Erik Prince, fondateur de Blackwater, de retour (1/2)
Par René Naba. Sur https://www.madaniya.info/2026/03/09/erik-prince-fondateur-de-blackwater-de-retour-1-2/
Après une éclipse d’un quart de siècle, l’ancien PDG de Blackwater, «l’armée privée la plus puissante du monde» a repris son business de la guerre et de la sécurité à travers sa nouvelle entreprise Vectus Global, prônant sans ambages une nouvelle forme de colonialisme dans les états rongés par la corruption.
Erik Prince, fondateur et ancien dirigeant de la société militaire privée Blackwater, est de retour. A Haïti ou au Salvador, en passant par le Pérou, l’Équateur et jusqu’à la République Démocratique du Congo (RDC). Entre lutte contre le trafic de drogue, expulsion de migrants illégaux, guerre contre les groupes armés non étatiques et sécurisation de carrés miniers en Afrique, Erik Prince a multiplié les apparitions depuis la réélection, fin 2024, de son meilleur allié à la Maison Blanche, Donald Trump, dont il est un ardent supporteur.
Sur cette affaire, cf ce lien:
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/28/le-retour-en-grace-d-erik-prince-fondateur-de-blackwater_6643230_3212.html
Certes, ce n’est plus le flamboiement d’il y a une vingtaine d’années. Après ses déboires en Irak, dans la première décennie du XXIème siècle, Erik Prince avait trouvé asile à Abou Dhabi. Il reprend du service pour faire pièce, semble-t-il à la compagnie privée russe Wagner qui a délogé la France de l’Afrique occidentale.
L’ancien militaire du commando d’élite de la marine américaine, les Navy SEAL (acronyme de Sea, Air, Land: «mer, air et terre»), héritier d’une riche famille établie sur les rives du lac Michigan, dirigeait alors Blackwater – rebaptisé depuis «Academia» –,«l’armée privée la plus puissante du monde», pour reprendre le titre du livre enquête de Jeremy Scahill (Actes Sud, 2008).
C’était sous la mandature du président de George W. Bush (2001-2009), celles de la privatisation de la défense américaine menée tambour battant par le secrétaire à la défense de l’époque, Donald Rumsfeld. En 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les forces américaines, il y avait là presque autant de contractuels que de GI engagés dans la «guerre contre la terreur».
Retour sur cette compagnie, de sinistre mémoire, qui s’est illustrée de manière sanglante en Irak au point que le gouvernement irakien avait suspendu l’autorisation pour son implication dans la mort de huit civils irakiens lors d’une fusillade après un attentat à la voiture piégée au passage d’un convoi du Département d’état.
Huit civils irakiens avaient été tués et 13 autres blessés quand de présumés employés de Blackwater avaient ouvert le feu dans un quartier à majorité sunnite de l’ouest de Bagdad.
Blackwater assurait la sécurité de nombreuses opérations civiles américaines en Irak. Cette compagnie comptait un millier d’employés en Irak et pour au moins 800 millions de dollars de contrats du gouvernement américain. C’est l’une des firmes principales opérant en Irak, avec notamment sa flotte d’hélicoptères. Elle a été chargée de la protection du premier proconsul américain en Irak Paul Bremer et de ses successeurs John Negroponte, Zalmay Khalilzadeh et l’ambassadeur américain Ray Croockers.
Au total, les États-Unis comptaient 120.000 soldats américains soutenus par la flotte du Golfe, deux porte-avions, neuf bâtiments d’escorte, soit 16.000 marins et 140 avions de combat. Toutefois, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban, étaient régulièrement pointés du doigt, mais cette accusation quand bien même était fondée, occultait toutefois la responsabilité des pays occidentaux dans la déstabilisation régionale, notamment à travers leurs mercenaires.
En 48 mois de guerre (quatre ans), l’Irak, le plus important champ de tir de l’époque contemporaine, était devenu le plus important champ de mercenariat du monde. Près de cent mille gardes privés (100.000), le terme pudique employé pour désigner les mercenaires des temps modernes, étaient en mission dans ce pays, au point de constituer le deuxième contingent par ordre d’importance opérant en Irak, derrière les États-Unis, surpassant de loin l’ensemble des autres forces de la coalition (britanniques, polonais, australiens etc.), selon les estimations occidentales.
