De la dialectique napoléonienne

Le nationalisme, c’est la guerre…
Francois Mitterrand
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YSENGRIMUS — Il y a deux siècles (moins onze mois) mourrait Napoléon. La quête napoléonienne (1795-1815), difficilement séparable de son mythe, francocentré ou non, a été narrée ad nauseam. Mais les subtiles leçons de dialectique historique qui en émanent sont souvent moins perceptibles qu’on ne le pense. Le tapage, le clinquant, la gloriole et la boucane empêchent largement de discerner les faits fondamentaux qui opèrent, massivement mais en douce, dans tout ce patatras. On en a trop donné à l’ambition, au destin, à la bonne étoile de la diva individuelle mythologisée et pas assez aux formidables forces historiques souterraines dont le bonapartisme fut le superficiel et conjoncturel vecteur. Regardons cela au niveau des principes fondamentaux plutôt qu’au niveau du factuel et du linéaire.

Mathématiques, géographie, modernité, artillerie. Bon, Napoléon enfant (un grand petit enfant de son temps) était un premier de classe. Il s’intéressait surtout aux mathématiques et à la géographie. Fils d’un petit notable corse désargenté, il ne fit que l’école militaire, même enfant. Dans ce temps-là, l’armée royale française se subdivisait principalement en infanterie et cavalerie. Ces deux segments, surtout le second, avantageaient les aristocrates de haut rang et les fils de familles ayant des connexions. Puis, bien, il y avait l’artillerie, la petite dernière, enfantée par le monde industriel en cours de constitution. Vers 1780, le canon sur roues était encore largement perçu comme une grosse arquebuse appuyant l’infanterie. Et les artilleurs n’étaient rien de plus que des caporaux, chargeurs de canons. Napoléon se dirigea malgré tout vers ce segment de spécialisation qui, en fait, était celui de la modernité et des progrès de la rigueur guerrière. Tout s’y trouvait, encore en germes, mathématiques, géométrie, mécanique, cartographie, topographie, géographie physique, ainsi que la nette possibilité de monter vite en grade, dans une sous-spécialité des armées initialement peu prestigieuse et qui donc n’était pas encombrée par des aristos à plumes et à jabots. Homme des courants émergents du monde militaire de son temps donc, Napoléon, après des études solides, à l’École Militaire de Paris, glisse en son sillon et devient lieutenant d’artillerie, à seize ans. Porté par l’époque, il va autonomiser la fonction offensive des canonnières et en fera un art militaire à part. Un art des combinaisons savantes, diront ses supérieurs, qui iront parfois jusqu’à le surnommer Capitaine Canon.

Problématique du césarisme. Jeune officier pendant et après la révolution, Napoléon est calmement robespierriste, sereinement ultra-montagnard. Sans le savoir, il se prépare tout doucement à devenir le Staline militarisant du Lénine, incorruptible, génial mais sans repères, de la Révolution française. Napoléon est un homme d’ordre, sans états d’âme, pour qui la révolution ne vaut que comme transition vers des résultats. Et la Terreur, pour lui, c’est simplement un moyen, ferme et nécessaire, de mater, en méthode, la pagaille passéiste des royalistes. On impute à Napoléon, l’aphorisme suivant: toute révolution se conclut dans une dictature absolue. De l’intérieur, privément, il est donc déjà pleinement tributaire de la problématique du césarisme. Les différents gouvernements révolutionnaires, Constituante, Directoire, craignent, implicitement ou explicitement, l’apparition d’un César, c’est-à-dire d’un personnage au statut étatique semi-improvisé mais dont les victoires militaires établiront la crédibilité politique aux yeux d’un peuple ébloui. En 1794, la réaction thermidorienne guillotine Robespierre en le traitant d’ailleurs de tyran et ce, justement quand des premières victoires militaires récoltent les fruits de la Terreur et protègent un peu mieux la France révolutionnaire des agressions des autres monarchies d’Europe. Quand les soulèvements royalistes gagneront Paris, le Directoire se servira pourtant, sans hésiter, de Bonaparte, fraichement crédibilisé par le nettoyage de la rade de Toulon, pour les mater, au canon. Il est nommé général de brigade. La capitale intègre ainsi parmi son beau monde, le petit constable roide et boudeur qui finira par le lui vendre, ce fameux césarisme honni et ce, notamment lors du fameux 18 Brumaire.

