et mettra en lumière la force et la mondialisation de l’économie indienne ». Maintenant, il faut bien comprendre que tous ces sigles et symboles monétaires internationaux ne sont que des signes d’allégeance et de soumission au roi dollar, nouveau roi du monde inversé. »
Le symbole du dollar, disent certains, est le résultat de la composition d’un bâton et d’un serpent qui s’enroule sur lui : le bâton signifie le commandement et le pouvoir, tandis que le serpent qui monte en ondulant signifie le progrès accompli à travers la puissance de l’argent (progrès entendu dans l’acception de chemin vers la Gouvernance mondiale).
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction-livres-de-femmes.html
À propos de démocratie et autres conséquences de l’invasion romaine…
La démocratie : est une erreur, un leurre, une illusion.
La démocratie est le vêtement dont se pare le pouvoir sous le prétexte qu’existe une représentation populaire, mais cette représentation est, dans les faits, c’est-à-dire concrètement, non pas populaire mais contrôlée par des partis politiques sous influence des « puissances d’argent ».
« Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel. » (R. Guénon, La crise du monde moderne)
« Le suffrage universel, considéré à lui tout seul et agissant dans une société fondée sur l’inégalité économique et sociale, dit Mikhaïl Bakounine, ne sera jamais pour le peuple qu’un leurre ; de la part des démocrates bourgeois, il ne sera jamais rien qu’un odieux mensonge, l’instrument le plus sûr pour consolider, avec une apparence de libéralisme et de justice, au détriment des intérêts et de la liberté populaires. »
On comprend, alors, pourquoi le pouvoir politique se fonde volontiers sur l’ignorance du peuple et s’accroît d’autant que les esprits sont faibles, les gens incultes.
Le « suffrage universel », rappelons-le, c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion, issue de cette « masse » éminemment « plastique », est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, grâce au « programme » scolaire ou universitaire « imprimé » dans les esprits, à l’aide d’une propagande et autres suggestions appropriées (démagogie, sondages), mais aussi et surtout par la PEUR, ce véritable « fonds de commerce » des « puissances d’argent » (crises économiques, chômage, violences, virus, guerres, terrorismes, attentats, pandémies, etc.), y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé. C’est ce qu’on appelle la « fabrication du consentement ». Et les médias de masses, pour la plupart subventionnés (stipendiés serait plus juste), tels que la presse écrite, la TV, radio, cinéma, jeux vidéo, publicité, affichage urbain, sites web, « Wiki », etc., aident grandement à la manœuvre en diffusant des mensonges et des hypocrisies à des doses tellement fortes et tellement fréquentes, que la majorité de la population n’est finalement plus à même de réagir, si ce n’est dans la direction voulue par ceux qui gèrent ses choix.
C’est pour cela qu’on a pu dire que « l’opinion, c’est l’erreur du plus grand nombre ».
« Ce n’est pas le nombre qui compte, dit Gandhi, mais la qualité… Je ne conçois pas le nombre, ajoute-t-il, comme une force nécessaire dans une cause juste. » Et René Guénon de confirmer : « L’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence, que celle-ci résulte d’ailleurs du manque d’intelligence ou de l’ignorance pure et simple, car la majorité, sur n’importe quel sujet qu’elle soit appelée à donner son avis, est toujours constituée par les incompétents, dont le nombre est incomparablement plus grand que celui des hommes qui sont capables de se prononcer en parfaite connaissance de cause. » (R. Guénon, La Crise du Monde Moderne).
On comprend, alors, pourquoi le pouvoir politique se fonde volontiers sur l’ignorance du peuple et s’accroît d’autant que les esprits sont faibles, les gens incultes.
NB : Après le siècle des « lumières » et des révolutions « spontanées », la Subversion allait avoir la « chance » inouïe de trouver un « allié » puissant qui allait, jusqu’à aujourd’hui, user du droit d’intervention dans les affaires intérieures des autres pays : au nom d’un nouveau principe de solidarité internationale, celui des états nationalistes et démocratiques s’entraidant à secouer le joug des prétendues tyrannies traditionnelles. Jadis les hommes se sacrifiaient pour ce qu’ils aimaient. Aujourd’hui, rendus « libres » à la faveur de la démocratie, ils sont désormais contraints de se faire tuer au besoin pour le diable en personne ou pour l’intérêt du Capitalisme, ce qui revient au même.
La démocratie est le vêtement dont se pare le pouvoir sous le prétexte qu’existe une représentation populaire, mais cette représentation est, dans les faits, c’est-à-dire concrètement, non pas populaire mais contrôlée par des partis politiques sous influence des « puissances d’argent ».
