Pérou: élections présidentielles, la victoire d’un syndicaliste reflète la crise du régime capitaliste

Par Jorge Martín.  Commenté par :

 

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Que o Silêncio dos Justos não Mate Inocentes: Perú: eleições presidenciais, a vitória de um sindicalista reflecte a crise do regime capitalista (queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com)

 

Dimanche 11 avril, le premier tour des élections présidentielles au Pérou a produit une surprise de taille : la victoire, contre toute attente, de Pedro Castillo, le leader de la grève des enseignants de 2017. (Castillo est un bureaucrate syndical de la gauche bourgeoise. Rappelez-vous le sénateur de la gauche chilienne Salvator Allende en 1970 et souvenez-vous du syndicaliste brésilien corrompu Lula da Silva en 2003, sans oubliés Morales le bolivien nationaliste et Chavez le vénézuélien chrétien qui ont tous mené les prolétaires au désastre. NDÉ)

Au second tour, il affrontera la candidate réactionnaire de droite du Fuerza Popular, Keiko Fujimori, dans une expression claire d’une énorme polarisation politique dans un pays ravagé par la crise économique et par le confinement du COVID-19.

 

Que Pedro Castillo, du Pérou Libre, soit arrivé en tête du premier tour des élections présidentielles est un symptôme très significatif de la crise de légitimité des institutions et des partis bourgeois (de gauche comme de droite. NDÉ), un aspect central de la crise de régime que connaît le Pérou et toute l’Amérique latine. Cela s’est également exprimé lors des mobilisations explosives de novembre, lorsque l’irruption des masses populistes a brisé le fragile équilibre institutionnel.

 

Pedro Castillo est connu pour être un militant syndical qui a dirigé la grève des enseignants de 2017, dans une rébellion de la base contre la direction bureaucratique du syndicat SUTEP réactionnaire (contrôlé par le Parti communiste du Pérou – Patrie rouge).

 

L’un des slogans centraux de sa campagne – « Plus de pauvres dans un pays riche » – exprime l’énorme colère accumulée parmi les masses du Pérou contre le capital, les multinationales et les élites politiques qui représentent leurs intérêts. (Il y a un siècle que des godillots de gauche et de droite poussent ce slogan populiste en période d’orage populaire pour duper les foules agitées. NDÉ)

 

La classe dirigeante péruvienne est également imprégnée de racisme et de mépris de classe à l’égard des populations indigènes, des masses ouvrières et paysannes pauvres des régions, ainsi que de celles qui vivent dans les zones rurales. Perú Libre se décrit comme un parti « marxiste-léniniste-mariatéguiste » et utilise ouvertement le mot « socialiste » dans son programme et son agitation. (Ce mot qui revient à la mode régulièrement quand la crise cyclique du capitalisme frappe les masses prolétariennes sur le bord de l’insurrection. Rappelez-vous que Hitler dirigeait le Parti national-socialiste allemand, et Mussolini le Parti socialiste Italien. NDÉ)

 

José Luis Mariategui fut le fondateur du Parti communiste péruvien et un de plus remarquables théoriciens marxistes du continent latino-américain. (Et l’un des plus révisionnistes praticiens de la révolution prolétarienne. NDÉ)

 

L’appel à une Assemblée constituante, qui a été un point central de la campagne du parti, s’inscrit parfaitement dans le rejet général, non seulement de la constitution actuelle, élaborée sous la dictature de Fujimori, mais aussi de toutes les institutions pourries et corrompues de la démocratie bourgeoise. Castillo a déclaré que si le Congrès n’accepte pas l’appel à une Assemblée constituante, il le dissoudra. (Un autre attrape-nigaud que cette «Assemblée constituante» convoquée sous le règne du mode de production capitaliste et qui ne pourra accoucher que d’une nouvelle constitution bourgeoise réformée visant à duper le prolétariat en faveur de la faction de gauche du capital bourgeois. NDÉ)

 

Dans le même ordre d’idées, il a promis de dissoudre la Cour constitutionnelle, impliquée dans des scandales de corruption, et d’en élire une nouvelle « par mandat populaire où chacun des magistrats ne dépendra pas d’un parlement qui sert des intérêts politiques et économiques qui lui sont propres ; ils devront devenir de véritables tribuns du peuple pour défendre non pas une constitution mafieuse, mais les droits du peuple. » (Il y a un siècle que les socialistes utopistes – réformistes – chantent ce refrain constitutionnel aux prolétaires dubitatifs. Le prolétariat doit d’abord s’emparer de tout le pouvoir puis, détruire les institutions bourgeoises avant de construire un nouveau mode de production prolétarien sur lequel s’appuiera une éventuelle constitution. NDÉ)