L’insulaire qui redoutait la mer. Napoléon, qui pourtant est un insulaire, ne comprend fichtre rien à la guerre sur mer. Pour lui, la marine, c’est un ramassis de barges qui sert à transporter les troupes vers le théâtre des affrontements, qui, eux, sont crucialement terrestres. Quand il nettoie la rade de Toulon de la marine anglaise, il ne le fait pas dans une bataille navale mais bien par des tirs d’artillerie subtils, depuis des positions terrestres. Sur Aboukir, il laisse sa flotte jouer les palissades inertes devant le port et, tandis qu’il guerroie en Égypte, la marine britannique (de Nelson) incendie tous ses navires. Sur Saint-Domingue, il envoie des troupes par mer (sans les commander en personne) pour combattre la révolte des esclaves et il n’utilise pas la flotte pour étrangler les installations portuaires de cette colonie sucrière prospère. Il se contente de faire descendre les troupes et celles-ci se font décimer, sur terre, par la fièvre jaune et les guérilleros discrètement pro-américains de Toussaint Louverture. Finalement, au large de Trafalgar, la flotte coalisée (noter ce mot) franco-espagnole de Napoléon est battue par celle, nationalement homogène, d’Horatio Nelson qui, lui, est littéralement le Bonaparte du combat naval. Il est crucial de noter que le grand art militaire européen du début du dix-neuvième siècle se révolutionne simultanément dans la guerre sur terre (Bonaparte) et dans la guerre sur mer (Nelson) mais que cela se réalise en toute dissymétrie politique, vu que cela se déploie et se répartit… dans les camps opposés.

Du General républicain, au Premier Consul réformateur, à l’Empereur autoritaire. La contradiction existentielle la plus spectaculaire (et la plus commentée) de Napoléon reste celle de ses trois grandes mues politiques. Le général libérateur des peuples de 1795 deviendra le Premier Consul organisateur et législateur français de 1799 puis l’Empereur européen de 1804. On va passer de l’égyptologue observateur, au juriste pointilleux rédigeant le Code Civil, au Charlemagne concordataire à la manque cherchant à fonder une dynastie. Ce passage, spectaculairement dialectique, va du rationnel à l’irrationnel et on n’a pas fini d’en discuter les motivations fondamentales. La réflexion bonapartiste se dégageant de cette très complexe inversion porte fondamentalement sur le statut émotionnel du rapport des peuples à un dirigeant. Toutes ces monarchies européennes que Napoléon combat en méthode ne désarriment pas et les masses européennes restent, elles, compulsivement accrochées à leurs rois et à leurs empereurs. Elles continuent de mourir pour leurs chefs locaux, même après que le message émancipateur de la Révolution française soit devenu pleinement intelligible à leur esprit… et les influence… Aporie de la logique collective? Bonaparte en tire en tout cas, à moyen terme, des conclusions assez fatales, au sujet de la pulsion émotionnelle des peuples dans le rapport qui les cheville à leurs dirigeants étatiques. Il voudra impérativement s’approprier cette immense charge symbolique que visiblement l’intendance révolutionnaire ne livre tout simplement pas. Ce n’est pas juste une question d’ordre social (et encore moins une petite affaire de destin personnel), c’est une question de cohésion viscérale profonde de la vie politique ordinaire, intime, totale. Devenu Empereur, suite à un sacre spectaculaire, Napoléon Premier épousera une princesse autrichienne, une Habsbourg du cru, et cherchera à fonder une dynastie. Mais cela lui mettra tous les républicains d’Europe à dos et ne lui gagnera pas les royalistes du vieux monde. On ne fabrique pas de toute pièce un délire monarchiste sociologiquement opérationnel. Celui-ci se place lentement, percole durablement, au cours de vastes phases historiques (féodales, de préférence). L’Aiglon ne règnera jamais et les Empires français (le Premier puis le Second) deviendront, dans leur existence effectives et leur action objective, la plus spectaculaire démonstration de facto de la pantalonnade vide, toc et pro forma que sont imperceptiblement devenues toutes les monarchies d’Europe, au sein d’un ordre social bourgeois de plus en plus omniprésent.

Dialectique des coalitions I. S’insinuer entre deux instances. Venons-en au génie stratégique de Napoléon. Il s’y manifeste une méthode unique qui joue d’abord au plan militaire, ensuite au plan politique. L’armée française, homogène, exaltée, disciplinée, combat des coalitions qui, sur le champ de bataille, prennent souvent la formes d’armées distinctes, disjointes, aux commandements séparés, mal coordonnés et qui doivent établir leur jonction. Napoléon, incisif et fulgurant, insinue son armée entre les deux armées ennemies, bat d’abord la plus faible ou la moins fine stratège, puis se jette sur l’autre, elle-même en plein désarroi de trouver l’ennemi en lieu et place de l’armée qu’elle devait joindre. Des campagnes d’Italie à Austerlitz, cette dialectique des coalitions opère sur à peu près tous les théâtres d’opérations napoléoniens. Deux ennemis valent mieux qu’un, dira un jour Mao. On s’insinue donc entre les armées coalisées et on les plante une par une. Ensuite, brandissant ostensiblement le drapeau tricolore de la Révolution française, Napoléon, le politique, va là aussi s’insinuer… mais là ce sera entre les peuples et leurs dirigeants aristocratiques. Et ce sera: nous ne sommes pas contre vous mais contre vos oppresseurs. Ce procédé d’insinuation militaire réussira en Italie en 1796 et ratera à Waterloo en 1815. Ce procédé d’insinuation politique réussira à Milan en 1798 et ratera à Madrid en 1808. La recette militaire et politique de Napoléon ne change pas vraiment. C’est diviser pour conquérir. C’est pousse toi de là que je m’y mette. Simplement, l’Europe s’en surprend de moins en moins et y résiste de plus en plus, au fil des années.