De plus, toute élévation du type humain demande un régime aristocratique. La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents. C’est pourquoi la démocratie est intimement liée à la conception « égalitaire » si chère au monde « moderne ». Ce n’est donc pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Une élite véritable ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la démocratie ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est, effectivement, le cas du monde actuel.
Le Marxisme paraît défendre les travailleurs parce qu’il semble vouloir tout remettre au pouvoir de l’État afin d’assurer une meilleure répartition des biens et des fortunes, alors qu’en réalité son but est, en conquérant les masses ouvrières par la ruse, de tout accumuler entre les mains (encore et toujours) des « puissances d’argent », dissimulées et camouflées derrière des partis politiques qu’elles contrôlent, qu’ils soient socialistes ou communistes. La doctrine du Marxisme rejette le principe aristocratique observé par la nature, et le remplace par la domination du nombre.
NB : En juillet 1970, dans un entretien accordé à l’ancienne revue française « Entreprise » (n°775 du 18/07/1970, p.64), devenue « L’Expansion », Edmond de Rothschild déclarait : « Le verrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! ».
Ce « casse » consistait en trois étapes :
Etape n°1 : La décolonisation, c’est-à-dire l’abandon par les pays d’Europe de leurs anciennes colonies, livrées dès lors à des pouvoirs fantoches et à l’exploitation des « puissances d’argent » ;
Etape n°2 : La régionalisation c’est-à-dire le dépeçage des nations d’Europe, par excitation artificielle des régionalismes, en vue de substituer les patriotismes régionaux aux nationaux (d’où les actions de l’IRA Irlandaise, de l’ETA Basque, du FLN Corse, des mouvements Flamands et Wallons, etc.) ;
Etape n°3 : L’intégration fédérale de l’Europe comme socle d’un État Fédéraliste mondial et d’un Gouvernement Mondial, dont le Marché Commun de Jean Monnet, Paul-Henry Spaak et Robert Schumann fut l’alibi, avec l’élection du Parlement Européen, une monnaie unique, des forces policières et armées fédérales et non plus nationales pour réprimer toute tentative d’un peuple pour se libérer, et le transfert des pouvoirs nationaux à un Gouvernement Européen et à une juridiction européenne déjà très active… à quoi s’ajoutera le libre-échangisme commercial et migratoire mondial le plus déstabilisateur et destructeur.
Le pouvoir politique tel qu’il apparaît aujourd’hui est en réalité un artefact de pouvoir, il est entièrement dévoué au véritable pouvoir, le pouvoir économique.
Nous sommes ici, avec le principe du « mandat représentatif » en pleine tartufferie institutionnelle !
Dans le contexte du mandat représentatif, le véritable pouvoir échoit de façon opaque, anonyme, à ceux qui financent les partis politiques. En effet, le parti qui gagne les élections, et plus généralement « les partis dits de pouvoir » détiennent en réalité les rênes du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, le pouvoir de l’ordre judiciaire étant marginal car largement dépendant du pouvoir exécutif. Il en résulte que la séparation des pouvoirs est, structurellement, une apparence contraire à la réalité : alors que l’apparence prévoit des pouvoirs séparés, la réalité donne tous les pouvoirs, sans aucun contrepouvoir institutionnel, aux seuls « fournisseurs de capitaux », c’est-à-dire aux entités qui financent les partis politiques lors de perpétuelles élections. Des élections auxquelles on vous encourage toujours vivement de participer, et qui légitiment, grâce au leurre du « suffrage universel », toutes les actions à venir de ceux qui les gagnent.
À ce sujet, rappelons l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »
Aussi, la « séparation des pouvoirs » telle qu’institutionnellement comprise, alliée au mandat représentatif est, en réalité, une stratégie utilisée par les « puissances d’argent » pour prendre le pouvoir politique à l’intérieur des pays. C’est cette prise de contrôle institutionnelle, à l’intérieur des États européens, qui a permis l’avènement de l’Union Européenne en tant qu’institution. Les institutions européennes ont été, historiquement, faites par et pour les multinationales ; non pour le commerce en général, mais plus précisément pour le commerce des multinationales.