 

Ce langage de confrontation contre les institutions bourgeoises corrompues est ce qui a valu au leader du syndicat des enseignants le soutien d’importants secteurs de la classe ouvrière, des enseignants et des paysans pauvres dans les provinces du pays – non seulement dans sa ville natale de Cajamarca, dans le Nord, mais aussi dans toute la région andine du Sud. La victoire de Castillo représente un vote pour le candidat qui semble le plus éloigné et opposé à la politique officielle. Le militant syndical a annoncé qu’il renonçait à son salaire de président pour vivre de son salaire d’enseignant et qu’il réduisait de moitié les salaires des ministres, des membres du Congrès et des hauts fonctionnaires.  (Le coup d’État militaire ne tardera pas si cet opportuniste devait gagner le second tour de l’élection présidentielle bidon. NDÉ)

 

Son programme annonce également la nationalisation de « l’essence Camisea pour toutes les familles du Pérou. Les puits de pétrole, l’or, l’argent, Machu Picchu et Perú Rail doivent être récupérés ». Il propose la révision de tous les contrats avec les multinationales afin qu’au lieu de recevoir 70% des bénéfices et de laisser 30% à l’État, ce soit l’inverse. (Fadaises populistes…l’armée frétille déjà dans ses casernes et le peuple paiera de son sang ces illusions frauduleuses comme il le fait présentement au Venezuela et le fit au Chili en 1973. NDÉ)

 

Avec cet argent, il propose de financer un ambitieux programme d’investissements et de services publics, en consacrant 10% du budget national à l’éducation, en organisant une campagne d’alphabétisation et en garantissant le droit à la santé. Avec un tel programme, il n’est pas étonnant que les médias bourgeois l’aient dénoncé en chœur et l’aient accusé d’être lié au Sentier Lumineux, la guérilla de gauche des années 1980 et 1990. Cette accusation est sans fondement.  Castillo a appartenu aux « Rondas campesinas », organisations d’autodéfense nées dans sa province natale de Chota, à Cajamarca, pour défendre les paysans contre la criminalité et aussi contre la pénétration de la guérilla du Sentier Lumineux.

 

En réalité, l’organisation politique que les médias accusent d’être aujourd’hui le bras politique du Sentier Lumineux – le Mouvement pour l’Amnistie et les Droits fondamentaux (Movadef) – a appelé à un vote nul ou à l’abstention lors des élections. En réponse à ces accusations, M. Castillo a déclaré : « Lorsque vous dites la vérité, on vous traite de terroriste. Le terrorisme, c’est la faim, c’est la misère, c’est l’abandon, ce sont les grandes inégalités, les injustices qui sont commises dans le pays« . En tout cas, cette situation révèle que la classe dirigeante ne peut plus avoir le même impact que par le passé en agitant le spectre du terrorisme.

 

La victoire surprise de Castillo au premier tour, un candidat que les médias qualifient d' »ultragauche », ne peut être comprise que comme le résultat de la crise profonde du régime au Pérou. (Non pas une crise du «Régime» que la go-gauche pourrait réformer en instituant un «Régime socialiste utopique», mais une crise du  mode de production capitaliste dont le monde entier ne peut sortir qu’en renversant mondialement le capitalisme. NDÉ).

 

Les cinq derniers présidents du pays ont été mis en examen pour corruption, dont quatre pour avoir reçu des pots-de-vin du géant brésilien des travaux publics, Odebrecht. Alan García s’est suicidé en 2019 sur fond d’accusations de corruption. Alejandro Toledo est emprisonné aux États-Unis dans l’attente d’une demande d’extradition. Pedro Pablo Kuczynski est assigné à résidence, condamné pour blanchiment d’argent. Martín Vizcarra, le président « anti-corruption », a également été limogé, avec des accusations de corruption, lors d’une manœuvre parlementaire qui a déclenché le mouvement de masse en novembre dernier. L’ancien président nationaliste Ollanta Humala fait également l’objet d’une enquête dans le cadre de l’affaire Odebrecht. Le dictateur Alberto Fujimori complète la liste, emprisonné pour divers crimes, dont la corruption. (Attention ! Une manœuvre parlementaire ou électorale n’est jamais l’étincelle d’un mouvement de masse prolétarien…jamais. Une insurrection prolétarienne prend sa source non pas dans une mascarade électorale ou une chicane entre factions bourgeoises, mais dans la révolte du prolétariat excédé. Ces «affaires» de corruption sont le symptôme de la gangrène qui ronge ce Régime et ce système capitaliste moribond que l’opportunisme socialiste ne pourra réchapper.  NDÉ)