L’inertie diplomatique du libérateur des peuples. Globalement, la force de Napoléon va devenir sa faiblesse. Hérault de la Révolution française, il dit aux peuples d’Europe: vous n’existez pas pour vos ducs, vos rois ou vos empereurs, vous existez pour vous-mêmes, en tant que nations. Mais, comme commandant militaire, il prendra constamment la fin des batailles pour la fin des guerres… comme si la troupe existait indépendamment de la nation ou encore comme représentante exclusive de celle-ci. Ce sera donc le règne de la multiplicité des traités de paix et de l’irrespect systématique de ces derniers. On se bat, fait la paix, entre dans une concorde formelle qu’on renie plus tard et tout recommence, avec des troupes fraiches, tirées derechef du sein de la nation. Napoléon instaure des républiques, favorise des régimes modernes bourgeois et nationalistes. Il dissout le Saint Empire Romain Germanique et… les peuples qu’il libère se défendront de plus en plus comme nations, contre les envahisseurs et les empereurs, y compris, eh bien, contre l’empereur des Français lui-même. L’Espagne va instaurer, en 1808, cette nouvelle tonalité politique et la faire résonner dans toute l’Europe. Quand Napoléon leur impose son frère Joseph Bonaparte comme roi intrus, les Espagnols se soulèvent. Initialement des alliés d’égal à égal, on veut maintenant les traiter comme un protectorat. Ce sera non. Ce sera une guerre de résistance sans merci qui durera, qui usera l’Empire. Négociateur trop sommaire, Napoléon n’a pas intimement compris ces peuples. Sa diplomatie reste une propagande unilatérale de soldatesque. Il n’échappe pas à ses compulsions de politicien militariste. Décrets, diktats autoritaires, répressions, mouchardages policiers. C’est pas comme ça qu’on se fabrique des alliés durables, dans les différents hinterlands de la diversité des peuples modernes. Cette inertie diplomatique du libérateur des peuples finira par faire de lui la principale instance dont les peuples voudront… se libérer.

Dialectique des coalitions II. L’incomparable homogénéité des Russes. L’Empire français restant immense, le coup des coalitions friables va, lui aussi, finir par changer de bord. Quand Napoléon décide d’envahir la Russie, en 1812, il mise sur sa belle feuille de route victorieuse contre les Russes. Or antérieurement, les Russes se battaient hors de leur territoire national et au sein de dispositifs coalisés aux prérogatives compliquées. Au moment de la campagne de Russie, les choses se sont inversées. Les Russes se battent maintenant seuls, chez eux, et selon leur logique propre, unique, folle ou, à tout le moins, partiellement irrationnelle. Napoléon les attaque aujourd’hui avec une armée… coalisée (Français, Autrichiens, Prussiens et toutim). D’abord introuvables sur leur immense territoire qu’ils dévastent eux-mêmes par la procédure de la terre brulée, les Russes se battront ensuite frontalement (bataille de la Moskova) puis fouteront eux-mêmes le feu à Moscou. Le tsar, aussi introuvable que ses troupiers, ignore les émissaires d’un Napoléon interloqué qui, lui maintenant, ne comprend plus ces nouvelles lois de la guerre. Ainsi, pour le meilleur et pour le pire, les Russes contrôlent intégralement leur défaite, un immense jeu d’esquive phénoméniste de leur cru qui, misant en plus sur l’impact du climat (la chaleur puis le froid), force Napoléon au repli. Napoléon, en retraite, fait face aux désertions par blocs nationaux (la fragilité des coalitions, c’est pour lui maintenant), aux cosaques harceleurs, et aux glaces ambivalentes de la Bérézina. De ses 600,000 hommes, il n’en reviendra que 80,000. Une minorité de ces infortunés sera tuée par les quelques chocs de combats. Cet immense désastre matériel et symbolique n’échappera à personne en Europe. Les Russes n’ont rien gagné mais Napoléon a tout perdu.