Les Traités européens, tels les traités de Maastricht ou de Lisbonne, qui ne sont que la formalisation politique de cette capture des règles d’organisation des peuples par des intérêts privés, s’opposent à toute possibilité de « patriotisme économique » de la part d’États qui ne doivent jamais privilégier leurs propres entreprises « nationales ». Cette interdiction est sanctionnée, institutionnellement et financièrement, par l’interdiction générale des « aides de l’État » ainsi que par les « recours en manquement » à disposition de la « Commission européenne » pour faire condamner les États réfractaires à appliquer les règles de l’Union. Rappelons que les Commissaires sont nommés (non élus) à la Commission européenne par les chefs d’État ou de gouvernement des États membres, c’est-à-dire en réalité par les actionnaires des multinationales et les banquiers qui ont financé leurs campagnes, et sont donc sous le contrôle de l’oligarchie, dans leurs pays respectifs. La « Commission » aux ordres oligarchiques peut ainsi rappeler à l’ordre (financier) les États qui auraient eu des velléités de déroger à leur propre sabordement. Ce sabordement est, notons-le, « librement » consenti par les États qui s’interdisent, par leur adhésion aux Traités constitutifs scélérats de l’Union Européenne, toute capacité de défendre et de protéger leurs propres ressortissants, personnes physiques ou morales.
On comprend, facilement aujourd’hui, pourquoi, à peine élu à la présidence de la République en 2007, une des « missions » de Nicolas Sarkozy était de « s’assoir » sur le « NON » des français au référendum sur le Traité Constitutionnel de 2005, en validant lui même, avec la complicité des pantins corrompus du Parlement, le Traité de Lisbonne, sa copie quasi-conforme.
C’est pourquoi les hommes dits politiques (ou les « Jézabel » modernes, ces « femmes perdues » qui les suivent et se font leurs complices) n’ont rien de « politique », ils sont des « hommes de paille », des « hommes-liges », interchangeables et, surtout, de véritables courroies de transmission des « puissances d’argent », réels donneurs d’ordres.
Bien plus prompts à réprimer rapidement et dans le sang un mouvement émancipateur comme celui des « Gilets Jaunes », que de lutter contre le chômage, la pauvreté, la bêtise, la corruption, les trafics de drogues et d’armes ou les paradis fiscaux… c’est-à-dire, en fait, tout ce qui permet à la ploutocratie apatride et supranationale de continuer à se maintenir en place et à s’enrichir, les dirigeants politiques sont choisis pour leur faiblesse morale, leur capacité à mentir, à suivre les ordres, à se soumettre au chantage ou leur volonté de faire avancer le plan de l’oligarchie. Le parti auquel ils appartiennent n’a aucune importance. Au-delà d’une boulimie d’argent et de pouvoir, certains sont aussi les produits d’une vie qui peut inclure la pédophilie, le trafic et la consommation de drogue, la pornographie enfantine, la bestialité, etc. Aussi, ils leur sont donnés de nombreuses occasions de se livrer à leurs vices, ce qui assure leur obéissance et leur solidarité. Et le public ayant une confiance enfantine en ses dirigeants, en particulier les présidents, l’accusation selon laquelle ils pourraient s’adonner à de telles activités reste pour lui quelque chose d’inconcevable.
Il résulte de l’actuelle subversion du pouvoir politique et institutionnel, par les globalistes, une omnipotence de l’État doublée d’une centralisation abusive, deux manifestations hostiles au développement harmonieux de l’espèce humaine :
– L’excès de centralisation nuit ontologiquement à la diversité culturelle humaine.
– L’omnipotence étatique nuit quant à elle à la liberté, à l’intégrité et à la créativité des individus.
Ces deux nuisances ayant pour effet direct et indirect une disparition des notions d’équité, de justice et in fine de civilisation.
La prochaine étape de la stratégie, jusqu’ici gagnante, des « puissances d’argent » sera la mise au point d’une monnaie mondiale. Cette future monnaie, qui chapeautera toutes les monnaies du monde, et qui sera entièrement contrôlée par les élites bancaires globalistes, devra circuler sous forme exclusivement dématérialisée. C’est précisément pour permettre la validation technique de ce projet que les médias et multinationales ont lancé mi-2020, et en grande pompe, la « Libra », cryptomonnaie dématérialisée initiée par Facebook et consœurs ; elle avait pour fonction politique de permettre la vérification, in vivo, des capacités et limites techniques de la circulation monétaire généralisée sous forme dématérialisée.
Notons, en passant, que le symbole « £ » de la livre sterling provient du « L » que l’on trouve dans le symbole « lb » qui est la version abrégée du mot latin « libra », « la livre », une unité de masse utilisée dans l’Empire Romain. Cette unité a été importée en Angleterre avec l’expression « libra pondo » qui signifie « le poids d’une livre ». Le terme « libra » a fini par disparaître au profit de « pound » dans le langage courant.