Le recours au mercenariat se justifie pour de multiples raisons:
- une commodité comptable d’abord, car en cas de décès, les mercenaires ne figurent pas sur la liste des bilans officiels américains ou anglais,
- une commodité opérationnelle ensuite car les mercenaires ne sont pas soumis aux astreintes militaires et disposent d’une plus grande marge de manœuvre. En cas de scandale, comme c’est le cas avec les tortures de la prison d’Abou Ghraïb, l’honneur d’un pays n’est pas entaché dans la mesure où la responsabilité de la forfaiture en incombe aux sous-traitants.
Le maître d’œuvre de l’opération mercenariat en Irak a été la firme américaine Blackwater, une firme de «prestataires de service», créée en 1997, par Erik Prince, héritier d’une riche famille de chrétiens ultraconservateurs du Michigan et ancien membre des commandos de marine, les «Navy Seal».
Blackwater signifie étymologiquement l’eau noire qui signifie en langage imagé les eaux d’égouts transportant les matières fécales des toilettes non recyclables. La firme, connaîtra un développement fulgurant avec «la guerre contre le terrorisme» lancé par le président George Bush jr en riposte aux attentats anti-américains du 11 septembre 2001.
En 2002, dans la foulée de l’invasion de l’Afghanistan, Erik Prince a fait des offres de service au Pentagone. Donald Rumsfeld, soucieux de restructurer la machine de guerre américaine, développa alors la sous-traitance de certaines opérations à des forces spéciales dotées d’armes de haute technologie. Blackwater obtint, sans appel d’offres, son premier contrat, en avril 2002, d’une valeur de cinq millions de dollars pour la protection du siège de l’agence à Kaboul.
Un an plus tard, la société décroche le gros lot avec le contrat de protection du proconsul américain en Irak, Paul Bremer, un contrat emporté toujours sans mise en concurrence. A partir de ce moment, Blackwater a recruté sa propre armée privée sur le Tigre et l’Euphrate, et les commandes pleuvaient.
L’entreprise a ouvert des bureaux à Bagdad, mais aussi à Amman, à Koweït City et à McLean, en Virginie, à équidistance du Pentagone, de la Maison Blanche et de la CIA. 450 experts répartis dans deux succursales de la firme à Bagdad et à Kuwait City, avaient été affectés au recrutement, à la centralisation des candidatures, les contrats de mission et les lieux d’affectation, ainsi qu’au ravitaillement. Blackwater connaîtra la notoriété à Falloujah (Irak) où elle s’est tristement illustrée avec la capture de quatre de ses membres, révélant aux États-Unis et au reste du monde ses méthodes expéditives.
La capture de ses «prestataires de service», le 31 Mars 2004, -quatre jeunes gens d’une trentaine d’années, en tenue civile, sans grade ni uniformes-, ainsi que le démembrement de leur dépouille à coups d’armes contondantes après leur décès dans les combats, puis leur exposition sur le pont de l’Euphrate, va déclencher l’un des combats les plus meurtriers de la guerre d’Irak, la bataille de Falloujah qui réduira cette ville sunnite en cité fantôme.
En ce mois d’avril 2004, qui passe pour avoir été l’un des points les plus chauds de la confrontation américano-irakienne, 80 mercenaires ont été tués dans les batailles de Falloujah, de Bagdad et de Nadjaf, dont 14 dans la première quinzaine d’avril. C’est d’ailleurs la capture et la mutilation de quatre mercenaires à proximité de Falloujah, dans le secteur sunnite de l’Irak, qui a déclenché les batailles d’avril. Récidiviste, Blackwater s’illustrera trois mois plus tard dans la deuxième grande bataille d’Irak, la bataille de Najaf, dans le sud de l’Irak, lieu saint chiite et fief du chef radical Moqtada Sadr. La firme avait assuré la protection du quartier général de la coalition provisoire irakienne à Najaf.
Le Washington Post avait affirmé à l’époque que la défense du bâtiment avait été assurée par des hommes de Blackwater et qu’au plus fort de la bataille, les mercenaires s’étaient fait ravitailler en munitions par trois de leurs propres hélicoptères, s’attirant les félicitations publiques du général en charge des opérations de sécurité en Irak, alors que les mercenaires ne font traditionnellement pas partie de la chaîne de commandement de l’armée américaine. Depuis lors, Blackwater était devenu le supplétif indispensable de l’armée américaine.
Armée fantôme, Blackwater est une multinationale prospère, fonctionnant en toute opacité.
En quelques années, la firme est passée d’une poignée d’employés à 2 300 personnes déployées dans neuf pays, et avait développé une base de donnée de 21 000 candidats: anciens militaires américains et soldats étrangers, tous alléchés par l’idée d’empocher quatre à dix fois leur solde, avec moins de contraintes. Les revenus ont bondi de quelques millions de dollars à plus d’un milliard –uniquement grâce à des contrats avec le gouvernement des États-Unis.
