7 au Front

De la nécessité des « grèves de masse » dirigées par le parti de classe du prolétariat

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.

MARX écrivait dans «Misère de la philosophie et philosophie de la misère» (1847) que:

«Les grandes industries rassemblent une foule d’ouvriers …Le maintien du salaire, cet intérêt commun, les réunit dans une pensée de résistance – une coalition économique».

Ainsi, cette «résistance» pour «le maintien du salaire» et des conditions de vie sociales unifie le prolétariat dans la lutte économique et à ce titre constitue un apprentissage à la lutte économique  de classe TOUTEFOIS comme MARX le démontra lors de son étude des «Révolutions» de 1848 et plus particulièrement, de la Commune de Paris de 1871 ( «La lutte des classes en France») :

«La Révolution communiste suppose la conquête du pouvoir politique, pas seulement la pression économique» et partant, aucune grève fut-elle «de masse», «générale» et «illimitée» ne remplace la révolution de classe prolétarienne.

ENGELS dans une «Lettre à Bebel» (1875) écrivait: «Les luttes économiques forment l’école de guerre du prolétariat» mais n’en constitue pas la guerre elle-même. »

Ainsi, critiquant les courants anarchistes, ENGELS expliqua que «croire qu’une «grève générale» fut-elle de «masse», «générale» et «illimitée» puisse renverser le système capitaliste n’est qu’une illusion dangereuse et fatale au prolétariat car l’État, la police et l’armée capitalistes restent et déploieront toutes leur puissance pour réprimer et anéantir cette «grève de masse», et alors que la «grève de masse» peut être un «moment de radicalisation», la révolution implique un affrontement irréconciliable avec l’État. Voir cet article de la revue Révolution ou Guerre no. 32 :  Contribution : Lutte en masse et marche à la guerre impérialiste – les 7 du quebec,  et https://les7duquebec.net/archives/303798

 

LÉNINE fut celui qui vécu le plus directement les «grèves de masse» à l’occasion de la Révolution russe de 1905 et des mouvements révolutionnaires en Europe.

Dès 1902 dans «Que faire», LÉNINE, critiqua sévèrement l’idée que la lutte économique suffise lorsqu’il écrivit:

«La conscience social-démocrate ( lire: «communiste» suite au galvaudage bourgeois de ce terme) ne peut être apportée aux ouvriers que de l’extérieur (…) par son Parti révolutionnaire».

Analysant «les grèves de masse» qui marquèrent la Révolution de 1905, LÉNINE écrivit:

«La grève de masse est une des formes les plus importantes de la lutte révolutionnaire mais au mieux, elle conduit à l’insurrection populaire et par elle-même, jamais à la révolution prolétarienne».

Dans «L’État et la révolution» (1917), LÉNINE concluait:

«La substitution de l’État prolétarien à l’État bourgeois est impossible sans révolution prolétarienne violente».

Pour MARX, ENGELS et LÉNINE:

La «grève de masse» est l’école, la forme d’entrée, le déclencheur «possible» de la révolution prolétarienne comme le sont l’ensemble des insurrections populaires — mais la révolution exige la prise du pouvoir d’État, ce que «la grève de masse», tout comme les «insurrections populaires» ne visent pas… mais pourront contribuer à atteindre.

L’issue même des mouvements révolutionnaires en Allemagne («révolution spartakiste»: 1918-1923) sous la direction «spontanéiste de grèves de masse» de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht qui tous deux  furent assassinés comme celle d’Anton Pannekoek en Hollande, démontrent la supériorité indubitable de l’analyse de LÉNINE et la nécessité absolue d’un authentique Parti communiste, seul capable de faire passer les «grèves de masse» et les «insurrections populaires» de «mouvements spontanés» en une véritable révolution prolétarienne et pire encore, que laissé sans direction révolutionnaire PROLÉTARIENNE, ces «grèves de masse» et ces «insurrections populaires» peuvent conduire à leur contraire: la dictature fasciste comme ce fut le cas tant en Allemagne qu’en Hollande, en Espagne et en Italie.

D’entrée de jeu, il faut considérer que «les grèves de masse» et les «insurrections populaires» qui ont des objectifs «économiques» alors que la bourgeoisie organise la guerre peuvent être «satisfaites économiquement» comme l’ont démontré la prise du pouvoir des fascistes mussoliniens en Italie, des nazis hitlériens en Allemagne et des «sociaux-démocrates» fascistes  Rooseveltiens aux U$A et la création de vastes programmes d’emplois qui mirent le prolétariat «au travail», leur procura un salaire et les mobilisa pour les guerres mondiales qui suivirent.

Ainsi, les crises économiques systémiques de surproduction de capitaux et de marchandises du capitalisme qui préludent les guerres impérialistes  pour «le vol, le pillage et le brigandage» ( LÉNINE) permettent aux capitalistes d’acheter la «paix sociale» en «créant des emplois payants» dans le complexe militaro-industriel ou de «vastes travaux d’infrastructures», ce qui neutralisent les «grèves de masse» économique et rallient le prolétariat aux objectifs militaristes de la bourgeoisie.

La «reprise économique» qui survint en Italie fasciste, en Allemagne nazie, au Japon militariste impérial, aux États-Unis  social-nationaliste-faciste  sous Roosevelt et le «new deal», en France sous le «Front populaire», en Angleterre sous le gouvernement travailliste-social-fasciste, etc. sont autant de preuves du caractère réactionnaire de «certaines grèves de masse» économiques.