La plupart des ministères des finances des différents gouvernements se préparent déjà pour un tel événement. En France, le ministre de l’Économie et des Finances (jusqu’en septembre 2024), Bruno Le Maire, a dit ceci : « Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question ». Les promesses des politiques n’engagent que les naïfs qui y croient. En attendant, on prépare subtilement les esprits. Rappelons pour l’anecdote que Bruno Le Maire était présent à la réunion Bilderberg qui s’est tenue du 30 mai au 2 juin 2019. Il était accompagné de président de la Commission européenne d’alors, José Manuel Barroso (devenu, depuis, banquier chez Goldman Sachs, puis Président du board du GAVI, l’alliance pour les vaccins) ; avec Bruno Le Maire se trouvait également l’Allemande Ursula von der Leyen qui allait devenir 6 mois plus tard, le nouveau président de la Commission européenne.
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Rapide petite histoire de la monnaie ;
C’est Junon, dit la Mythologie, qui inventa la monnaie, ce qui fit donner à la Déesse le surnom de « Juno Moneta » ; près d’elle se trouve une autre Déesse, Pecunia, dont on fit la Déesse de l’argent monnayé et qui pendant longtemps centralisa dans le Temple de Junon l’administration des monnaies à Rome. C’est l’autorité spirituelle seule qui avait le droit de frapper monnaie, ce qui lui donne une force nouvelle, appuyée, du reste, sur celui qui est l’auxiliaire dévoué de la Déesse, le Chevalier, « Eques », vassal de la Dame « Faée » que nous écrivons « Fée » (le mot « Faée » va devenir « faraï » ou « pharaï », parler, et c’est de ce mot que les Egyptiens feront le mot « Pharaon » qui désignait « l’inspirée qui parle »)
On disait du Chevalier qu’il était légal et féal, c’est-à-dire loyal et fidèle à sa suzeraine. La Chevalerie était la pratique de l’équité, la Justice Divine, équitable, d’où « Eques » qui a fait « équestre », « équitation », etc.
La monnaie, dans le régime masculin, contribua à changer complètement les mœurs, On créa le régime que Fabre d’Olivet appelle « Emporocratique », mot nouveau pour exprimer une idée nouvelle. Il est tiré du grec et signifie « marchand » et « force », c’est-à-dire la prédominance des intérêts économiques considérés comme mobiles de gouvernement. C’est le régime dans lequel tout se vend ; l’homme est un marchand, il se vend lui-même, c’est-à-dire vend ses services et vend tout ce dont il peut disposer.
Aussi, les pays d’Europe où l’Emporocratie a dominé ont été successivement l’Italie, les Pays-Bas et l’Angleterre.
Jimmy Goldsmith disait, avec raison : « Le succès d’une nation ne se mesure pas exclusivement en terme économique. Le relèvement national n’est pas seulement le résultat de la croissance économique. Un des défauts de la culture moderne est qu’elle fait croire que tout problème, quel qu’il soit, est réductible à l’analyse chiffrée et par conséquent peut être mesuré. Lorsque la mesure, plutôt que la Sagesse, devient l’outil privilégié, cela peut conduire à de graves erreurs. ».
À partir de juillet 1944 (accords de Bretton Woods), le dollar américain devient à la fois monnaie nationale et monnaie mondiale de référence. Cependant, les « puissances d’argent » de la City de Londres soutenaient une autre option : celle d’une monnaie mondiale conçue comme un « panier » de monnaies.
Rappelons avec Valérie Bugault, et son ouvrage « Les raisons cachées du désordre mondial – Analyses de géopolitique économique, juridique et monétaire », que les fondamentaux sur lesquels repose la viabilité d’une monnaie sont, d’une part, l’adossement à des richesses réelles, tangibles ; d’autre part, que celle-ci doit être émise en quantité suffisante pour pouvoir être utilisée dans tous les échanges (nationaux et internationaux).
En 1967 toute la stabilité du Système Monétaire International basé sur les accords de Bretton Woods allait être vivement secouée en raison, en grande partie, de l’importante dévaluation de la Livre Sterling qui faisait suite à l’effondrement de l’économie britannique lié à « l’histoire secrète du pétrole ».
Dans la foulée de l’effondrement de l’économie britannique à la fin des années 60, allait également commencer la lente agonie du Dollar avec la désastreuse guerre du Vietnam.
En 1971, les USA n’ayant plus suffisamment d’or pour garantir l’intégralité des dollars en or, survient la fin de sa convertibilité dans ce métal précieux. Aussi, à partir de cette date, le dollar américain, en tant que monnaie mondiale sera désormais adossé au pétrole ainsi qu’à la seule force de l’économie américaine (via son dynamisme économique intérieure). Concrètement, à partir de ce moment-là, la valeur du dollar ne repose quasiment plus que sur la force brute des USA, c’est-à-dire leur capacité à faire militairement et monétairement respecter leur hégémonie dans les pays tiers.
Au niveau international, il résulte de cette situation la substitution de la notion d’« ordre juridique » par un retour à la « loi du plus fort ».