Sur l’Irak, cf ces liens
- https://www.renenaba.com/l-hecatombe-des-faiseurs-de-guerre/
- https://www.madaniya.info/2017/10/02/irak-l-independance-kurdistan-2-eme-israel-flanc-oriental-monde-arabe/
- https://www.madaniya.info/2018/09/21/le-martyrologe-scientifique-irakien/
En tête du hit parade des «PMC» (private military contractors), Blackwater ne rendait en effet aucun compte au public. Ses contrats étaient classés secret défense et ses opérations sur le terrain se déroulaient dans une discrétion absolue.
Les hommes de terrain étaient fournis par diverses agences privées notamment DSL (Defence Systems Limited). Fondée par Allistair Morisson, un ancien de la SAS (Special Air Services), les troupes d’élite de l’armée de l’air britannique, DSL disposait d’une armée privée de vingt mille hommes et se présentait comme l’une des plus grandes compagnies militaires privées.
Rachetée en 1997 par Armor Holdings Inc, DSL assurait la fourniture de la gamme de services allant de la répression des émeutes (gaz lacrymogènes, matraques, véhicules blindés, gilets pare-balles) à la protection à distance des personnalités (système d’alerte, limousines blindées). En France, Armor-DSL était propriétaire de la société Labbé, spécialiste de la construction des fourgons blindés utilisés par le convoyeur de fond «Brinks».
Armor-DSL s’est rendue célèbre dans ses interventions en Angola aux côtés du chef sécessionniste Jonas Savimbi, président de l’UNITA, ainsi qu’en Colombie contre les narco-trafiquants. Elle disposait de dix centres régionaux d’opérations à Londres, Washington, Bogota, Johannesburg, Moscou, Hong Kong ainsi qu’à Harare (Zimbabwe) et au Bahreïn. Le recrutement se faisait aussi par Internet, au su et au vu de tout le monde. Le tarif, variable selon l’importance de la cible potentielle:
Six mille dollars par mois pour un garde du corps chargé de la protection rapprochée des hommes d’affaires, entrepreneurs, en quête de richesse et de gloire (BG/CP body guard close protection), huit mille dollars pour la protection d’une personnalité importante.
Les recrues provenaient des pays réputés pour la rudesse de leur formation militaire: Afrique du sud, Ukraine, Russie, Anglais, Américains, les ressortissants d’Amérique latine, notamment des Chiliens ainsi que des Népalais qui ont une longue tradition de mercenariat –que l’on se rappelle les fameux Gurkhas de l’Empire britannique– et pour leur teint davantage en harmonie avec les caractéristiques du type arabe, ainsi que naturellement, les ressortissants du Moyen-Orient et de l’ensemble arabe pour des tâches d’interprétariat et de décryptage d’informations.
Une répartition des tâches semble s’être opérée entre les firmes américaines et britanniques. Si les Anglais sont présents dans leur ancienne zone d’influence, notamment les émirats pétroliers du Golfe, l’Amérique a la haute main sur l’Arabie Saoudite et le reste du Moyen-Orient.
Outre Defense Systeme Ltd, la Grande-Bretagne disposait d’une deuxième compagnie privée de mercenariat, «Watchguard», dont le siège est à Guernesey, îles britanniques. Fondée en 1967 par David Sterling, un ancien des commandos de l’air britanniques (Special Air Services), Watchguard passait pour être un instrument d’influence de la diplomatie britannique.
A son palmarès figurent la protection de Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, Cheikh d’Abou Dhabi et président de la Fédération des Émirats du Golfe, ainsi que l’encadrement des troupes omanaises dans la répression de la guérilla marxiste du Dhofar, dans les années 1965-1970.
Outre Blackwater, les États-Unis comptaient, eux, deux grandes sociétés privées militaires: Vinnell Corp, dont le siège est à Fairfax, en Virginie, et BDM international. Toutes deux filiales de la multinationale Carlyle, elles apparaissaient comme les bras armés privilégiés de la politique américaine en Arabie et dans le Golfe. Vinel corp, dont la mission saoudienne a fait l’objet d’un attentat à Khobar en 1995, avait la haute main sur la formation de la Garde nationale saoudienne, tandis que BDM gérait la formation du personnel de l’armée de l’air, de la marine et des forces terrestres saoudiennes.