L’école napoléonienne des armées d’Europe. C’est que la chose militaire et historique a bien changé, en vingt ans (1795-1815). En 1796, lors des premières campagnes d’Italie, le sentiment dominant des Piémontais et des Autrichiens devant les charges napoléoniennes, c’est la surprise interloquée. Cette bande de va-nu-pieds français ignore toutes les règles de la guerre aristocratique conventionnelle. Ils attaquent par surprise, sur les flancs, par derrière, n’importe quand, incluant la nuit. Ils frappent pour détruire. Ils se comportent comme des brigands, se ravitaillant par des pillages. L’artillerie, indépendante des autres branches, est une surprise perpétuelle, aléatoire, imprévisible, maximale. Le commandement franchouillard est direct, populiste, il joue de compagnonnage, pour ne pas dire de démagogie. Le déplacement des troupes est fluide et incroyablement rapide (les procédures françaises de marche forcée sont mathématiquement calculées). Sauf que, sur vingt ans, cet effet de surprise va nettement se résorber. Tous les états-majors d’Europe vont minutieusement étudier, sans l’admettre, toutes les techniques de guerre napoléoniennes. Ces dernières émergent historiquement en un point spécifique (ici français) mais elles se répandent, au sein d’une civilisation européenne de plus en plus déféodalisée et aux forces productives désormais largement symétriques. Tout sera revu et, chez les coalisés aussi, on adoptera la levée en masse, la marche forcée méthodique, l’artillerie autonome, la stratégie cartographiée. Au ravitaillement par pillage on répliquera par la terre brulée. Vers 1815, toutes les armées qui se battent en Europe sont des armées de facto napoléoniennes. Elles sont tenues et commandées par des officiers de toutes nations qui, ayant tous plus ou moins subi son occupation et adopté sa doctrine, sont devenus, bon an mal an, des élèves de Napoléon. Le nivellement historique aidant, l’élève a fini par dépasser le maitre. Et, ainsi, Napoléon plafonne d’avoir été rejoint. Waterloo ne surprendra plus personne.

Les cent jours d’un roi qu’on ne décapita pas. Le tout se termine en catastrophe totale. Cinq millions de morts, en vingt ans (1795-1815), dont près de deux millions de Français. Statu quo ante bellum. La France, défaite, occupée, rançonnée, est ramenée aux frontières de 1789, avec un manque démographique qui ne se résorbera qu’en 1914. Dans notre perspective moderne, on ne comprend pas trop pourquoi ce personnage historique terrible ne fut pas tout simplement passé par les armes (comme le fut, par exemple, son vieux complice, le roi de Naples Murat)… ou guillotiné. Mais, la propagande insidieuse, ça fonctionne dans les deux sens. En 1815, les monarchies d’Europe viennent tout juste de remettre Louis XVIII en place sur le trône de France et le souvenir de son frangin décapité flotte sinistrement sur toutes les mémoires. Les diplomaties réactionnaires autrichienne et anglaise veulent bel et bien montrer aux peuples comment on traite un chef d’état et aussi, que ce sont les élites aristocratiques qui mènent le monde et non la populace sans-culotte. Ce gaillard qui a fait trembler l’Europe fut empereur, il fut l’un des nôtres et même si son couronnement-spectacle ne fut jamais qu’un gadget-symbole pour tenter de se gagner frauduleusement le respect des cours monarchiques d’Europe (après avoir bien flagorné leur hinterland, dans le sens du poil républicain), il faut le traiter en chef d’état. On le refoule donc dans ses terres d’origine et on lui alloue une petite principauté, l’Ile d’Elbe. On connait la suite. Cela autorisera son retour et son baroud, le Vol de l’aigle, les Cent-Jours et Waterloo. On a voulu éviter de décapiter un roi. Mais Napoléon n’était pas un roi. Il était l’incarnation, tant factuelle que symbolique, de la mise en place brutale, cynique et généralisable du monde bourgeois moderne. Sans le savoir, il préfigurait Staline et Hitler. Autant de figures-catastrophes qu’il faut analyser moins comme destins individuels d’exceptions que comme indices, superficiels mais vectoriels, de la profondeur dialectique des grands mouvement historiques de classes.

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13 pensées sur “De la dialectique napoléonienne

  • 12 juin 2020 à 2 h 12 min
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    Bien vu Ysengrimus…. mais on ressent tout de même un petit penchant presque  »hagiographique » pour cet empereur révolutionnaire, Italien et non Français en réalité…que fut Bonaparte ! (Petit détail insignifiant, mais tout de même important car Napoléon ne vient pas de nulle part, mais d’une famille Italienne de notables depuis quelques siècles déjà).