Le début des années 1970 sera aussi le début d’une grande dérégulation financière. Alors surviendra la « fabrication artificielle des actifs », ainsi que la captation des réserves monétaires des pays tiers, c’est-à-dire les pays dits « alliés », les membres de l’U.E., etc., véritables « colonies » financières. On comprend alors, en partie, le pourquoi de la mise en place, en France, de la loi du 3 janvier 1973, dite « loi Pompidou-Giscard-Rothschild » (et aggravée depuis par l’article 123 du TFUE, Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne de 2009), qui modifie les statuts de la Banque de France et donne le coup d’envoi d’une dette qui augmentera incessamment et vampirisera toutes les richesses nationales produites.
Mais la France n’est nullement un cas isolé. Les dettes de tous les Etats, aidées par la conjuration de toutes les élites économiques (« sous influence ») des différentes nations, sont devenues des océans impossibles à écluser et les nations sont ficelées au bon vouloir d’institutions financières privées, de plus en plus arrogantes et gourmandes.
La titrisation, en faisant circuler dans le monde entier des « actifs douteux », associée à l’internationalisation du droit anglo-saxon (« Soft Law », Lobbying, Trust, propriété économique, etc.) permettront à ce système de fonctionner.
À compter des années 1990 (Chute de l’URSS, création de l’U.E., etc.), pendant que le « dynamisme économique intérieure » de l’Amérique faiblit, les besoins du dollar s’intensifient considérablement en raison du développement inédit des échanges économiques internationaux en même temps que celui de la concentration des capitaux (mise en place du libre-échange par l’OMC, organisme mondialiste tout comme l’OCDE qui favorise l’optimisation fiscale, etc.).
La solution de la « planche à billet » étant dorénavant exclue, les banquiers innovent avec le « Quantitative Easing » (QE). La création monétaire est désormais adossée à des rachats d’actifs de plus en plus pourris en raison de la dérégulation financière qui s’accentue (avec la bêtise et l’ignorance, la plus dangereuse des « pandémies » est la « soif de l’or »). En conséquence de cette « fuite en avant », le circuit financier international est devenu « non viable », ainsi que l’avait anticipé J.M. Keynes à Bretton Woods : une monnaie nationale était structurellement inapte à répondre au besoin d’une monnaie mondiale.
Le magazine « The Economist » avait, dès 1988, « prévenu » le public du fait qu’un panier de monnaies, le « Bancor » cette devise internationale originellement proposée par le « Fabian » Keynes en tant qu’étalon monétaire international, et que nous voyons d’abord apparaître sous la forme de D.T.S. (Droits de Tirage Spéciaux) au début du XXIème siècles, allait, tel le phénix, renaître de ses cendres autour des années 2018 (voir la couverture de « The Economist »).
L’avènement de cette monnaie mondiale « DTS-Bancor » a été préparé, dans le secret, comme beaucoup d’autres avènements par les « puissances d’argent », c’est-à-dire les principaux propriétaires de capitaux de la planète, et leurs divers affidés, notamment les banquiers centraux, lesquels se réunissent au sein de la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I.), qui est la banque centrale des banques centrales, dont le siège se trouve à Bâle en Suisse, au sein même de la ville qui, pour la « petite histoire », a inauguré, en 1897, le premier congrès Sioniste.
Ceci avait été anticipé par ce que Brandon Smith appelle les « Globalistes », qui sont en réalité les descendants des « puissances d’argent » (Chargeurs/négociants) du Moyen Âge, qui ont pris, essentiellement par le biais de la corruption, le pouvoir politique au fil des siècles. Remarquons en passant (mais pas que), que la définition du terme « chargeur » passe, en 1332, de « celui qui charge des marchandises » à « celui qui charge une arme à feu » en 1495.
Le président étasunien F.D. Roosevelt disait : « En politique rien n’arrive par hasard. Chaque fois que survient un événement, on peut être certains qu’il avait été prévu pour se dérouler de cette façon. »
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/10/a-ue-esta-acabada-e-china-agora-pode.html
C’est ce qui est pénible avec ces gens politiques, c’est que, vous leur posez une question, ils conceptualisent toujours leur projet politique auquel ils sont les seuls à croire, pour vous formuler une réponse totalement compliquée par la qualité et la quantité de mots qu’elle emploie, pour autant c’est vide de sens, parce que ce sont des utopies totales leurs croyances, ces gens sont tous des baratineurs qui veulent nous convaincre et nous faire adhérer à leurs baratins, puisque baratiner rapporte gros et fait bien vivre, longtemps, très longtemps même, beaucoup trop longtemps d’ailleurs aux frais des autres.