L’establishment militaire américain ne se cache d’ailleurs pas des liens qu’il entretient avec le mercenariat privé: ainsi le groupe Carlyle est dirigé par Frank Carlucci, ancien directeur adjoint de la CIA et ancien assistant de Caspar Weinberger, secrétaire à la Défense dans l’administration Ronald Reagan, alors que John Deutsch, ancien directeur de la CIA, a été membre du conseil d’administration de CMS Energy Corporation, firme chargée de la protection des installations énergétiques (pétrole, nucléaire, électricité).
Le lien le plus manifeste de la collaboration entre le mercenariat privé et le Pentagone est l’existence de MPRI (Military Professional Resources Incorporated), le plus grand groupe d’expertise militaire dans le monde. Son fichier dispose de deux mille noms d’officiers du Pentagone, utiles tant pour le lobbying que pour l’expertise.
La France a adopté un profil bas depuis la disparition de Bob Denard, le célèbre baroudeur africain et ses déboires français tant en Irak que sur le continent noir. En l’absence d’un chef charismatique capable de fédérer des soldats aussi récalcitrants à la discipline, elle avait opéré une modeste percée en Irak à l’aide d’une petite structure «EARTHWIND HOLDING CORPORATION».
Première et unique société militaire privée francophone opérationnelle dans le monde, EARTHWIND Holding disposait de 30 à 40 anciens militaires et policiers français en Irak pour la sous-traitance des missions auparavant imparties aux officiers anglophones.
La France disposait en outre d’une structure paritaire, la DCI (Défense Compagnie internationale), dont l’État français possédait 50 pour cent du capital et le reste est réparti entre les industries françaises de l’armement (Thales, Dassault etc..) avec une structure pour chaque discipline.
La COFRAS (Compagnie française d’assistance spécialisée), pour l’armée de terre, NAVCO, pour la marine, Airco pour l’armée de l’air. Au capital de 21,3 millions d’euros et 1200 employés, Défense compagnie internationale (DCI) a eu en charge la formation des servants saoudiens du contrat Sawari, de fourniture du matériel militaire français à l’Arabie Saoudite.
Le panorama du mercenariat international serait incomplet si l’on omettait de faire figurer l’Afrique du sud et Israël, les anciens partenaires de la période coloniale: Les anciens officiers et militaires de race blanche du temps de l’apartheid, déçus par la tournure politique prise par leur pays gouverné désormais par la majorité noire, se sont lancés dans un rôle de super-gendarmes privés du continent noir, faisant de la firme sud-africaine «EXECUTIVE OUTCOMES» la forme la plus achevée du mercenariat moderne.
Fort d’un vivier permanent de 2.000 hommes solidement formés et encadrés, «Executive outcomes» a passé contrat «guerre clefs en main» prenant en charge la formation et l’équipement des forces locales, leur ravitaillement, ainsi que la riposte militaire en cas de revers militaire de manière à assurer la victoire au cocontractant. Ses titres de gloire sont respectivement le Sierra Leone ou en coopération avec les forces britanniques, elle a évincé le président Charles Taylor, ainsi qu’en Angola, où elle a contribué à la consolidation du régime Dos Santos, s’incrustant au passage dans le trafic des pierres précieuses.
Israël, enfin, dispose de LEV-DAN, filiale de Kardan Investment, firme spécialisée dans le commerce du diamant en Angola et au Zaïre, qui lui sert d’ailleurs de couverture dans ces deux pays, véritable plaque tournante de la contrebande internationale des pierres précieuses.
Lev-Dav a aidé l’ancien président congolais Pascal Lissouba dans sa bataille pour le contrôle de Brazzaville contre son rival Sassou Nguesso à la fin de la décennie 1990.
Fondée par le général Zeev Zakron, Lev DAN a mis sur pied la milice de l’officier libanais dissident Saad Haddad, à qui elle a confié le contrôle de la zone de sécurité durant la guerre civile libanaise (1975-1990).
Lev-Dan agit de concert avec le Shin Beth, les services de renseignements israéliens, et, s’agissant du Moyen-Orient, en coordination avec le bureau des «minorités périphériques», le vocable par lequel les services israéliens désignent les ressortissants des pays arabes qu’ils croient susceptibles de collaborer avec eux, comme ce fut le cas lors de la guerre du Liban avec les Forces Libanaises (1975-2000), et comme cela a été le cas dans la nouvelle guerre d’Irak avec les supplétifs kurdes de l’armée américaine et d’anciens des «Forces Libanaises» (miliciens chrétiens libanais, jadis dirigés par l’un des chefs de la coalition pro-américaine libanaise Samir Geagea)? Des “soldats perdus” recyclés dans des sociétés militaires privées tant américaines qu’israéliennes.