 

Crise économique et pandémie avec confinement dément

 

Le Pérou est un pays riche, comme le rappelle Castillo, qui a bénéficié pendant près de 15 ans du cycle haussier des prix des minéraux et des matières premières. Entre 2003 et 2014, le PIB a été multiplié par quatre, et le PIB par habitant a également été multiplié par trois. Mais cette augmentation de la richesse n’a fait qu’accentuer la polarisation entre les riches et les pauvres, dans une véritable orgie de corruption et d’argent facile que les élites se sont mis dans les poches. (C’est la manière de fonctionner du mode de production capitaliste et aucun régime socialiste utopiste de gauche ou fasciste de droite ne peut y remédier. Il faut abolir le capitalisme. NDÉ)

 

L’année dernière, le Pérou a été dévasté par la crise économique et par la pandémie et le confinement du COVID-19. La gestion désastreuse de la pandémie par le gouvernement a conduit à des chiffres officiels effrayants qui font état de 55 000 décès et de plus de 1,6 million de cas cumulés (sur une population de 32 millions d’habitants).  Le Pérou est le pays du monde où le pourcentage de surmortalité est le plus élevé (140% par rapport à une année normale), et le pays du monde où le nombre de décès par million d’habitants est le plus élevé. Si l’on utilise le paramètre des décès excédentaires pour estimer le nombre réel de décès dus au COVID-19, on arrive à un chiffre de 150 000 décès.) (Les camarades de gauche ne devraient pas répandre l’hystérie de la pandémie comme le font les larbins politiciens sous la botte des médias à la solde du grand capital. NDÉ)

 

Pour couronner le tout, les politiciens du pays ont été mêlés au scandale du « vaccinagate », dans lequel de hauts fonctionnaires ont été vaccinés avant le reste de la population, sautant la queue des priorités médicales et utilisant secrètement des doses destinées à des analyses cliniques. (Montrant ainsi que lorsqu’un système économique, politique, social et idéologique est corrompu le système sanitaire et médical l’est également, comme le reste de la société que personne ne pourra sauver de l’effondrement…la gauche doit se résigner à le laisser s’écrouler et cesser de répandre le mythe des élections réformatrices. La révolution ne sera pas au bout du crayon de votation disions-nous : LA DÉMOCRATIE AUX ÉTATS-UNIS (Les mascarades électorales) – les 7 du quebec NDÉ)

 

En 2020, le PIB a chuté de 11,1 %, la pire récession depuis 30 ans, faisant du Pérou le deuxième pays le plus touché de toute l’Amérique latine. Deux millions d’emplois ont été détruits, ce qui a fait doubler le taux de chômage à 14,5 %. Ces chiffres ne tiennent compte que des emplois formels, dans un pays où 70 % des travailleurs n’ont pas de contrat. 1,8 million de personnes sont venues grossir les rangs des personnes considérées comme pauvres. 27,5% de la population est officiellement classée en situation de pauvreté, soit une augmentation de 6 points depuis 2019. (Voilà des informations catastrophiques dû au confinement dément et qu’aucun président fantoche – de gauche comme de droite – ne pourra atténuer ou résorber. NDÉ)

 

Les zones les plus durement touchées par la crise et la pandémie-confinement meurtrier  sont celles qui ont livré un pourcentage de vote plus élevé pour Castillo : 54% à Huancavelica où la pauvreté dépasse 35%, 51% à Ayacucho, 53% à Apurímac, 44% dans sa région natale de Cajamarca où la pauvreté atteint 38% de la population, 47% à Puno, 37% à Cusco (où l’autre candidate de gauche, Verónika Mendoza de Juntos Por Perú, est arrivée deuxième avec 20%).  Au total, Castillo gagne dans 17 des 26 départements du pays, et ses plus mauvais résultats sont dans la capitale Lima, où il arrive en cinquième position avec 7,88%.