L’union européenne telle que la veulent ces fou-furieux, est totalement impossible à faire exister pour la bonne raison simple qu’il n’est pas possible aujourd’hui pas plus que cela ne le sera demain, de parvenir à une union-fusion parfaite avec une multiplicité de populations qui ont toutes le même attachement de fierté à leur historicité qui justement fait l’histoire de qui ils sont.
C’est la seconde identité propre qu’ils ont après celle familiale, parfois ce peut même être la seule, l’être humain est construit sur des piliers mentaux traditionnels quasiment immuables pour qu’ils restent des êtres équilibrés, or, ce qui est dit l’Europe, est un concept absurde qui fait fi des réalités et veut imposer son idéal quasi fou, dans la mesure où, premièrement, il n’est tenu dedans aucun compte de ces multiples langages qui y sont parlés et qui ont tous une fondation propre où se mélangeait aussi bien des caractéristiques biologiques semblables en grande partie, que des pratiques communes qui font la culture habituelle de l’endroit.
C’est seulement quand on a tous ces aspects-là réunis en un seul bloc que le mysticisme grec du démos peut seulement fonctionner.
Autrement, ce ne sont que des fantaisies conceptuelles destinées à une minorité de personnes qui sont constituées en élite, et qui veulent le faire croire acquis par eux tous, à toute la population d’esclaves sous leur dominance, car, si le démos incarne le corps civique, donc, ce qu’on dit être le peuple, dans la vraie réalité, l’esclave n’est pas destiné à être un être vivant aux yeux de ses maîtres, puisque c’est avant tout une marchandise commercialisable, par conséquent, là est la première illusion, le vrai corps civique c’est la minorité élitiste uniquement.
Et, si le kratos est la symbolique de la force et du pouvoir souverain, l’élite ne peut que rire tous les jours d’entendre ses esclaves chanter en besognant pour elle, le pouvoir du peuple, c’est exactement comme si tout le mobilier d’une maison demeurait aussi impassible qu’il l’est habituellement, mais que nous pourrions l’entendre dire à l’unisson qu’il est le maître absolus de la maison puisque l’humain vivrait absolument malheureux et moribond sans lui.
Voilà pourquoi l’expérience démocratique n’a encore jamais existé nulle part sur Terre, c’est une fable.
Cela nous ramène automatiquement au fonctionnement uniquement autoritaire de l’Europe, puisque cette arnaque repose sur tout un ensemble de conceptions folles et pernicieuses avec lesquelles il est clairement plus facile à l’élite qui y règne, de s’approprier, sans qu’ils bronchent, tous les biens que les esclaves peuvent se constituer durant toute leur vie de labeurs.
Ce qui fait justement exploser cette stabilité acquise, c’est l’immigration conséquente, car elle remet en cause tous les principes d’équilibre sur lesquels l’élite faisait ses bonnes affaires intérieures et avec les colonies d’esclaves extérieures.
En ubérisant son système cette pseudo élite s’est autodétruite.
Car, maintenant, l’illusion d’une fusion des « peuples » européens n’existe absolument plus, puisqu’il n’y a plus de possibilité d’établissement d’un contrat politique commun et d’un projet d’avenir partagé, dans la mesure où les millions de nouveaux migrants, restent la propriété de leurs propres colonies d’esclaves d’où ils sont temporairement détachés.
Leur donner des droits, même illusoires, dans la colonie dite européenne, c’est donner de fait aux élites auxquelles appartiennent ces esclaves, des droits qui ne seront pas réciproques chez-elles, donc, il y a automatiquement déclassement immédiat et quasiment irréversible de l’élite européenne.
C’est bien ce que nous observons au plan international tous les jours dans les faits d’actualité.
Alors là, ça n’est plus seulement l’occident qui se trouve en effondrement sur lui-même, c’est carrément la notion de démocratie qui est en train de passer à la trappe.
Nous vivons des révolutions inimaginables dans l’organisation de la vie humaine terrestre, mais la plupart de notre attention porte sur des broutilles, c’est insensé.
Quand, Varoufakis dit: « l’histoire du nationalisme européen des XVIIIe et XIXe siècles démontre qu’une nation est un produit historique, c’est quelque chose qui se forge. »
Il n’a pas complètement tort, pour autant, ça n’est ni une vérité absolue, ni une réalité vraie pour la simple et bonne raison que, ce monsieur est dans une vision idéalisée de l’histoire, par conséquent celle à laquelle il fait référence, est nettement plus belle qu’elle ne l’ai en vérité, parce que l’ethnocentrisme qui justement forge son éducation, lui fait rendre obscur à sa mémoire et voire à son savoir lui-même, toute un classement de faits historiques qui, s’ils n’existaient pas, rien de ce qui est aujourd’hui ne le serait.