En Irak, selon des informations de la chaîne britannique BBC 2, des instructeurs israéliens formaient des soldats kurdes. Le magazine Newsnight du 19 septembre 2006 avait présenté des images exclusives de vastes installations et de ces entraînements. Interop et Colosseum, deux sociétés israéliennes de mercenariat serviraient de couverture à cette activité de l’armée israélienne.
Les officiers auraient transité par Djibouti pour masquer leur origine.
Les Israéliens auraient pris la succession de sociétés américaines de mercenariat, déjà présentes au Kurdistan irakien depuis la création de la zone de non-survol, à l’issue de l’opération Tempête du désert, en 1991. La présence d’instructeurs israéliens en Irak avait été révélée, par la presse israélienne elle-même, mais les détails de cette opération n’étaient pas connus.
Les néo-conservateurs américains entendaient créer un Kurdistan indépendant en faisant exploser l’Irak et en amputant à la fois la Turquie et la Syrie.
Ce projet nécessitait la création d’une armée kurde. Constituée par d’anciens peshmergas, les maquisards kurdes, l’armée du Kurdistan avait déjà été sollicitée pour des opérations de maintien de l’ordre à Bagdad au cours du premier semestre de 2007 dans le cadre du plan de sécurisation de la capitale irakienne, suscitant en représailles de sanglants attentats dans le nord kurdophone de l’Irak.
La privatisation de la violence et sa marchandisation via des sociétés militaires privées a été un secteur en plein essor industrie en plein essor générant un bénéfice annuel de plus de cent milliards de dollars.
A lui seul le gouvernement américain aurait dépensé en moins d’une décennie (la période 1994-2002) quelque 300 milliards de dollars auprès de telles sociétés présentes dans une trentaine de pays, principalement dans le monde arabe et l’Afrique.
Recrutés souvent dans les cercles xénophobes de l’extrême droite fascisante, ces «chiens de guerre» dont l’honorabilité est recyclée dans le professionnalisme des sociétés militaires privées et dans la défense des «valeurs de l’Occident» apparaissent à bien des égards comme les gardiens de l’ordre économique, l’expression moderne de l’impérialisme, l’instrument le plus efficace de la perpétuation du joug colonial.
Fin 2007, l’Irak aura coûté aux États-Unis 500 milliards de dollars (378 mds d’euros) et le montant total aurait atteint voire dépasser les 1.000 milliards (600 mds d’euros). Ni la Corée ni le Vietnam n’avaient coûté autant, alors que la guerre du Vietnam (1960-1975) avait duré quinze ans et que le corps expéditionnaire américain s’élevait à cinq cent mille soldats .
Si la guerre d’Irak s’était prolongée, elle aurait coûté davantage que la Seconde Guerre mondiale (1940-1945), la plus chère à ce jour (2.000 mds dollars en dollars constants/1.500 mds d’euros).
L’enrôlement massif de mercenaires, l’appât du gain, l’ivresse de l’aventure militaire hors norme, les sanctions économiques infligées à la Syrie pour la contraindre à freiner les infiltrations des djihadistes, les pressions sur l’Iran, suffiront-ils pour assurer la victoire d’une armée perçue comme occupante par de nombreux protagonistes de la zone.
Illustration
In a July, 21, 2008, file photo, founder and CEO of Blackwater Worldwide Erik Prince talks at Blackwater’s offices in Moyock, N.C. (Gerry Broome/AP)

Par René Naba. Sur
Versão em Língua Portuguesa:
https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2026/04/erik-prince-fundador-da-blackwater-esta.html
Le règne de la terreur, qui touche à sa fin, quoi qu’en disent beaucoup « d’experts », s’est toujours qualifié par des appellations positives voulant montrer aux gens qui vivent sous sa domination et contribuent à constituer sa force vive, qu’il est la voie du bien naturel à suivre.
Évidemment, si on a deux sous de jugeote, instinctivement on sait que cela ne peut être que faux et tout le contraire de ce qui est affiché, car très franchement, le bien n’a besoin d’aucune espèce de publicité particulière pour se faire reconnaître.
Il faut avoir une vue d’ensemble des choses, d’une part, jamais de la vie, les américains n’ont et ne forment une civilisation, c’est une agrégation d’ethnies et d’individus dont la seule ressemblance et intérêt commun, est le pillage.