 

À partir des résultats, il faut également souligner le grand nombre de votes nuls qui sont aussi l’expression du ras-le-bol de millions de personnes envers la politique officielle. Plus de deux millions de votes blancs ont été comptabilisés (12 % des suffrages exprimés), ce qui placerait en fait le vote blanc en deuxième position dans la course à la présidence, derrière Castillo (qui a obtenu 2,6 millions, soit 19 % des votes valides exprimés). Les trois partis qui ont formé les derniers gouvernements du Pérou sont passés sous le seuil de 5% nécessaire pour rester sur le registre électoral, et ont donc été rayés de la carte.  (Je me permets de prédire le même avenir pour Macron)

 

Le programme du Pérou Libre

 

En réalité, le programme du Pérou Libre n’est pas un programme socialiste, qui proposerait  la nationalisation des moyens de production et l’expropriation des capitalistes. C’est un programme nationaliste qui s’inspire explicitement de l’expérience du gouvernement d’Evo Morales en Bolivie, et de celui de Rafael Correa en Équateur.  Son programme repose sur l’idée d’utiliser les ressources naturelles du pays pour financer le développement national, la santé et l’éducation de la population. (Qu’est-il advenu de Morales, de Carrea, du parti bolivarien au Venezuela, de Lula, de Allende au Chili et des castristes à Cuba? NDÉ) RAUL CASTRO: LES RUINES DU PROJET NATIONAL CAPITALISTE DE L’ÉTAT CUBAIN – les 7 du quebec

 

Il propose d’annuler les contrats avec les multinationales, et seulement si elles refusent, de les nationaliser. Malgré l’utilisation de mots comme « marxisme » et « socialisme », il s’agit d’un programme réformiste, qui reste dans les limites du système, et qui parle de rejeter le « néolibéralisme », mais de soutenir la « communauté nationale des affaires ». (Le nouveau verbiage que le grand capital international utilise par la bouche de ses sous-fifres de gauche pour flouer l’insurrection populaire. NDÉ)

 

Le problème principal est que les limites du système, dans un pays dominé par l’impérialisme comme le Pérou, et au milieu d’une crise économique mondiale sans précédent du capitalisme comme celle que nous vivons, sont très, très étroites. Si Castillo gagne les élections présidentielles et tente de mettre en œuvre le programme qu’il défend, il sera inévitablement confronté à la réaction virulente des capitalistes et de l’impérialisme, dont les intérêts et les privilèges sont menacés par ce programme limité. Il ne représente pas seulement une menace en raison de sa promesse d’inverser les relations avec les multinationales. Il représente également une menace en raison des attentes qu’il peut susciter parmi la majorité des travailleurs et des paysans pauvres.

 

La gauche petite-bourgeoise se chamaille pour cueillir la manne électorale  

 

Dans une situation comme celle que connaît déjà le pays, d’effervescence sociale, ce que la classe dirigeante craint le plus, c’est qu’une confrontation entre elle et un gouvernement Castillo puisse ouvrir la voie à des actions de masse dans les rues par les travailleurs et les paysans. (Exactement ce qui est arrivé au Chili avec Allende en 1970-73).  Il est important de mentionner que d’autres aspects du programme du Pérou Libre reflètent des préjugés réactionnaires, tels que l’opposition à l’égalité des mariages homosexuels, les attaques xénophobes contre les étrangers « criminels » qui, selon le programme, « doivent être expulsés », le rejet d’une prétendue « idéologie du genre » et sa position peu claire sur le droit à l’avortement (Castillo l’a publiquement rejeté, déclarant ensuite que ce serait à l’Assemblée constituante de décider, alors que le programme officiel parle de « dépénalisation » de l’avortement).

 

À cet égard, M. Castillo est à l’opposé de l’autre candidate de gauche, Verónika Mendoza de Juntos Por Perú, qui met tout l’accent sur les questions de droits démocratiques et d’identité, tout en édulcorant son programme et en essayant d’apaiser les hommes d’affaires (qu’elle qualifie d' »alliés stratégiques pour le développement du pays »). (La ligne directrice de «la gauche» sociale-démocrate et du Parti démocrate aux US. Un piège «sociétal» évident). Ce n’est pas une coïncidence si, à mesure que la campagne avançait et que Mendoza édulcorait son programme, ses intentions de vote ont chuté et celles de Castillo ont augmenté. (Avis à Mélenchon)

 

Un autre aspect qui a miné la campagne de Veronika Mendoza est son manque de lien avec les luttes concrètes des travailleurs (malgré le soutien officiel de la direction de la CGTP). En revanche, cela était très clair dans le cas de Castillo, dont l’autorité découle en grande partie de son rôle de premier plan dans la grève totale des enseignants de 2017, contre la direction bureaucratique du syndicat enseignant.