    Bref, je suis d’accord avec le fond, mais je conteste tout de même le rattachement de Napoléon à l’esprit de la Révolution populaire surtout…ou ce rapprochement avec Staline…Napoléon aurait pu faire un excellent monarque, ce qu’il fut en réalité, un monarque novateur d’une nation européenne impérialiste, révolutionnaire dans ce sens, et rien d’autre ! et tout ce qu’il a entrepris depuis qu’il en a eu le pouvoir, depuis 1899 fut ainsi, signer la paix avec les royalistes (ou les opposants qu’on peut qualifier ainsi), les religieux, rénover le code civil, l’administration et l’armée et guerroyer non pas pour l’esprit de la révolution…et je ne m’oppose pas à ce que certains soutiennent le contraire…mais selon ce que j’en retiens, guerroyer comme une monarchie contre des monarchies rivales ! on pourrait même s’en moquer avec un peu de distance et de comparaison avec les monarchies de l’époque ! Bref, heureusement pour lui, la révolution fut, et c’est grâce à elle qu’il connut son prestige  »impérial », son destin ! Ceci dit, je lui concède d’avoir sorti l’Europe du moyen âge ou du féodalisme même à cette époque dite de  »lumières » et sa méprise des peuples, leur maintient dans l’ignorance et la soumission, et leur découverte de l’exotisme de l’orient entre autres pour la première fois…:)))

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    • 12 juin 2020 à 7 h 46 min
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      Il n’y a strictement rien d’hagiographique ici. Le personnage n’intéresse que du fait de canaliser la dialectique, novatrice mais problématique, de la révolution française, révolution bourgeoise vouée à cette ruineuse trajectoire pseudo-impériale qu’on connait.

      Ne m’imputez pas le simplisme du dictionnaire des idées recues. Répondez à moi… pas au monceau de vos autres lectures sur cette question qui, visiblement, vous irrite un petit peu et vous fait par trop juger, approuver, réprouver, oui, oui, non, non, etc…

      La catastrophe complexe de l’histoire n’a que faire de vos approbations et de vos réprobations, ni des miennes…

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  • 12 juin 2020 à 10 h 08 min
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    @ ysengrimus

    Texte de qualité oeuvre d’analyse historique puissante, Merci.

    Pour ma part je maintiens que Napoléon fut un furher avant l’heure – un criminel de guerre – un tueur en série (de grandes séries mathématiques) méfaits historiques qu’il réalisa à la mesure de la technologie évolutive de son temps .

    Aucune admiration pour ce petit dictateur qui déclencha l’avant première guerre mondiale.

    Robert Bibeau

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  • 12 juin 2020 à 11 h 30 min
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    @ Ysengrimus

    Je ne vous impute aucun simplisme, j’ai sorti ce terme d’hagiographie pour vous taquiner simplement surtout après lu ce passage de votre texte :  »Bonaparte en tire en tout cas, à moyen terme, des conclusions assez fatales, au sujet de la pulsion émotionnelle des peuples dans le rapport qui les cheville à leurs dirigeants étatiques. Il voudra impérativement s’approprier cette immense charge symbolique que visiblement l’intendance révolutionnaire ne livre tout simplement pas. Ce n’est pas juste une question d’ordre social (et encore moins une petite affaire de destin personnel), c’est une question de cohésion viscérale profonde de la vie politique ordinaire, intime, totale. » :))))

    Autrement, je suis mal placé pour juger votre analyse… que vous livrez avec la même Maestria que vos précédentes mon cher…et vous avez bien fait de relever mes réprobations probablement non pertinentes pour le sujet, ou  »mes monceaux de lecture » (Aie, elle est pas tendre celle-là) ;))) car comme Robert, je tenais à exprimer à la fois les contradictions du personnage et mes doutes sur les accomplissements du Sheikh Napoléon dont le corps gît encore sous le marbre dans un temple de la renommée comme un saint..:))) Napoléon en somme, un boucher dans ses jeunes années et même plus tard, mais génial stratège militaire certes, homme d’état d’exception encore, urbaniste d’exception aussi qui a redonné à Paris et à la France un prestige intra-muros certain…mais à quoi bon dans ma tête… une certaine continuité impérialiste de la France monarchiste jamais interrompue par la révolution française m’interpelle encore, ses pratiques, ses visées, ses aspirations à la gloire…inévitables certes pour l’époque mais tout de même… !

    Amicalement Ysengrimus !:)))

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    • 12 juin 2020 à 16 h 33 min
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      Sam et Robert se rejoignent dans leur dédain de Napoléon. Ils le réprouvent. Ce n’est pas la primeur de l’heure mais je les seconde.

      Nous n’aimons pas le capitalisme non plus, remarquez… et nous voyons bien à finement en analyser la teneur… C’est qu’en histoire, j’aime j’aime pas n’est PAS une catégorie opératoire…

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      • 12 juin 2020 à 19 h 37 min
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        Mon Cher Ysengrimus !