C’est aussi pourquoi israël et les États-Unis sont si étroitement liés, ce sont des pillards.
D’après l’opinion générale acquise, ces deux principaux émissaires de l’occidentalisme, auraient accaparé aujourd’hui tout ce qui peut faire l’objet d’une connaissance certaine et contrôlable.
Ce ne sont là, que des illusions, c’est ce que l’on nous faisait croire et surtout que nous finissions par vouloir croire.
En réalité, plus la science s’est imposée dans ce camp-là, moins la philosophie y avait sa place, c’est en conséquence devenu un espace international totalement conjectural.
Absolument aucune des théories qui sortent de là n’ont pris le temps qu’il faut pour être vérifiées, comme la force brutale était à la disposition des chefs de ce camp, tout allait aussi bien que dans le meilleur des mondes, il suffisait de massacrer plusieurs milliers de milliers d’êtres humains là où leurs causes le justifiaient selon eux et c’était parfait, les choses se réélisaient selon ce qu’ils considéraient être leur bon déroulement.
Le problème que provoque un tel aveuglement quant à la réalité, c’est qu’on ne voit pas et qu’on ne sait absolument pas comment appréhender toutes les variantes des causes extrinsèques qui n’ont cessées de s’accumuler entre elles durant des décennies.
Tout comme à l’heure actuelle, dans ledit camp occidental mené par les deux principales nations peuplées des pires imbéciles qui soient, on ne voit et on ne connaît sa force que comme une valeur pratique qui donne les moyens d’accroître le bien-être.
Comme dit plus haut, tout est conjectural.
Tout un panel de pseudo sciences se sont mises à influencer considérablement la marche de ces sociétés humaines, jetant dedans pêle-mêle toutes sortes de théories plus absurdes les unes des autres, ce qui aujourd’hui permet qu’intrinsèquement il n’est que trop aisé de faire exister une défiance vis-à-vis de cette société et même une très forte antipathie à son encontre, dans la mesure où quasiment toutes ses prédictions sur son propre avenir sont totalement compromises quand elles ne sont pas l’objet d’échecs flagrants.
Tout vient par vagues dorénavant, que ce soient les idées métaphysiques, morales et religieuses, elles contribuent toutes au même rôle essentiel, démontrer et affirmer que désormais la science ne suffit pas par elle seule à tout.
Le pape actuel qui est un américain, c’est le Karol WOJTYLA des États-Unis, pour le moment, nous n’avons nulle part en occident un mouvement citoyen ou ouvrier comme Solidarnosc à l’époque de Jean Paul II qui puisse déjà permettre le déploiement de toute la force de la parole de l’Église, cela va venir, patience.
Le problème actuel, c’est que les vagues migratoires qu’à provoqué ce mouvement, est justement devenu la gangue qui a fini de déchristianiser l’occident, nous n’étions pas frères mais ennemis et nous ne le soupçonnions pas, comme à chaque fois, ce ne sont sont pas les chrétiens qui ont abandonné leur patrie, malheureusement pas, il y en eu quelques uns parmi eux, la majorité elle, était constituée d’antichrétiens.
Malheureusement, nous ne voulons pas tenir compte dans les analyses de toute la portée de la foi, or, c’est le cœur même de cette guerre asymétrique qui est en train de mettre en place une unité cérébrale mondiale pour qu’enfin s’établisse une mission sociale du même ordre, tout n’est pas encore complètement installé, il faut encore que l’Argentine connaissent de graves plaies pour que son peuple se souvienne où il doit aller.
C’est une immense révolution occidentale qui est sur le point de s’opérer, la restauration du pouvoir spirituel, pas celui dans lequel actuellement tous les pseudo chrétiens marchent bien moins élégamment que les crabes.
Comment pourrait-il en être autrement, quand la nouvelle religion de l’humanité a été mise sur pied il y a de cela à peine cent ans, en occident, l’analphabétisme régnait encore en maître.
Tout ce qui s’est déroulé dans le siècle passé et le quart de celui-ci relève de la réflexion, sauf que, depuis le début de celui-ci de siècle, tout le travail consiste à détruire le faux qui s’est constitué à la fin du XIXE.
Aujourd’hui, pour nos analystes prendre en compte ce genre de vérité alors qu’ils essaient autant qu’ils peuvent de sauver ce qui est sauvable de ce cul-de-bassefosse qu’est l’occident, ça n’est pas compatible avec les réalités qu’ils veulent donner aux choses.