Son produit historique à ce monsieur, avec quoi est-il vraiment forgé?
La non prise en compte de toutes les réalités auxquelles son cerveau ne fait pas appel dans sa réflexion, fausse complètement son raisonnement et rend tout ce qu’il dit et conçoit complètement absurde, si, on veut faire l’exégèse de tout le propos, ce que je me garde de faire, puisqu’il y aurait carrément une thèse à tirer de l’ensemble de l’interview.
L’unique vérité qu’il y a dans l’assertion de Varoufakis, c’est dans l’israélisme qu’on la trouve, étant donné que c’est là seulement qu’on peut trouver cette (mystiquerie), de peuple patchwork construit autour d’un projet politico-religieux et d’un projet d’avenir commun, ce fameux démos, ce qui, là aussi est complètement illusoire et faux, car l’existence même d’israël prouve qu’une telle conception est tellement folle, qu’il n’y a absolument jamais rien eu sur Terre comme idée plus criminelle que celle-ci, c’est le summum du summum de l’horreur que l’esprit a créé.
Une vraie nation au sens étymologique, est obligée de se caractériser par une origine biologique commune, car c’est essentiellement comme cela qu’elle peut développer, savoir, art et culturel en faisant fructifier les dons naturels de ses membres.
Il y a eu un peuple et une nation Dogon, par exemple, les preuves de leur existence, leurs savoirs, leur culturel et toutes les péripéties qui ont fait leur de vivre, son arrivées jusqu’à nous, tout est incontestable, or, chez les juifs qui revendiquent des millénaires de présence terrestre, on a rien de tout ça.
Aucune trace au musée des Arts premiers, que dalle, par contre, au musée d’art et d’histoire du judaïsme, une pauvre collection de quelques objets rassemblés veulent nous faire croire à une fable qui, si, elle n’a pas son espace dédié, est totalement ridicule à prétendre raconter quoi que ce soit.
D’où la nécessité pour l’humanité de la réactualisation de son histoire en même temps que la suppression du mysticisme factice de l’hellénisme.
Voilà, nous sommes enfin au cœur du Faux, cela, M. Varoufakis est incapable d’y aller, ça n’est pour lui, tout l’établissement de son être se ferait pulvériser en quelques secondes s’il s’y risquait.
De qui viennent les choses pensées et dites a une grande importance, car tous les êtres fabriqués avec un charisme en cristal, ne supportent absolument pas l’époque présente, puisqu’ils ne sont pas modélisés pour s’adapter aux changements voire aux révolutions, encore moins.
Le problème, c’est que, plutôt qu’une guerre mondiale, le combat multimodale et polymorphe actuel, s’est adapté aux conséquences nouvelles des derniers actes politiques, pour se muer en une révolution mondiale intellectuelle.
Donc, des êtres en cristal qui vont nous exploser subitement à la figure, on ne devrait pas tarder à commencer à en voir.
Parce que, bien sûr que, techniquement, tout ce que raconte Varoufakis, sur la constitution européenne, les banques, les pouvoirs débiles de l’Amérique d’alors, bref, tous les mécanismes qui ont fait tourner ces usines à gaz en train d’exploser en ce moment, étaient fondés dans l’esprit des populations de l’époque, sur des biais de comparatisme insensés, eux étaient l’avant-garde de l’humanité, alors que le reste du monde aboyait presque.
Le suprémacisme actuel qui voudrait redonner de la voix, mais ne le peux plus, à l’époque c’est lui qui régentait partout par son hyperviolence mondiale.
Là, où Varoufakis se plante encore complètement, ce qui prouve son obsolescence pour le monde de demain, c’est son ancrage indécrottable à un passé révolu depuis plusieurs décennies, car si dans sa vision actuelle du futur il fait toujours référence à Bretton Woods, c’est que le bonhomme ne comprend rien au monde dans lequel il vit aujourd’hui, parce qu’il faut lui rappeler que ces accords signés en juillet 1944, se font avec les quarante-quatre pays existant à l’époque sur la planète, pays qui n’étaient pas remis d’une guerre dévastatrice pas terminée tandis que les Américains ne la connaissaient qu’aux nouvelles.
Aujourd’hui, ce sont 193 pays qui existent, donc, je veux bien accorder aux Chinois tous les potentiels qu’on veut, mais, désolé, ils ne sont malheureusement pour eux, vraiment pas de taille à prendre seuls le contrôle du monde présent, comme l’annoncent les faux prophètes.