        Vous n’avez pas idée combien j’aime la France, sa nature, ses gens, sa gastronomie, ses vins, sa culture, sa littérature, ses arts, ses peintres, ses musiciens, ses talentueux artistes, ses villes et ses monuments, et bien entendu ses femmes et nana fofolles et rebelles…et j’en ai vu et vécu des trucs en France ! :))) et je vous assure que plein de Français n’ont eux même pas idée de la beauté et la richesse de leur pays, ils n’ont pas tous sillonné ses côtes sauvages, connu ses coins bretons, alsaciens, ou provinciaux, son massif central ou son midi…etc…. le jour ou à 17 ans, je me rendais à l’ambassade ou consulat de France pour préparer mon visa étudiant (que j’abandonnerai à défaut d’être admis en Architecture à Paris), ils nous demandaient de passer un test de Français comme préalable, uniquement à ceux qui ont fait l’école publique et non la mission française comme mes sœurs (sacré fee mon papa, il savait ce qu’il faisaitL))) …bref, mon examinateur après avoir validé mon test, me surprit avec une question sur le dernier livre d’au auteur Français que j’avais lu, et de lui en faire un résumé !!!! j’étais désarçonné et paniqué car le dernier livre que j’avais lu justement et qui traînait dans notre bibliothèque familiale était pas un de ces livres un peu académiques et imposés aux étudiants (mes sœurs) comme Chateaubriand mémoires d’outre tombe, Sartre, Zola, Saint-Exupéry, Foucault et les autres….non, c’était un livre pour lequel je me suis passionné en dépit de sa lecture difficile à l’époque, il s’agissait de  »Grimbosq » de Henry Troyat ! l’histoire d’un Architecte français s’étant expatrié en Russie sous Pierre le Grand qui bâtissait Saint-Pétersbourg ! Bref, pendant que moi je tremblotait de ne pas pouvoir lui résumer ce livre ou en rendre un compte rendu convainquant, tout en pensant que lui doit avoir lu tout ce qui est possible et imaginable, lui, me regardait avec des yeux exorbités et n’en revenait pas !:))) il m’arrêta donc au milieu de mon exposé et me dit :  »tu as intérêt à te qualifier avec tes notes pour l’école d’architecture, car de mon côté tu passes le test sans le moindre problème » et enfin me montra un joli sourire ! …bref, je n’irais jamais en France, mais ailleurs dans un pays gris et plus petit mais proche d’ou je pouvais descendre en France quand je le voulais !

        Mes études terminées et une fois de retour au bercail, je me rendais compte que j’avais bien négligé ma propre culture arabe, et littérature arabe,j’en faisait un complexe et j’ai aussitôt démarré la lecture des auteurs, des journaux et plonger dans la culture du pays…et c’est pour dire que ce ne fut jamais facile de maintenir la cadence de lecture dans une langue ou une autre ! mon autre sœur américanisée me refilait des romans d’espionage comme du Ludlum en Anglais et me disait que je ne savait pas ce que je rate, son mari, me traitait de cancre car je ne lisait pas les trucs de gestion ou d’économie ou des journaux économiques ! mes copains du peuple, mes favoris, me traitaient d’enfant gâté car je ne lisait pas assez sur les intellectuels arabes ou sur la religion aussi !:)) et pour couronner le tout, feu mon père me reprochait de ne pas avoir la culture socialiste ou politique du pays et passait sa vie et m’expliquer les faits historiques, les personnages des journaux arabes marocains, ou l’art de savourer des magasines de gauche et de droite français, ou celui d’y comprendre quoique ce soit au journaux arabes prestigieux établis à Londres…

        bref, en ayant pas seulement l’identité partagée, morcelée…mais le cœur aussi, notamment pour une française qui me traitait comme Napoléon :)))) je n’exagère même pas… et en devant au final par on ne sait quel destin tragique immigrer au Canada, ma vie s’y est un peu arrêté je dois admettre ! que voulez-vous j’en ai pris une bonne en plein dans la tronche du capitalisme nord américain auquel je ne m’attendais absolument pas ! et pourtant… je me suis ramassé comme on dit, j’ai repris courage pour affronter le monstre d’ici, climatique entre autres, et je me suis même marié, j’ai voulu croire en un renouveau…sans couper les ponts avec mon ancienne identité…et j’en ai profité aussi pour plonger dans la lecture pendant deux ans de chômage et dèche sociale au début, en allant à la bibliothèque du quartier, mais dès que j’ai mis les pieds à l’étrier, ils m’ont essoré ces enfants de malheur, ils m’ont vidé, ils m’ont ramené à des instincts primitifs d’ignares qu’ils sont, et j’ai pourtant encore pu traverser cette période noire ! alors je me suis mis à voyager comme avant comme lorsque j’étais jeune et fou et je considérais que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans les voyages et sans les rencontres et vivre sa vie entre quatre murs à  »bâtir une carrière de merde, avec une vie triste, et en comptant ses sous !

        et c’est d’ailleurs pour cette raison que si je devais raconter ma vie, on ne me croirait même pas dans la moitié de ce que je raconte ou de ce que j’ai vécu ! et c’est aussi pour cela que mes lectures sont devenues plus sélectives et en fonction de mon emploi du temps !