Comment les gens modernes voudraient-ils simplement croire qu’il est impossible qu’autant des exploits dont se vante l’occident sur le reste de l’humanité soient possibles alors qu’on faisait face à tant d’ignorance, or, si même aujourd’hui où toutes les possibilités de s’informer, s’instruire et verticaliser existent gratuitement pour toutes celles et ceux qui s’en donnent la peine, bien que la grande majorité des autres disposent de la base générale pour entreprendre eux-mêmes ce périple intellectuel, rien n’y fera, malgré tout la manipulation générale des masses populaires est encore très facile, un troupeau restera toujours un troupeau.
Dès lors qu’on contrôle les gens avec la peur, on peut tout obtenir d’eux, c’est pas pour rien qu’on dit avec raison de nous, que nous ne sommes que des animaux.
Toutefois, cela était encore vrai jusqu’à ce que ces personnes voient de leurs propres yeux qu’il y a d’autres manières d’être qui ouvrent sur d’autres réalités.
Ces personnes-là constituent une masse critique aujourd’hui avec laquelle on peut tout faire et tout réaliser.
Tout le monde était d’accord pour louer jusqu’ici la force et la résilience palestinienne, mais, comme les nations arabes sont à l’identique de l’occident, des faillites morales, voilà qu’il existe dans le monde musulman une voie qui n’est pas du tout aussi délabrées que le sont celles des sociétés musulmanes faillies. L’Iran.
Nous avons été élevés en tant qu’esprits systémiques voués à la recherche des plaisirs et du bien-être, absolument tout ce que la science arrive à nous faire croire qu’elle nous donne, or, tout cela est faux, la science elle-même est confrontée à notre époque à son propre mysticisme, ce qui n’était pas censé lui arriver en même pas seulement cent ans après qu’elle ait évincé des âmes la foi spirituelle.
Il y a longtemps que je le dis, nos apprentis dieux n’ont pas les éléments en eux pour mener toute l’humanité, ce à quoi ils vont faire face, ils n’ont aucune parade pour le contrer, même la terreur que procurait une extinction de l’humanité suite à l’explosion d’une guerre nucléaire, ils ne l’ont plus en main.
Que ce soit la ou Russie et l’Iran, c’est deux nations nous montrent comment elles peuvent vaincre les nôtres sans mettre en danger la viabilité de la planète.
Le déséquilibre de la terreur que provoque cette nouvelle considération de la réalité, est synonyme de guerres intrinsèques pour l’occident.
C’est cela qui était recherché, la fracturation de prééminence morale de la fausse religion dans laquelle l’holocauste est glorifié.
Donc, peu importe, dorénavant pour les autres nations, que nous ayons ou pas d’immenses sociétés de mercenaires, ces gens-là constitueront le moment venu, la pire menace qui soient dans des économies ruinées pour l’ordre qui aura failli à leur fournir ce pourquoi ils se sont battus.
Quant aux authentiques militaires eux-mêmes, cela fait bien longtemps qu’ils n’ont plus aucune envie de voir certaines guerres interétatiques se développer, eux ils savent vers quelle mort certaine on les enverrait.
L’irrésistible autorité de l’occident, du moins, celle qu’elle croyait avoir n’existe plus, en quarante jours plus treize l’année dernière, l’Iran a fait sauter ce mirage.
Le Trump qui annonçait, pérorait même sa victoire la semaine dernière sur tous les tons, n’a personne actuellement à la table des négociations ne serait-ce que pour prolonger le cessez-le-feu, a fortiori solutionner sa guerre par des accords de paix.
Guerre qui commence à coûter à nos économies des dépenses imprévues chères, le dogmatisme du quoi qu’il en coûte au sujet de l’Ukraine montre à quel point notre science de la prévision et de l’anticipation nous n’en avons aucune maîtrise vraie, tout n’est qu’une supercherie, un culte idolâtre d’un faux inqualifiable.
Pour autant, plus elle durera cette guerre, plus notre effondrement va s’accélérer, plus il accélérera, plus la disparité entre ceux qui peuvent encore et ceux qui n’en peuvent plus du tout, va devenir critique dans nos sociétés, c’est pourquoi toutes ces dithyrambes sur les soi-disant forces de l’occident me font rire, nous assistons à notre effondrement total et nous ne voulons parler que d’un dérèglement structurel, ce pathétisme en dit long sur nous-mêmes.
Les analyses sont complètement fausses quand elles ne veulent voir que le décorum de la Foire, ça n’est que la Foire.