 

En bref, Mendoza n’a pas réussi à se connecter avec les couches les plus opprimées des travailleurs et des paysans du Pérou, tandis que son langage et ses propositions ont davantage connecté avec la petite bourgeoisie urbaine. Sous la pression de l’opinion publique bourgeoise, Mendoza s’est empressé de prendre ses distances avec le Venezuela, dénonçant « la dictature » de Maduro.  Alors que le parti Peru libre se décrit comme nationaliste  mariatueguiste, José Mariatuegui a été clair sur refusé de faire des concessions et a exprimé son soutien au Venezuela face à l’impérialisme.

 

Le second tour (de la mascarade électorale. NDÉ)

 

Le second tour opposera Pedro Castillo à la candidate de l’aile droite de Fujimori, Keiko Fujimori. Cette situation reflète la forte polarisation politique au Pérou et l’effondrement du centre électoraliste. (Signal important et précurseur qui peut être d’une grande importance révolutionnaire). La classe dirigeante tentera de vaincre Castillo par tous les moyens, bien que Fujimori ne représente qu’une aile de la classe dirigeante. En même temps, étant donné la possibilité que Castillo remporte les élections et devienne président, ils vont exercer toute la pression possible sur lui pour qu’il modère son programme et son langage.

 

Nous pouvons déjà en voir les signes. Dans l’une de ses premières déclarations postélectorales, Castillo a déclaré : « Assez de modèles, ne t’enferme pas, ne t’enferme pas, ne t’isole pas […] je pense qu’il ne faut pas penser en termes de droite ou de gauche, parce que c’est trop étroit, trop petit, pour les grands problèmes auxquels le pays est confronté. »

 

Nous devons dire clairement que la crise que connaît le Pérou fait partie de la crise mondiale du capitalisme. Le capitalisme est la cause de la crise, pas la corruption ni le « néolibéralisme », qui n’en sont que les expressions et les symptômes. La solution n’est donc pas de changer la Constitution, bien qu’il soit certainement scandaleux que la Constitution Fujimori de 1993 soit toujours en vigueur. La solution n’est même pas de changer les contrats avec les multinationales. La question n’est pas d’arrondir les angles du système. C’est le système lui-même qui est pourri jusqu’à la moelle et qui doit être renversé.

 

La solution nécessite la nationalisation des multinationales, ainsi que l’expropriation des grands groupes commerciaux représentés à la CONFIEP. Ce n’est que sur cette base que nous pourrons garantir qu' »il n’y a pas de pauvres dans un pays riche ». Pour cela, la classe ouvrière doit gouverner avec le soutien de la paysannerie pauvre sur la base d’une perspective révolutionnaire et internationaliste. Dans la mesure où il n’existe pas d’alternative socialiste révolutionnaire claire, il est évident que de larges couches de travailleurs et de paysans ont exprimé et exprimeront leur rejet de l’ordre établi et leur recherche de solutions favorables aux intérêts de la majorité à travers la candidature de Castillo. (Avis aux gauchistes européens qui s’abstiennent ou votent pour des candidatures sans aucune possibilité réelle de poser un challenge aux partis de droite ou d’extrême droite)

 

Cela va être une étape nécessaire dans le processus d’élévation de la conscience des travailleurs. Les masses vont devoir mettre à l’épreuve les idées et le programme de Castillo et du Pérou Libre. Les révolutionnaires ont le devoir d’accompagner les masses dans cette expérience, épaule contre épaule, en expliquant patiemment les limites de ce programme, en encourageant les masses à ne compter que sur leurs propres forces, en les aidant à tirer les conclusions nécessaires. (Nous rejetons ce projet de chausse-trape électoraliste bourgeois dont les divers programmes communs des gauches pluriels ont déjà démontré la perversité. Le prolétariat révolutionnaire ne doit pas accréditer les «expériences» électoralistes réformistes de la bourgeoisie désespérée et en aucun cas le prolétariat, sachant ces solutions réformistes bidon vouées à l’échec, ne sauraient s’y associer. La bourgeoisie de gauche comme de droite ne sera jamais notre guide révolutionnaire et la révolution ne se fera jamais au bout du crayon de votation : LA DÉMOCRATIE AUX ÉTATS-UNIS (Les mascarades électorales) – les 7 du quebec. NDÉ

 

Robert Bibeau

Auteur et éditeur

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