        J’espère qu’un jour je puisse te faire faire un tour dans les ptits coins insolites de ma vie de bohémien, à travers un bouquin ou des mémoires justement, pour réaliser les montagnes russes que j’ai dû traverser ….et je suis certain que c’est ton cas aussi !

        Alors s’il te plait sois gentil avec moi et Robert, sinon, on va te refroidir avec notre lanceur d’eau anti émeutes et anti grabuge…même avec tous l’amour et le respect qu’on te voue ! espèce de vieux loup rusé et parfois méchant ! :))))

        Amicalement mon cher Ysengrimus ! :)))

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        • 12 juin 2020 à 21 h 32 min
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          Sam, je vais me décider à formuler explicitement une opinion que j’ai à votre sujet depuis un petit moment: vous devriez vous partir un blogue.

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          • 13 juin 2020 à 0 h 12 min
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            J’y ai toujours pensé, depuis 2004, que j’ai commencé à fréquenter la blogosphère dont certains blogueurs me fascinaient et qui hélas pour la plus part on mis la clé sous la porte ! une douzaine de blogs dont mes deux favoris étaient francophones, pour l’un juriste qui parle cinq langues, et qui vous décortiquait l’actualité et la politique mondiale sous cet angle, chaque billet avait l’air d’un cours magistral de trois pages avec les articles de loi, lois internationales en plus, droit français, allemand, suédois, espagnol !!!!! fils du peuple branché extrême gauche, mais avec la tête sur les épaules, un type (marocain) qui n’est pas de ce monde qui donnerait des leçons aux meilleurs journalistes… et modeste en plus, il adore le foot ball et ne se prend même pas au sérieux ! incroyable ! le second, un poète francophone (marocain aussi ) ingénieur en aviation, phénomène sur pattes, la 5ème dimension de la littérature française, la philosophie, mais aussi un peu pornographe tout en poésie en plus :))))

            ça m’a toujours intimidé les blogs bien faits! votre blog d’ailleurs comme autre exemple, et même notre Robert avec ses airs de don quichotte communiste du village gaulois :))) c’est un sacré blogueur, un théoricien discipliné et un analyste accompli ! comment voulez-vous que je me risque là-dedans ?! :)))

            et puis la vie est trop courte ! je préfère encore butiner dans les blogs qui vaillent la peine ! comme les vôtres ! en espérant ne pas trop vous emmerder avec mes commentaires ampoulés ! :))) Merci pour le conseil Ysengrimus ! vous êtes un vrai prince, je vous l’ai déjà dit ! un peu ténébreux, forcément… dans le bon sens du terme, mais vous êtes un vrai pote virtuel avec Robert qui valent franchement la peine…et grâce à qui, on est assuré de pas crever idiot, dans ce monde rempli de crétins ! :)))

            Merci encore !

  • 13 juin 2020 à 1 h 06 min
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    @ Robert

    Inutile de vous dire mon cher Robert que cette histoire de don quichotte que j’ai utilisé ne visait rien d’autre que vous complimenter…car il faut une sacrée dose de culture marxiste déjà pour vous suivre, vous comprendre et saisir l’étendue de votre culture, travaux, essais et synthèses de votre travail et réflexion ! Vous êtes un véritable ange mon Cher Robert, et vous êtes le meilleur camarade de lecture et de réflexion que l’on peut avoir par les temps qui courent ! ne vous méprenez surtout pas sur mes excès ou mes critiques de certains, votre blog est en réalité le seul endroit qui garanti la liberté d’expression en réalité ! et rien que pour ça, vous méritez un prix mondial et une reconnaissance universelle ! il n’y a pas un seul blog ou webmagazine dans toute la francophonie qui soit ouvert comme le votre à l’opinion et la contre opinion ! vous fonderiez une école de journalisme prestigieuse rien qu’avec ça !:))) et Merci justement pour cela !