D’ailleurs, pour organiser un système monétaire international d’après-guerre, il faut la faire activement la guerre, et surtout en ressortir aux yeux de tout le monde comme l’un des grands vainqueurs.
Pourquoi les Russes qui ont eux aussi des avantages et même ceux que les Chinois n’ont pas, à savoir l’absence de cette méga-population qui nécessitera forcément une rupture avec le modèle économique actuel, puisqu’il n’y a plus d’essor à cinquante ans pour la Chine si elle n’invente pas une efficacité énergétique capable de la rendre autosuffisante, laisseraient-ils encore une fois la victoire à un figurant?
Ce n’est pas parce que son partenaire chinois a 4,5 billions investis en dollars que la Russie est à ses ordres, au contraire, il faut toujours être très très attentif à ce qui s’y dit, parce que là-bas ça baratine beaucoup moins qu’ailleurs, pour s’en convaincre, il faut réécouter l’allocution ou les allocutions de Poutine dès la fin février 2022, c’est éloquent, ce qu’il dit aujourd’hui devrait en faire peur à plus d’un, tellement le bonhomme colle à ses plans.
C’est tout à fait le jeu russe de faire exploser l’économie mondiale et par voie de conséquence celle de la Chine, puisque ce principal partenaire voulant absolument privilégier sa route de la soie, est en train de faire de la Turquie une menace subséquente à la Russie, en profitant comme le bon parasite qu’elle est, de toutes les opportunités qu’offre cette guerre, là, c’est une néo-colonisatrice en Éthiopie comme si son planning de développement lui était dicté par Washington et Tel-Aviv, donc, c’est complètement dans l’intérêt russe d’amener à un affrontement direct ces deux partenaires obscures.
Je ne crois pas du tout que la Chine conserve une quelconque stabilité politico-militaro-économique dans une telle situation, c’est impossible.
Le partenariat irano-russe est bien plus solide que celui cino-russe pour le moment, nous arrivés au moment pour les Chinois où il faut mettre les tripes sur table ou aller jouer ailleurs, dans cette partie il n’y a aucune place pour les petits bras, et tout l’avenir n’est pas qu’économique, il faut tenir compte du poids des complexes dans ce que font certains dirigeants politiques actuellement, Erdogan par exemple veut être en conformité avec la mythologie de son histoire nationale, c’est un piège bien décrit par Jean de la Fontaine:
« Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages. »
La Turquie n’est qu’une grenouille, lui laisser croire qu’elle peut prendre la taille d’un bœuf parce qu’elle fait de mirifiques affaires avec de la vermine qui tue et massacre ses semblables et n’est même pas digne tel un essuie-pieds devant ses pourvoyeurs en armes, c’est un jeu dangereux où un État peut disparaître parce qu’il aura tout simplement cru résoudre un effet immédiat alors qu’il détruit à son insu ses propres fondations, il y a un gros problème en Éthiopie, il va disparaître plus vite qu’on ne le croit.
Ce sont sur des aspects des choses comme celle-là où il n’y est pas du tout, que Varoufakis se trompe quant à l’avenir, la Russie met à l’arrêt l’Amérique et l’Europe en ne livrant plus de combustibles nucléaires, c’est bien simple, un décret de Poutine ou un moratoire de six à huit mois, et tout le pataquès est parterre, donc je ne vois pas vraiment où se situe la réelle force de la Chine, si elle aussi a besoin du combustible russe pour faire fonctionner ses plus puissants réacteurs.
Évidemment, c’est une arme à un coup, parce que derrière les acheteurs vont être forcés à se réadapter autrement, mais, cette arme existe et constitue une menace durable tant que rien ne peut la contrarier, donc, utiliser la menace des terres rares envers Washington par la Chine, est une erreur stratégique bénigne, mais qui la sape sous ses fondations face à la Russie, tant que la Russie le voudra en vérité, la Chine ira bien, mais au moindre problème, ses faiblesses intrinsèques vont s’aggraver et sous l’effet cumulé elle n’aura plus sa prestance actuelle, alors tout ira très mal et très vite.
Effectivement, Varoufakis connaît bien tout ce qui a trait à la banque et au fonctionnement européen, mais il se trompe complètement sur le monde, les Chinois n’ont pas trois cent ans devant eux, mais à peine vingt mon coco, l’Afrique est là, vierge de toutes les conneries qui n’ont pas fonctionné ailleurs, c’est elle qui dispose de temps devant elle en vérité, car des unions de toutes sortes elle peut en faire, mais, je peux comprendre que dans son esprit ça soit hyper difficile de se dire que le déclassement est programmé pour aller très loin en-dessous de l’Afrique, parce que, l’union énergétique européenne, c’est pas pour demain, si même c’est réaliste et réalisable.