Cent ans, c’est absolument tout le temps que cette chose immonde a pu tenir à nos têtes à nous contrôler.
Dans le principe même de notre pseudo oligarchie, il est édicté que la science ne vaut que si elle est en mesure de remplacer la religion.
À qui et à quoi a-t-on affaire, si ce n’est à cette race-religion-peuple-ethnie-communauté-+++ et, des larbins qui hululent à longueur de temps gloire à l’Amérique, dieu sauve le roi, et toutes sortes de conneries du même ordre, en vérité, quelle est leur identité, ils n’en ont pas en vrai, car ils ne savent même plus s’expliquer eux-mêmes à eux-mêmes, ce ne sont que des fantasmes, donc des fantômes une fois la réalité imposée.
Tous les pseudo milieux intellectuels de l’occident sont aujourd’hui tombés dans le plus profond discrédit, depuis la vaccination forcée, on ne trouve plus de ces cobayes qui avaient la langue si bien pendue pour fustiger les non-vaccinés, ils ont comme disparu, honteux qu’ils sont d’avoir été utilisés comme des animaux de laboratoire, pour les convaincre il a quand même fallu que les sachants donnent de leurs personnes, c’est pas encore digéré ça.
Que dire de ce monde, dans lequel toutes les bonnes possibilités existent mais les spéculateurs ne feront jamais rien pour qu’elles apparaissent car ils perdraient leurs pouvoirs sur nous.
La science est parvenue à faire que les nouvelles découvertes n’apportent même plus d’intelligence, même momentanée, au contraire, elles abrutissent l’humain, elles vont soi-disant à une vitesse tellement folle qu’elles ne laissent même pas le temps d’apprendre.
C’est encore une idée reçue, tout ça est absolument faux, c’est pourquoi ce sont toujours les arnaqueurs à la pointe du progrès, on ne les mystifie pas, eux.
Très franchement, certains devraient vraiment rechercher le plus d’informations possibles sur un sujet avant d’émettre les imbécilités qu’ils font lire aux gens, c’est aparté je le fais parce que je lis des conneries sans noms à propos des croisades et des croisés en ce moment, il y a encore des malheureux qui croient que les fameuses croisades avaient pour but d’aller libérer le tombeau du Christ, très enfantin d’en être encore là à notre époque, peut être Anne de Bretagne aurait-elle des choses à nous apprendre quant à ce cénotaphe.
Quoi qu’il en soit, ignorer que pour effectuer le voyage en dite terre sainte, il fallait aux candidats emprunter énormément d’argent, aux juifs, par conséquent, avec la pratique systématique de l’usure par ces derniers, lesdits emprunteurs ne pouvaient pour la plupart pas honorer leurs créances à leur retour s’ils revenaient, ce qui donnait lieu à des procédures dans lesquelles les juifs se retrouvaient en capacité de s’octroyer les biens nobiliaires, ce que n’était tout simplement pas admissible, d’où toutes sortes de décrets pour remédier aux faits, mais, cela ne suffisant pas, on les virait du royaume et les dettes, croyait-on à l’époque, s’éteignaient.
En fait pas du tout, car ils émigraient avec leurs livres de compte, ce qui fait que les intérêts des dettes contractées ont courus sur des siècles, il n’est même pas dit que nous ayons à l’heure actuelle fini de payer ces créances, de sorte que, ignorer les vraies réalités de l’histoire et raconter les fables qui ne nous font pas voir que nous, plusieurs générations du peuple avons payé ou payons encore le remboursement de dettes privées datant de plusieurs siècles.
Voilà pourquoi on nous inculque le mantra à propos de l’engagement envers un crédit, une dette ça se paie.
Prendre pour des croisés des cul-terreux comme Egseth et consorts, c’est faire insulte à la foi en Christ, jamais Mahomet ne sera insulté par un croyant en Christ, respectons-nous.
Si on comprend bien, malgré le fait qu’à l’heure qu’il est c’est la politique de la chaise vide que joue l’Iran, Trump en dépit de cela dit qu’il est dans la meilleure position de force qui soit pour négocier, néanmoins, il reconduit unilatéralement, avant expiration et jusqu’à nouvel ordre, le cessez-le-feu.
Il n’y a pas à dire c’est obligatoirement l’homme le plus puissant du monde et aussi le plus clair comme le plus brave.
Décidément, tout cela serait extrêmement comique s’il n’y avait tous ces morts à venir.
C’est vraiment une sortie de scène très très pitoyable que nous offre les États-Unis, peut-être est-ce cela, les premiers seront les derniers.