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  • 14 juin 2020 à 15 h 22 min
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    @ Ysengrimus et @ Robert

    Je crois que j’ai trouvé la solution pour m’assurer votre sympathie à mes opinions et vous piéger ainsi tous les deux comme des tourtereaux dans mes filets !:))) je vais vous remarier ! oui vous avez bien lu ! :)) je vais vous dégoter à chacun une nana plus jeune d’au moins 25 ans, loyale, ensorceleuse, chanteuse aussi du sud du Maroc, comme cette chanteuse exceptionnelle : OUM, (Non, pas la fameuse et défunte Oum Kalthoum diva Égyptienne), mais la Marocaine fraîche et plus jeune, qui chante en arabe dialectal, en classique, en espagnol, en français, en anglais…voyez vous même !:)))

     »NIA » de Oum (Nia ou niya veut dire en arabe l’intention)
    https://www.youtube.com/watch?v=Qx3WZ985a5Y

     »Lagrimas Negras » (Les larmes noires) reprise de la fameuse chanson cubaine de Miguel Matamoros)
    Par Oum ici : https://www.youtube.com/watch?v=rsTOMQoRY4I
    Par Cuba Feliz ici : https://www.youtube.com/watch?v=tozhe0yTAqo (rien avoir certes, mais Oum, la chante en arabe dialectale par sa vois douce)

     »TARAGALTE » sur le désert au sons Touaregs et Gnawa
    https://www.youtube.com/watch?v=297klwcKKmI

    et enfin cette chanson en dialecte marocain  »LIK », ou  »A toi » superbe chanson avec succès assuré même aux états-unis https://www.youtube.com/watch?v=JUGezel7JVU

    Bref, vous êtes pas sorti de l’auberge !:)) et même si vous êtes mariés déjà (au cas ou)… Par les pouvoirs de Sheikh qui me sont conférés, je vous autorise à prendre seconde épouse, à condition de ne pas faire faux bond à la première, et d’être justes, droits et de faire en sorte de ne pas trop leur exiger ! Yallah ! Mabrouk ! :)))))

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  • 14 juin 2020 à 21 h 22 min
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    Tentative de traduction par un commentateur Youtube, de la première chanson NIA

    Pour les beaux jours, je lui suis reconnaissant,
    J’encaisse pour lui l’amertume et les tourments,
    La vie est un bien qui ne dure qu’un temps,
    Vient ensuite l’éternité où je serai sans,

    Et si nos jours venaient à s’assombrir (odeur de pierre),
    J’y passerais mon temps à planter et à assainir,
    Au bien-aimé, un palais de boue je ferais construire,
    Et avec lui, sur la braise, se consumera mon désir,

    Je serais une oasis dans laquelle ses désirs fleurissent,
    Où pousse en silence la force et les plantes qui guérissent,
    Je danserais avec lui la valse de la lune et du soleil,
    Et au levé du jour je lui dirais : « tu es mon fort ! »

    Avec honneur, je marcherais la tête haute, sereine,
    Je ferais en sorte qu’aucun mal n’advienne,
    Je parlerais du vent et de l’amour sans gène,
    Mon cœur, mon esprit versera de la tendresse dans mes veines,
    Et si seulement j’avais la force pour surmonter mes peines,
    Je ne dérangerais, ni ne demanderais l’aide de personne,
    Si je meurs, je ne garderais que le bon, autant que je me souvienne,
    Heureuse d’emporter avec moi la part de vie qui est mienne.

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  • 16 juin 2020 à 8 h 38 min
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    À TOUS les minables qui critiquent sans s’installer dans le temps de l’Histoire pour essayer à comprendre. Il y a deux types des gens : les libres et les Esclaves. Les premiers, ont un rêve et le font… Les deuxièmes, ne font qu’accepter sa triste réalité. Napoléon est et sera le dernier grand homme de l’Europe. Aujourd’hui, je vois mon Québec en train de disparaître, car il n’a que des putes au pouvoir au service d la Grande Bretagne. Pour ceux qui le critiquent, que faites vous pour le Québec? Napoléon comme Bolivar, avaient un rêve, mais malheureusement, il faut payer un prix pour avoir osé déranger le Pouvoir!

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    • 16 juin 2020 à 11 h 18 min
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      @ Pablo

      Ok Pablo on se calme… l’unique minable ici c’est moi !:))) et puis si ça te vexe à ce point, alors Napoléon est un grand homme  »et le dernier grand homme de l’europe »…. et bien entendu, pas la peine de vanter El Libertador Simon Bolivar, encore mieux que Napoléon, lui au moins à libéré l’Amérique Latine des espagnols :))

      Pablo, tu étais gentil dans les commentaires avant, mais là ça commence à chauffer on dirait… ne t’inquiètes pas, on va désormais dire oui à tous ce que tu dis :))) Sacré Pablo !

      Il faudrait qu’on se fasse un de ces 4, une bonne Paella et un bon verre (C’est moi qui prépare la Paella) ! tu sais que je te respecte et je t’ai déjà dit d’écrire un livre sur ton histoire…mais tu ne m’as même pas répondu !

      Yallah, hasta siempre camarade Pablo !:)))

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