Qui n’a pas entendu le président grabataire sénile Biden et le sénateur fasciste Lindsey Graham déclarer à l’unisson: «La guerre en Ukraine crée des emplois payants aux U$A sans qu’on ne sacrifie un seul boy»?

Cette guerre fratricide entre «slaves» russes et ukrainiens a permis aux capitalistes mondiaux d’imposer à leurs esclaves salariés mondiaux de détourner l’argent des programmes sociaux vers les capitalistes du complexe militaro-industriel, principalement U$, russes et chinois.

Qui oublie qu’en Russie poutinienne, aux U$A tr0mpiste et en Chine Xiiste, grâce à la guerre en Ukraine et au génocide des palestiniens martyrs, leur économie capitaliste respective a atteint le «plein emploi» et elle fait venir des chômeurs d’Inde, du Vietnam et d’ailleurs pour combler leur manque de main d’œuvre et poursuive leur militarisation.

Au même moment, aux U$A, en Russie, en Chine, en Europe et au Canada, les gouvernements bourgeois, «ces comités exécutifs de la bourgeoisie chargés de la gestion de leurs intérêts communs» s’emploient fébrilement à militariser leur économie en préparation à la prochaine guerre impérialiste mondiale, l’Armagédon thermonucléaire ultime.

À ces aspects réactionnaires des «grèves de masses» économiques, il faut ajouter la désindustrialisation et la désyndicalisation des économies occidentales alors que les esclaves salariés sont atomisés et embourgeoisés dans des emplois tertiaires, tantôt à domicile, tantôt dans des bureaux climatisés et des commerces de détails où ils livrent leur travail salarié par internet, coupés de contacts directs avec leur classe sociale.

Cette réalité parasitaire de l’économie capitaliste occidentale aux frais du tiers monde favorise la collaboration de classes  et la montée du fascisme sous toutes ses formes, depuis le «national-capitalisme» tr0mpiste, au «patriotisme européiste», en passant par «le wokisme», le «gauchisme», le «féminisme», l’ukronazisme, le sionazisme, le «socialisme à la chinoise», au tsarisme orthodoxe russe poutinien, au «nihilisme», au «toddisme familial», etc., un salmigondi débilitant conçu précisément par la bourgeoisie pour mobiliser le prolétariat dans ses plans militaristes de guerre totale.

À ces «grèves de masse» économiques spontanées et sans direction révolutionnaire susceptibles de conduire au fascisme, il faut ajouter les «insurrections populaires» sans direction révolutionnaire communiste comme celle des Gilets jaunes en France ou des Carrés rouges au Québec qui n’ont conduit les «masses» qu’à la répression barbare, aux blessures et au désespoir ou à collaboration de classe par le passage des «leaders» aux partis bourgeois comme celui de Nadeau-Dubois à Québec Solidaire.

N’en déplaise aux «gauchistes» et aux « droitistes-fascistes » à tout crin, le prolétariat est par nature matérialiste dialectique et historique et athée  car il sait par son expérience vivante que la matière seule existe; que les «idées» sont le résultat de l’activité électrique et chimique de son cerveau; que «ses conditions matérielles de vie et de survie créent sa conscience de classe»; que «la religion est l’opium du peuple»; que «son histoire est celle de la lutte des classes : maîtres et esclaves; barons et serfs; bourgeois et prolétaires»; que sous la dictature des capitalistes, il en est réduit à être esclave salarié: «chair à patrons en temps de paix; chair à canons en temps de guerre.

Le prolétariat est par destination MARXISTE car il sait qu’il doit s’organiser en Parti prolétarien  à l’exclusion de la bourgeoisie s’il veut renverser la dictature capitaliste, abolir la propriété privée des moyens de production, de financiarisation et de communication, l’exploitation de l’homme par l’homme et instaurer la société communiste où ce sera «de chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins».

Le temps presse, la bourgeoisie précipite l’humanité dans une guerre mondiale thermonucléaire apocalyptique et le prolétariat n’en est plus à partager son pouvoir avec les «masses», il doit impérativement prendre sa destinée en mains, s’organiser au sein de son propre parti de classe  et sauver l’humanité de la destruction en instaurant la DICTATURE PROLÉTARIENNE ET EN RENVERSANT LE CAPITALISME MORIBOND.

PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS !
BÂTISSEZ VOTRE PARTI DE CLASSE, RENVERSEZ LA DICTATURE DE LA BOURGEOISIE
ET INSTAUREZ  LE POUVOIR PROLÉTARIEN !


Paru  aux Éditions L’Harmattan à Paris le volume de Robert Bibeau et Khider Mesloub:

«DE L’INSURRECTION POPULAIRE À LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE » Collection Questions contemporaines. 120 pages.

Pour commander en ligne chez l’Harmattan:  De l’insurrection populaire à la révolution prolétarienne – Robert Bibeau, Khider Mesloub,    chez  AMAZON : https://www.amazon.ca/-/fr/linsurrection-populaire-%C3%A0-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne/dp/2336478714/ref=sr_1_8?


Une Révolution sociale est un mouvement de classe par lequel la classe dominante d’un mode de production obsolète est renversée, ses infrastructures économiques et matérielles et ses superstructures sociales, politiques et idéologiques détruites pour être remplacées par un nouveau mode de production.

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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